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Histoire littéraire d'Italie (2/9)

Note (retour) — Par P.L. GINGUENÉ,

Reading edition

On regarde comme le plus savant des canonistes de ce temps, et même de tous ceux qui avaient existé jusqu'alors, Jean d'André, ou Giovanni d'Andrea, né à Bologne, non pas d'un prêtre, comme l'ont voulu quelques auteurs, mais d'un certain André qui se fit prêtre lorsque son fils avait huit ans 418. Ce fils s'éleva par son mérite et par son savoir, et devint le professeur le plus célèbre, et l'un des citoyens les plus considérés de cette ville, où il était né de parents pauvres. Il y mourut en 1348, de cette peste fatale qui désola l'Italie entière. Il laissa plusieurs enfants, et entre autres deux filles, dont l'aînée, nommée Novella, était si savante en droit canon, que quand son père était occupé ou malade, il l'envoyait professer à sa place; et si jolie, que, pour ne pas tourner toutes ces jeunes têtes, au lieu de les instruire, elle lisait et expliquait les lois, cachée derrière un rideau ou courtine. C'est ce que dit, dans son vieux langage, une femme contemporaine, Christine de Pisan: Et afin que la biauté d'icelle n'empeschast la pensée des oyants, elle avait une petite courtine au-devant d'elle 419; précaution peut-être insuffisante si on la voyait arriver et monter à sa chaire, si le rideau ne se tirait que quand elle commençait à lire, et si elle avait une voix aussi douce que sa figure était jolie.

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