Note (retour) — Par P.L. GINGUENÉ,
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Ce cardinal ne ressemblait point à la plupart de ses confrères. Il était tout ce que l'évêque de Lombès promettait d'être un jour, et joignait à la plus grande simplicité de mœurs, la dignité du caractère et un esprit aussi délicat qu'éclairé. Il goûta Pétrarque, le logea dans son palais, et l'admit dans sa société particulière. C'était le rendez-vous de tout ce qu'il y avait à la cour d'Avignon d'étrangers distingués par leur rang, leurs talens et leur savoir; et c'est dans ce cercle choisi que Pétrarque acheva son éducation par celle du monde. Il jouit dans peu de l'amitié de tous les frères du cardinal, et bientôt après de celle du chef même de cette famille illustre. Étienne Colonne vint passer quelques mois à Avignon 492; l'esprit, l'humeur et les manières de notre poëte lui inspirèrent une telle tendresse, qu'il ne mit presque plus de différence entre lui et ses enfants. Pétrarque, déjà passionné pour l'Italie et pour la grandeur de l'ancienne Rome, puisa dans les entretiens familiers de ce vieux Romain, un nouvel amour pour sa patrie, et une aversion plus forte pour tout ce qui pouvait en prolonger les malheurs, ou en obscurcir la gloire.