Note (retour) — Par P.L. GINGUENÉ,
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C'est l'âme de Gui de Montefeltro qui est renfermée dans cette flamme. Gui reconnaît Dante, et l'interroge le premier sur l'état actuel de la Romagne, qu'il avoue avoir été sa patrie. Dante l'en instruit en peu de mois, et l'interroge à son tour. Gui lui raconte alors son histoire. Il avait été homme de guerre, célèbre par des actions d'éclat, mais où la ruse avait plus de part que le courage. Il s'était fait ensuite Cordelier 137, et ne songeait qu'à son salut, quand le prince des nouveaux Pharisiens, qui était en guerre, non avec les Sarrazins ou les Juifs, mais avec des Chrétiens 138, vint dans son cloître, et lui demanda quelque ruse pour perdre ses ennemis, et pour leur prendre Preneste. Il vit en lui des scrupules; mais il parvint à les lever, et à lui arracher cette espèce d'oracle, qu'au reste celui qui le demandait était fort en état de se prononcer à lui-même: Beaucoup promettre et tenir peu t'assurera la victoire 139. Ce pape, car on reconnaît ici Bonifaoe VIII, à qui notre poëte ne perd aucune occasion de rendre le mal que Boniface lui avait fait; ce pape avait promis à Gui le ciel pour récompense. Je puis, comme tu sais, lui avait-il dit, fermer et ouvrir le ciel, et c'est pour cela que nous avons deux clefs 140; mais à sa mort, lorsque saint François vint pour s'emparer de son âme, un diable plus prompt la saisit et la jeta dans le brasier éternel. Cela est raconté très-sérieusement, et même en très-bons vers. Je l'abrège en prose tout aussi sérieuse, et crois inutile de répéter ici des réflexions que chacun fait assez de soi-même.