Note (retour) — Par P.L. GINGUENÉ,
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Le nouveau guide qu'elle lui a donné est saint Bernard. C'est avec lui qu'il contemple le triomphe de Marie, assise au sommet du premier cercle de la rose, et qui de-là domine sur toute la cour céleste. C'est de lui qu'il apprend les causes des différents degrés qu'occupent, au-dessous d'elle, les saints de l'ancien Testament et ceux du nouveau; qu'il obtient, en un mot, toutes les explications qu'il avait jusqu'alors reçues de Béatrix 361. C'est lui enfin qui adresse, en faveur du Dante, une longue et fervente prière à Marie 362, et qui obtient d'elle qu'il soit permis à celui que Béatrix protège, de contempler la source de l'éternelle félicité. Dante y fixe en effet les yeux; mais ni sa mémoire ne peut lui rappeler, ni son langage ne peut exprimer tant de merveilles. Il essaie cependant de rendre comment il a vu réuni par l'amour en un seul faisceau, dans les profondeurs de l'essence divine, tout ce qui est dispersé dans l'univers; la substance, l'accident et les propriétés de l'une et de l'autre; et comment il a cru voir trois cercles de trois couleurs différentes et de la même grandeur, dont l'un semblait réfléchi par l'autre, comme l'arc d'Iris par un arc semblable, et le troisième paraissait un feu également allumé par tous les deux. Tandis qu'il regarde attentivement ce prodige, en s'efforçant de le comprendre, il s'aperçoit que le second des trois cercles porte en soi, peinte de sa propre couleur, l'effigie humaine. Ses efforts pour pénétrer ce nouveau mystère, sont aussi vains que ceux du géomètre qui cherche un principe pour expliquer l'exacte mesure du cercle 363. Il y renonçait enfin, lorsqu'un éclair frappe son âme, l'illumine et remplit tout son désir. Mais il manque de pouvoir pour se retracer cette grande image. Il reconnaît enfin son impuissance, et soumet sa volonté à cet amour qui fait mouvoir le soleil et les autres étoiles.»