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Histoire littéraire d'Italie (2/9)

Note (retour) — Par P.L. GINGUENÉ,

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Et cependant, au milieu de ces chocs violents qui avaient eu presque partout de si tristes résultats politiques, on avait vu naître pour les arts d'imagination et pour d'autres arts plus utiles auxquels il manque un nom, mais qu'on peut appeler les arts d'utilité publique, une époque glorieuse, et qui n'est pas assez remarquée. Pour rehausser dans la suite l'éclat de quelques noms et l'influence de quelques princes sur les arts, on leur en a trop attribué la renaissance. C'est jusqu'au treizième siècle qu'il faut remonter pour les voir renaître en Italie. C'est alors que ces petites républiques 367, rivalisant entre elles de richesses et de dépenses comme de pouvoir, élevèrent à l'envi de vastes et magnifiques édifices publics. Partout l'hôtel ou le palais de la commune, habitation de son premier magistrat, joignit à la solidité tous les embellissemens qu'on pouvait lui donner alors. Les villes s'entourèrent de nouveaux murs, décorèrent leurs portes, en construisirent de marbre, élevèrent des tours et des fortifications redoutables. Milan, Vicence, Padoue, Modène, Reggio, tant de fois détruites par la guerre, renaissaient de leurs décombres. De longs canaux étaient creusés pour les communications du commerce; on y construisait des ponts, on en jetait de plus hardis sur les rivières et sur les fleuves. Gênes semblait créer des prodiges: les parties internes de son port, son môle, ses immenses aqueducs, toutes ces fabriques importantes datent de cette même époque. Le grand recueil de Muratori 368 contient, dans des chroniques obscures, des détails sans nombre de ces travaux somptueux, que l'exact et patient Tiraboschi a réunis comme en un seul faisceau dans son histoire, pour la gloire de ce siècle et pour celle de l'Italie 369.

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