Note (retour) — Par P.L. GINGUENÉ,
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Après cette sortie contre les rois qui vivaient alors, l'aigle fait l'éloge des bons rois des anciens temps; mais on devinerait difficilement la forme de cet éloge 333. On se souvient que ce sont des âmes de saints qui ont formé, dans la planète de Jupiter, les différents membres et le corps entier de cet aigle impérial (car c'est cette enseigne de l'Empire qui a donné au poëte l'idée d'une invention si gigantesque et si bizarre). L'aigle donc, tournant du côté du Dante un de ses yeux, lui fait remarquer un roi qui en forme la prunelle, et cinq autres qui en composent le tour. Dans la prunelle, c'est David. Celui des cinq qui est le plus près du bec est Trajan; Ezéchias vient ensuite, puis Constantin, malgré la faute qu'il fit de céder Rome au Pape pour aller fonder l'empire grec 334; après lui, Guillaume-le-Bon, roi de Sicile; et enfin, par une inversion chronologique un peu forte, ce Riphée, que Virgile appelle le plus juste des Troyens et le plus ami de la justice 335. Trajan et Riphée dans l'œil d'un aigle composé tout entier de saints du christianisme, peuvent causer quelque surprise, et Dante ne peut dissimuler la sienne; mais l'aigle fait à ce sujet une discussion théologique qui ne lui laisse plus aucun doute; les commentateurs les plus versés dans cette matière disent que cela est conforme à la doctrine de S. Augustin. Cela est donc très-orthodoxe, et nous pouvons être tranquilles là-dessus, comme Dante le fut lui-même.