← Table of contents
Histoire littéraire d'Italie (2/9)

Note (retour) — Par P.L. GINGUENÉ,

Reading edition

Dans le troisième cercle, destiné à l'expiation de la colère, il a voulu opposer à ce péché des exemples de la vertu contraire; mais, pour varier ses moyens, au lieu de représenter ces exemples sculptés ou gravés, il les encadre dans une vision ou dans une extase qu'il éprouve à la vue de tant de merveilles. Il suit toujours son système de mélanges, et place dans cette vision la Vierge qui reprend son fils avec douceur quand elle l'a retrouvé dans le temple, disputant au milieu des docteurs; Pisistrate, maître d'Athènes, calmant par une réponse indulgente sa femme qui l'exhorte à punir une insolence faite publiquement à leur fille, et saint Étienne demandant à Dieu la grâce de ceux qui le lapident. Le supplice des colériques est d'être enveloppés dans un brouillard aussi épais que la fumée la plus noire 212, mais qui ne leur ôte ni la parole ni la voix; ils chantent un hymne de paix et de miséricorde, l'Agnus Dei; l'un d'eux parle au poëte, et s'entretient avec lui sur le libre arbitre. C'est un certain Marc, de Venise, homme vertueux, qui avait été son ami, et qui n'avait d'autre défaut pendant sa vie que d'être fort sujet à la colère. On remarque dans son discours cette peinture naïve de l'âme, telle qu'elle est dans son innocence primitive. «L'âme sort des mains de celui qui se complaît en elle avant de la créer, simple comme un jeune enfant qui rit et pleure tour à tour, qui ne sait rien, sinon qu'ayant reçu la vie d'un être bienfaisant, elle se tourne volontiers vers tout ce qui la fait jouir. Elle savoure d'abord des biens de peu de valeur; dans son erreur elle les poursuit ardemment, si un guide ou un frein ne l'en détourne et ne lui fait porter ailleurs son amour 213.»

Explore with AITake your curiosity a little further.

Reading settings