← Table of contents
Histoire littéraire d'Italie (2/9)

Note (retour) — Par P.L. GINGUENÉ,

Reading edition

L'imagination du poëte lui rappelle les plaines d'Arles, ou était un grand nombre de tombeaux célèbres par des traditions fabuleuses, et les environs de Pola, ville d'Istrie, qu'entouraient aussi de nombreuses sépultures; c'est ainsi que se présente à ses yeux cette triste campagne, mais avec un aspect plus terrible. Elle est toute remplie de tombeaux séparés par des flammes qui les brûlent et les rougissent, comme la fournaise rougit le fer. Leurs couvercles étaient levés, et il en sortait des gémissements qui paraissaient arrachés par les plus horribles souffrances. Virgile passe par un sentier étroit entre les tombes enflammées et le mur de la cité 69. Dante le suit; il apprend que les malheureux enfermés dans ces tombeaux sont les hérésiarques; il serait plus juste de dire les incrédules, car une partie de ce vaste cimetière renferme Épicure et tous ses sectateurs, qui font mourir l'âme avec le corps 70. Dante témoignait à Virgile le désir de voir quelques uns de ces infortunés, lorsque la voix de l'un d'eux se fait entendre. «O Toscan, dit cette voix, toi qui parcours vivant la cité du feu, en parlant avec tant de sagesse, reste dans ce lieu, je te prie; ton langage atteste que tu es né dans cette noble patrie, qui n'eut peut-être que trop à se plaindre de moi». C'était Farinata degli Uberti qui s'était levé dans son tombeau, où on le voyait jusqu'à la ceinture. La poitrine et la tête élevées, il semblait témoigner pour l'Enfer un grand mépris. Farinata avait été Gibelin dans le temps que Dante et sa famille étaient Guelfes; il passait de son vivant pour un esprit fort, ne croyait point à une autre vie, et en concluait que pendant celle-ci il fallait ne songer qu'à jouir.

Explore with AITake your curiosity a little further.

Reading settings