← Table of contents
Histoire littéraire d'Italie (2/9)

Note (retour) — Par P.L. GINGUENÉ,

Reading edition

Il en fut reçu avec une hauteur et une dureté révoltantes. Pendant les longueurs de ces deux négociations, il visita de nouveau les environs de Naples, avec deux de ses amis, Jean Barili et Barbato de Sulmone. La jeune reine, qui peut-être, sans les intrigues qui l'entouraient et les mauvais conseils dont elle était obsédée, aurait eu un meilleur sort, aimait les lettres. Elle eut quelques conversations avec Pétrarque, qui lui donnèrent pour lui beaucoup d'estime. A l'exemple de son grand-père, elle se l'attacha par le titre de son chapelain particulier. Mais ni cette cour, ni les mœurs qu'il y voyait régner, ne pouvaient lui plaire. Une fête où il fut entraîné sans en connaître l'objet, le décida à en sortir. Il regardait la cour qui assistait à cette fête en grande pompe, et entourée d'un peuple immense. Tout à coup il s'élève de grands cris de joie, Pétrarque se détourne: il voit un jeune homme d'une beauté et d'une force extraordinaires, couvert de poussière et de sang, qui vient expirer presque à ses pieds. C'était un spectacle de gladiateurs. L'horreur qu'il en conçut lui fit hâter son départ. Il n'avait d'ailleurs pu rien obtenir pour l'élargissement des prisonniers. Quant à l'affaire de la régence, sur le compte qu'il en avait rendu au pape, Clément VI, après avoir cassé celle que le roi Robert avait établie, venait d'envoyer un cardinal légat, pour prendre en son nom le gouvernement de Naples, jusqu'à la majorité de la reine. Pétrarque put alors quitter cette ville: il partit en détestant la barbarie de ses habitants, qui, au lieu des vertus de l'ancienne Rome, n'imitaient que sa férocité 521.

Explore with AITake your curiosity a little further.

Reading settings