← Table of contents
Histoire littéraire d'Italie (2/9)

Note (retour) — Par P.L. GINGUENÉ,

Reading edition

Cependant le poëte Sordel ne connaît encore que comme Mantouan celui qu'il a si bien accueilli sur ce seul titre; il veut enfin en savoir davantage 190. Virgile se nomme: Sordel, frappé de surprise et de respect, tombe à ses pieds: «O gloire du pays latin, lui dit-il, toi par qui notre ancienne langue montra tout son pouvoir! ô éternel honneur du lieu de ma naissance, quel mérite ou plutôt quelle faveur te montre à mes yeux?» Alors Virgile l'instruit du sujet de son voyage, et lui demande le chemin le plus court et le plus facile pour arriver au Purgatoire. Sordel, avant de leur indiquer une issue pour s'élever plus haut sur la montagne, les conduit vers une espèce de vallon, dont notre poëte fait une description riche et brillante. Les plus vives couleurs et les parfums les plus délicieux y charmaient les yeux et l'odorat 191. Couchées entre des fleurs, des âmes y chantaient avec des voix mélodieuses l'hymne du Salve Regina. C'étaient des âmes d'empereurs et de rois, bons et mauvais, mais qui le furent avec assez d'indolence pour trouver ici place parmi les négligents. L'empereur Rodolphe, son gendre Ottaker ou Ottocar; Philippe-le-Hardi, roi de France, et Henri, roi de Navarre, qu'il peint tous deux affligés des mœurs dépravées de Philippe-le-Bel, fils de l'un et gendre de l'autre, et qu'il nomme, à cause de ce dernier roi, père et beau-père du mal français 192; Pierre III d'Aragon, Charles d'Anjou, roi de Naples, Henri III, roi d'Angleterre, et quelques autres encore qui ne paraissent pas tous également bien placés dans cette catégorie de princes.

Explore with AITake your curiosity a little further.

Reading settings