Note (retour) — Par P.L. GINGUENÉ,
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Le résultat de ces recherches, où je ne veux pas m'enfoncer davantage, où peut-être même je dois craindre de m'être trop arrêté, intéresse au fond beaucoup plus notre curiosité, que la gloire du Dante. S'il connut la fable de saint Patrice, il en fit le même usage qu'Homère avait fait des fables égyptiennes et grecques; il l'agrandit et la revêtit des couleurs de la poésie: il en revêtit de même les idées de son maître Brunetto Latini, si en effet il les emprunta de lui, et si la nature même de son sujet ne lui en dicta pas de semblables. Ce sont ces couleurs créatrices qui font vivre les fictions, et qui les gravent dans la mémoire des hommes. C'est la nature qui les donne; elles n'appartiennent qu'au génie; et si, pour apprendre à les employer, il a besoin de leçons et d'exemples, c'est d'Homère, et surtout de Virgile, et non d'aucun de ces obscurs romanciers, que Dante en apprit l'emploi. Les poëmes d'Homère n'étaient point encore traduits en latin; mais, quoi qu'en ait pu dire Mafféi 24, il paraît certain que notre poëte savait assez le grec pour pouvoir lire ces poëmes dans la langue originale. Les mots grecs dont il se sert souvent 25, et l'éloge même qu'il fait d'Homère dans son quatrième chant, le prouvent assez. Quant à Virgile, c'était, comme je l'ai déjà dit, son maître et l'objet continuel de son étude. Nous l'allons voir évidemment dès le commencement de son ouvrage, et nous verrons dans l'ouvrage entier comment il profita de ses leçons.