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Histoire littéraire d'Italie (2/9)

Note (retour) — Par P.L. GINGUENÉ,

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Philippe-le-Bel, déjà trop vengé de Boniface VIII, poursuivait encore sa vengeance. Il voulait que la mémoire de ce pape fût condamnée; il avait d'autres passions à satisfaire; il voulait surtout abolir l'ordre des Templiers, dont le procès inique et l'horrible supplice souillent ce règne et ce siècle. Il lui fallait, dans un nouveau pape, un instrument qu'il n'avait pas trouvé assez docile dans le sage et prudent Benoît XI. Ce pontife lui donnait même quelques sujets de crainte, lorsqu'il mourut empoisonné, dit Jean Villani, par des cardinaux ses ennemis 375. Soit que ce crime fût l'effet de leur propre haine, ou qu'ils ne fussent que les instruments de celle du roi 376, Philippe eut tout à souhait, lorsqu'après plus de dix mois de conclave, où son parti et le parti contraire luttèrent à force égale, il réussit à faire élire pape Bertrand de Gotte, archevêque de Bordeaux, qui prit le nom de Clément V, et qu'on appela le pape gascon. Ce pape, qui avait fait auparavant ses conditions avec Philippe 377, resta en France, et après avoir traîné pendant quelques années l'Église errante à sa suite dans la Gascogne et dans le Poitou, dévorant, dit un ancien historien 378, à tort et à travers tout ce qui se trouva sur sa route, ville, cité, abbaye, prieuré, il alla fixer son séjour à Avignon 379, accompagné de ses cardinaux et, selon de graves auteurs, de la comtesse de Périgord, sa maîtresse 380. L'exemple fatal pour l'Italie, qu'il avait donné de résider hors de son sein, fut suivi par Jean XXII; il le fut encore par cinq autres papes; et cette absence, que tous les auteurs italiens blâment autant qu'ils la déplorent, et qui a conservé long-temps parmi eux le nom de captivité de Babilone, dura près de soixante-six ans.

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