Note (retour) — Par P.L. GINGUENÉ,
Reading edition
D'autres sonnets tout entiers ne le sont pas davantage. Essayez, par exemple, d'entendre celui où le poëte s'adresse à cette voix qui encourage son cœur, et qui crie, et qui porte des paroles dans un lieu où ne peut plus rester son âme 458; ou celui dans lequel il voit sa dame qui vient assiéger sa vie, et qui est si irritée, qu'elle tue ou renvoie tout ce qui la rend (cette vie) vivante 459: si vous ne vous trompez pas, comme il arrive quelquefois, sur ce que c'est véritablement qu'entendre, vous verrez que vous n'y parviendrez pas. Lizez tous ces sonnets: il n'y en a presque aucun où l'on ne trouve quelques vers à peu près du même style: c'est un cœur qui se place dans les yeux d'un amant, quand il regarde sa dame 460, et qui, voulant fuir l'amour, est assez insensé pour s'asseoir ainsi devant sa flèche, cette flèche armée de plaisir au lieu de fer 461: c'est un amant qui meurt, et que l'amour tue en lui livrant assaut avec tant de soupirs, que son âme sort en fuyant 462; ou bien c'est un soupir qui sort du cœur par le chemin que lui a ouvert une pensée, et qui se cache au désir sous les dehors de la pitié 463; ou c'est encore un amant qui voit dans sa pensée son âme serrée entre les mains de l'amour 464, et l'amour qui la tient liée dans le cœur déjà mort, où il la bat souvent, et cette âme qui appelle aussi la mort, tant elle souffre des coups qu'elle a reçus; et des yeux que la beauté a rendus si fous, qu'ils mènent le cœur au combat où il est tué par l'amour 465; et une infinité d'autres expressions pareilles.