Note (retour) — Par P.L. GINGUENÉ,
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Une mission politique vint l'en distraire pour quelque temps. Le bon roi Robert était mort, et n'avait laissé que deux petites filles, dont l'aînée, Jeanne, avait été mariée à neuf ans avec André, fils du roi de Hongrie, qui n'en avait que six. Il y avait dix ans de ce mariage, et les deux jeunes époux, au lieu de prendre du goût l'un pour l'autre, avaient conçu une aversion qui eut bientôt des suites funestes et terribles. Robert leur avait laissé en mourant un conseil de régence. Le pape, seigneur suzerain de Naples, prétendait que le gouvernement du royaume lui appartenait pendant la minorité de Jeanne; et ce fut Pétrarque qu'il choisit pour aller faire valoir ses droits. Le cardinal Colonne, qui avait beaucoup servi à diriger ce choix, en profita, et chargea l'envoyé du pape de solliciter la liberté de quelques prisonniers injustement détenus dans les prisons de Naples. Pétrarque, malgré son aversion pour la mer, prit cette voie, plus courte et plus sûre, à cause des brigands qui continuaient d'infester l'Italie. Il trouva la cour de Naples remplie d'intrigues et de divisions qui présageaient de prochains orages, et gouvernée par un petit moine cordelier, sale, débauché, cruel et hypocrite, que le roi de Hongrie avait donné pour précepteur à son fils André, et dont je paraîtrais former à plaisir le portrait hideux, si je copiais celui qu'en a laissé Pétrarque 520. Ce moine, selon l'esprit des gens de sa robe, s'était emparé du gouvernement des affaires; et c'est avec lui qu'un homme tel que Pétrarque fut obligé de traiter.