Note (retour) — Par P.L. GINGUENÉ,
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L'étude n'est pas un remède contre l'amour, c'est au contraire l'occupation qui s'allie le mieux avec lui; elle entretient l'esprit dans un état de fermentation, elle lui donne une activité et des élans qui le mettent en équilibre avec les mouvements du cœur. Dans ses aspirations vers la gloire, elle promet un noble hommage à la beauté qui en est digne; elle offre un moyen de plus d'obtenir et de fixer son choix. Pétrarque, dans sa retraite de Vaucluse, n'oubliait point les grands projets qu'il y avait apportés; il entreprit, en latin, une Histoire romaine, depuis la fondation de Rome jusqu'à Titus; les études qu'il fit pour l'écrire, l'enflammèrent d'une admiration nouvelle pour Scipion l'Africain, qu'il avait préféré de tout temps à tous les autres héros de Rome, et il conçut le plan d'un poëme épique en vers latins, dont la seconde guerre d'Afrique lui fournit le sujet et le titre. Il se mit aussitôt à l'ouvrage, et travailla avec tant d'ardeur, que, dans l'espace d'une année, le poëme se trouva déjà assez avancé pour qu'il pût le communiquer à ses amis. Un poëme de ce genre, était, à cette époque, une chose si nouvelle, qu'elle devait exciter dans tous ceux qui en entendraient parler, un redoublement d'admiration pour l'auteur. Aussi, le bruit en fut à peine répandu, à peine eût-on pu juger par ses poésies latines déjà connues, de la manière dont il pouvait traiter un si beau sujet, qu'il devint l'objet de l'attention générale, et d'une espèce de fanatisme qui lui faisait donner, sur de simples espérances, les noms de sublime et de divin 503.