Note (retour) — Par P.L. GINGUENÉ,
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Un objet plus grand et d'un plus haut intérêt, vint réclamer l'attention de Pétrarque. On a vu quels avaient toujours été son amour pour l'Italie, son admiration pour Rome, quels étaient ses vœux pour sa prospérité et pour sa grandeur. Il crut qu'ils allaient être réalisés par un homme qu'il connaissait, et que peut-être il avait entretenu autrefois du désir d'une révolution pareille. Parmi les dix-huit embassadeurs que la ville de Rome avait envoyés à Clément VI, et du nombre desquels avait été Pétrarque, se trouvait un homme obscur, fils d'un cabaretier et d'une porteuse d'eau, mais qui s'était donné à lui-même une éducation au dessus de son état, et qui, dès sa jeunesse, s'était rempli l'imagination des grands auteurs de l'ancienne Rome, et de l'étude de ses vieux monuments. On l'appelait Cola di Rienzi, c'est-à-dire Nicolas, fils de Laurent 532. Un enthousiasme égal pour les mêmes objets, forma entre Pétrarque et lui, réunis dans la même embassade, des liens assez étroits d'amitié. Depuis long-temps ils s'étaient perdus de vue, lorsque Pétrarque apprit, d'abord par la voix de la renommée, et ensuite par les couriers envoyés à la cour d'Avignon, que ce Rienzi avait rétabli la liberté romaine, et chassé les nobles qui en étaient les tyrans; qu'il avait été revêtu par le peuple d'une dictature voilée sous la titre modeste du tribun; que son gouvernement s'annonçait par une conduite ferme et des réglements sages; que ses vues s'étendaient sur l'Italie entière; que déjà la plupart des villes, et même par politique la plupart des princes, lui avaient adressé des députations ou des lettres; qu'enfin Rome et l'Italie allaient sortir, sous ses auspices, de l'état de trouble, de servitude et d'anarchie où elles étaient plongées.