Note (retour) — Par P.L. GINGUENÉ,
Reading edition
La quatrième fosse 108, ou vallée à laquelle passent les deux poëtes, renferme les prétendus devins. Leur supplice est assorti à leur crime. Ils ont voulu, par des moyens coupables, pénétrer dans l'avenir: ils ont maintenant la tête et le cou renversés, et leur visage tourné à contre-sens, ne voit que derrière leurs épaules, qui sont inondées de leurs larmes 109. Ce sont d'abord les devins de l'antiquité, Amphiaraüs, Tiresias, Arons 110, et enfin la devineresse Manto. Dante s'arrête à parler d'elle, ou plutôt à écouter ce que lui en dit Virgile, qui ne paraissant que raconter son histoire, et les voyages qu'elle avait faits avant de se fixer, pour exercer son art, aux lieux où fut ensuite bâtie Mantoue, fait en effet l'histoire de la fondation de cette ville, qu'il reconnaît pour sa patrie 111. Parmi les autres devins antiques, Virgile lui montre encore Eurypyle qui partageait avec Calchas les fonctions d'augure, dans le camp des Grecs, au siége de Troie 112. Quelques devins modernes viennent ensuite, tels que Michel Scot, l'un des astrologues de Frédéric II, Guido Bonatti de Forli, Asdent de Parme, charlatans obscurs qui avaient sans doute alors de la réputation, et quelques vieilles sorcières qu'heureusement le poëte ne nomme pas.