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Histoire littéraire d'Italie (4/9)

PAR P. L. GINGUENÉ,

Reading edition

DE L'INSTITUT DE FRANCE.

SECONDE ÉDITION,

REVUE ET CORRIGÉE SUR LES MANUSCRITS DE L'AUTEUR, ORNÉE DE SON PORTRAIT, ET AUGMENTÉE D'UNE NOTICE HISTORIQUE PAR M. DAUNOU.

TOME QUATRIÈME.

À PARIS, CHEZ L. G. MICHAUD, LIBRAIRE-ÉDITEUR, PLACE DES VICTOIRES, N°. 3. M. DCCC. XXIV.

DEUXIÈME PARTIE.

CHAPITRE Ier.

Tableau de la situation politique et littéraire de l'Italie au 16e. siècle. Influence des gouvernements italiens sur les progrès et l'éclat des lettres et des arts. A Rome, les papes Jules II, Léon X, Clément VII; à Florence, les grands-ducs Cosme 1er. François et Ferdinand de Médicis.

Si nous devions considérer ici l'Italie sous tous les rapports qui intéressent l'historien, le politique et le philosophe, l'examen de ce qu'elle fut pendant le cours du seizième siècle nous arrêterait long-temps. Les événements dont elle fut le théâtre, les grandes puissances qui s'y heurtèrent, la part que prirent dans leur querelle les gouvernements italiens, les intrigues qu'ils firent jouer et celles où ils furent enveloppés, les changements de constitution que quelques-uns éprouvèrent, en un mot leurs vicissitudes de toute espèce, qui ne furent jamais ni plus nombreuses, ni plus rapides, fourniraient une trop ample matière de recherches et de discussions. Mais ce que ces circonstances eurent d'influence sur le sort des lettres est ce que nous devons principalement, ou même presque uniquement examiner; et ce point de vue, immense encore, les resserre cependant et les circonscrit. Voyons donc, comme nous l'avons fait pour les autres siècles, quels furent pendant celui-ci en Italie les gouvernements qui se distinguèrent par leur amour pour les lettres, et qui s'honorèrent le plus eux-mêmes en leur accordant des encouragements et des honneurs.

L'histoire des papes avait cessé d'être celle des chefs d'une religion; elle était devenue l'histoire des souverains d'un état qui s'était agrandi par les effets d'une politique souvent coupable, mais constante et toujours dirigée vers le même but au milieu des fluctuations de la politique des autres puissances. Les crimes d'Alexandre VI, l'assassinat, l'empoisonnement, la débauche et l'inceste, ne l'avaient pas empêché d'accroître considérablement les possessions du Saint-Siége. Les crimes de César Borgia, son fils, encore plus scélérat que lui, réunirent au domaine de l'Église les petits états dont il détruisit les princes par le fer et par le poison; et lorsque la nature fut enfin vengée par la mort de ce père et de ce fils, également exécrables, l'état de Rome se trouva plus grand, plus stable, plus de pair avec les autres puissances de l'Europe qu'il ne l'avait jamais été sous les papes les plus ambitieux et sous les pontifes les plus saints.

Il n'avait que trente-sept ans; son pontificat n'en dura que neuf, et il eut le temps de faire de grandes choses, comme prince souverain, en faveur des arts et des lettres; mais aussi de porter à la puissance spirituelle de Rome, par l'excès de ses prodigalités et des saintes exactions qu'il employa pour y fournir, un coup dont elle ne s'est jamais relevée depuis, et dont, selon toutes les apparences, elle ne se relèvera jamais.

C'est à l'histoire à raconter tous ces faits, à montrer, dans les grands scandales de ce règne, l'origine du grand mouvement que reçut alors l'esprit humain, et dans les abus trop éclatants d'un joug sacré, la principale cause qui engagea des nations entières à le briser. Ce mouvement ne s'étant point communiqué sensiblement à l'Italie, ne doit pas, quelque importance qu'il ait eue ailleurs, entrer dans le tableau que nous avons à tracer. Nous ne devons considérer ici, dans Léon X, que le bienfaiteur des lettres et des arts. Il offre, sous ce seul aspect, assez de matière à nos observations.

Le cardinal Bibbiena était un de ceux qui contribuaient le plus à entretenir dans Léon ce goût pour la dissipation et les spectacles. Très-propre au maniement des grandes affaires, il ne l'était pas moins aux jeux d'esprit, et surtout aux jeux de la scène. Il écrivait en Italien des comédies pleines de saillies et de plaisanteries piquantes. Il engageait des jeunes gens de bonne famille à jouer ces comédies sur des théâtres dressés dans les appartements spacieux du Vatican; il y fit surtout représenter sa Calandria, et obtint que le pape y assistât publiquement: c'est peut-être ce qui fit naître dans Léon X le goût très-vif qu'il montra pour ces sortes d'amusements. L'art dramatique naissait alors, et l'on en donnait dans d'autres cours les premiers essais, sur des théâtres magnifiques; Léon ne voulut pas que sa cour y restât étrangère. Ce n'étaient encore que des comédies, et dont la licence faisait presque tout le sel. La Calandria s'élevait un peu au-dessus de ces farces grossières; mais nous verrons dans la suite ce que c'était que cette Calandria, et si c'était là une pièce digne d'être jouée devant le sacré collége, et composée par un de ses membres.

Quelquefois le pape lui-même se divertissait à lui répondre en vers de la même mesure, et qui ne valaient pas mieux que les siens. On a conservé quelques-uns de ces jeux; par exemple, Querno disait:

Archipoëta facit versûs pro mille poëtis;

c'est-à-dire:

L'archi-poëte fait ici Plus de vers que mille poëtes.

Léon répondit sur-le-champ:

Et pro mille aliis archipoëta bibit:

Et plus que mille autres poëtes L'archi-poëte boit aussi.

Querno reprit un moment après:

Porrige, quod faciat mihi carmina docta falernum:

Versez, c'est ce bon vin qui fait des vers savants;

et le pape répliqua, en faisant allusion à la goutte dont le poëte buveur était tourmenté:

Hoc etiam enervat, dehilitatque pedes;

Il rend aussi les pieds débiles et tremblants.

Léon, il est vrai, ne pouvait prévoir ce cruel effet de ses amusements; mais on ne voit point sans peine, dans un souverain pontife, dans un protecteur si renommé des lettres, ce goût pour des bouffonneries et des scurrilités pareilles. Il y a là, quoi qu'on en dise, un secret mépris des hommes, de la poésie et des lettres. La démence et l'ivresse offrent un spectacle humiliant auquel on ne voit aucun homme délicat et bien élevé prendre plaisir; et la folie d'un Querno et d'un Baraballo a quelque chose d'offensant pour le talent et pour le génie poétique, dont un véritable admirateur de l'un et de l'autre aurait dû détourner les yeux.

Une remarque que l'on peut faire ici, c'est que Léon X réserva toutes ces plaisanteries dérisoires pour des poëtes, et qu'il n'y soumit aucun artiste, quoiqu'il y ait dans cette classe d'hommes, et des amours-propres excessifs, et des ridicules, tout au moins autant que dans l'autre. Peut-être y avait-il en lui, sans qu'il s'en rendit compte, ce qui est souvent dans les hommes riches ou puissants, un certain désir de rabaisser l'élévation littéraire, que ne leur inspire point la sublimité des arts, à quelque degré qu'elle parvienne.

Pour terminer gaîment ces joyeux festins, où la chère était splendide, mais où tous les historiens conviennent que le pape se montrait tempérant et même sobre, il invitait quelquefois ses cardinaux les plus intimes à jouer aux cartes avec lui.

Il n'y a de réponse à ces reproches faits par des auteurs graves, que le bien immense que Léon X fit aux lettres et aux arts: ce bien est si incontestable et si grand, qu'il couvre toutes ses fautes. La civilisation ne lui dut pas moins que les lettres. Il favorisa, il est vrai, et mit en vogue la légèreté d'esprit, mais il mit en discrédit le pédantisme; il corrompit les mœurs, mais il les adoucit. Quand les mœurs sont devenues grossières et féroces, peut-être, pour les ramener à la politesse et à la douceur, est-il besoin de ce remède; de même que, si elles se sont tout-à-fait amollies et dépravées, il faut, pour leur rendre de la vigueur et de la pureté, leur redonner un peu de leur première rudesse.

Il était possible qu'elles reprissent cette marche sous le pontificat du successeur de Léon, Adrien VI, et même qu'elles remontassent beaucoup trop loin; mais ce pape flamand, qui n'avait jamais vu l'Italie, étranger à tous les arts qui y sont nés, et nourri dans sa jeunesse de subtilités théologiques, ne régna que peu de mois. Il vécut assez pour faire craindre un retour vers la barbarie dont on ne faisait que de sortir. Au moment de son élection, il gouvernait l'Espagne au nom de l'empereur Charles-Quint, dont il avait été le précepteur. Les députés du conclave l'allèrent chercher dans la Biscaye. Il fut près de huit mois à se rendre à Rome. A son arrivée, les poëtes prirent la fuite, le secrétariat des brefs fut changé; Sadolet se retira à la campagne: les lettres et les arts furent dans l'effroi.

Ici, laissant à part toutes les considérations politiques, nous allons voir se renouer le fil des grands services rendus aux lettres par les Médicis, interrompu depuis la mort de Léon X, par les agitations dont les suites de son ambition et de celle de son neveu Clément VII avaient rempli Florence et toute l'Italie.

CHAPITRE II.

Suite du même sujet. Protection accordée aux lettres et aux arts pendant le seizième siècle, à Rome, par les successeurs de Léon X et de Clément VII; à Naples et à Milan, par les vice-rois et les gouverneurs; à Ferrare, par les princes d'Este; à Mantoue et à Guastalla, par les Gonzague; à Urbin, par les La Rovère; en Piémont, par les ducs de Savoie.

Paul III, qui avait, lors de son exaltation, soixante-sept ans, avait montré de bonne heure beaucoup de goût pour les lettres et pour les études propres à son état. Il avait appris les langues grecque et latine à l'école du célèbre Pomponio Leto, et formé la liaison la plus intime avec ce Paul Cortese, le premier écrivain qui eût traité avec élégance des matières théologiques. Il avait passé quelque temps à Florence, dans la maison de Laurent de Médicis, et y avait appris quel éclat fait rejaillir sur un grand pouvoir la protection qu'il donne aux lettres. Lorsqu'il eut pris la tiare, connaissant bien la position critique où se trouvait l'Église, il sentit qu'il fallait non-seulement réformer les abus, mais opposer à l'hérésie des hommes qui sussent revêtir le savoir de ces formes littéraires dont on ne pouvait plus s'écarter sans passer pour barbare. Il commença par élever aux premiers honneurs ecclésiastiques un Sadolet, un Bembo, un Fregoso, un Contarini, un Cesi, un Maffeo, un Savelli, un Marcel Cervini, qui fut depuis le pape Marcel, et plusieurs autres savants, distingués par leurs talents et par les grâces de leur esprit et de leur style. Lorsqu'il se vit entouré de cette espèce d'armée d'élite, il osa s'occuper de ce que l'Église désirait depuis long-temps, et de ce que les papes ses prédécesseurs n'avaient osé tenter, d'un concile. Celui de Trente, ouvert par lui, ne fut terminé que sous le troisième de ses successeurs; mais ce fut lui qui prépara tous les fruits qui en résultèrent; et tous ces hommes célèbres qui y parurent, en son nom, contribuèrent à en assurer le succès.

Autant les deux papes Médicis avaient pris soin d'entretenir la guerre entre la France et l'Autriche, entre François Ier. et Charles-Quint, autant Paul III fit d'efforts pour les réconcilier et rétablir la paix en Italie. Ces efforts furent inutiles; mais la neutralité, digne de son ministère, qu'il garda toujours entre ces deux redoutables rivaux, mit du moins l'état de l'Église à l'abri des orages qu'il avait précédemment éprouvés par les suites d'un systême contraire; et le pontife, malgré son grand âge et la faiblesse habituelle de sa santé, put s'occuper avec suite du rétablissement de l'ordre dans l'Église, de l'encouragement des lettres et de l'avancement de sa famille.

Bologne, où sa légation l'appelait souvent, se ressentit de son amour pour les sciences. La célèbre université de cette ville n'avait pas un emplacement digne de sa renommée. Charles en fit commencer les magnifiques bâtiments qu'on y voit encore aujourd'hui. A Milan, il fonda pour les jésuites le collége appelé de Bréra, et y fit attacher des revenus considérables. Cet ordre lui dut une partie des autres établissements où il enseignait la jeunesse, et en particulier les colléges de Vérone, de Brescia, de Gênes, de Verceil, et même, hors de l'Italie, ceux de Lucerne, de Fribourg, et plusieurs autres. L'Église a mis ce grand cardinal au rang des saints: ou voit qu'il est tout aussi justement compté parmi les bienfaiteurs des lettres.

L'auteur de cette découverte mourut avant d'avoir vu exécuter son projet, et même d'avoir pu le présenter au pape. Ce fut son frère Antoine Lilio qui le présenta. Grégoire nomma pour l'examiner une commission des quatre plus savants astronomes qui fussent alors. Il assista souvent lui-même à leurs travaux; et, après de longues discussions sur une matière si difficile et si importante, il ordonna par sa bulle du 1er. mars 1582 cette réforme célèbre.

Le nom de Sixte V, son successeur, est fameux dans la politique et dans les arts.

Le pâtre de Montalte est le rival des rois,

Tandis qu'à Rome et à Florence les lettres et les arts éprouvaient ces vicissitudes, elles avaient dans plusieurs autres états d'Italie, une existence brillante, mais agitée; l'émulation était presque générale, entre les princes, à qui les protégerait le plus; mais ces princes étaient environnés de circonstances orageuses peu favorables à cette émulation. La guerre, qui s'était allumée dès la fin du siècle précédent, prit dans le seizième un nouveau degré de fureur, lorsque la lutte élevée entre l'Empire et la France, dont l'Italie était le théâtre, devint la lutte entre deux prétendants à l'Empire, et qu'elle eut pour champions Charles-Quint et François Ier. Le Milanais avait perdu ses ducs; la plupart des autres principautés, entraînées dans le tourbillon des révolutions plutôt militaires que politiques, changèrent plusieurs fois de fortune et de maîtres, et les lettres se trouvèrent enveloppées dans ces fréquentes alternatives.

C'est ainsi que disparut cette puissance qui avait eu tant d'éclat, et que Ferrare cessa d'être en Italie l'une des plus illustres métropoles des lettres et des arts. Je n'ajouterai pas: c'est avec cette modération et cette justice que le chef d'une religion, qui certes n'autorise rien de pareil, opprima un prince faible et s'enrichit de sa dépouille. Je ne fais point de réflexions; je raconte ou plutôt j'indique simplement les faits, et seulement autant qu'il le faut pour que l'on suive de l'œil les diverses fortunes et les révolutions, non des états, mais des lettres.

Les Gonzague, d'abord marquis et ensuite ducs de Mantoue, avaient commencé, dès le quatorzième siècle, à montrer du goût pour les lettres; toutes les branches de cette nombreuse et illustre famille furent à l'envi, dans le seizième, les dignes émules des princes d'Este et des Médicis, par leur magnificence, par les bienfaits dont ils comblèrent les savants; et peut-être les surpassèrent-ils par les talents littéraires que plusieurs d'entre eux firent briller.

Il y fonda des écoles de langues grecque et latine, et des pensions pour les professeurs. Son palais était toujours rempli de gens de lettres et de savants, dont la conversation faisait ses délices. Il mourut en 1591, dans la ville qu'il avait fait bâtir. Il montra, mieux peut-être que tout autre prince, ce qu'ils pourraient faire tous, même dans de petits états, s'ils avaient son goût pour les arts et ses nobles inclinations.

On voit qu'à une époque où l'Italie fut si continuellement et si universellement agitée par la guerre, il n'y eut presque aucune de ses parties où ne se fît sentir ce mouvement général des esprits, ni presque aucun de ses gouvernements qui ne contribuât à l'imprimer et à l'entretenir. Ce n'est pas la seule époque où l'on ait vu fleurir au milieu des armes ce qu'on nomme les arts de la paix: mais il n'en est aucune, depuis les beaux siècles de la Grèce, où le goût des arts et des lettres ait été aussi vif et aussi universel, où il ait paru presque à la fois autant d'hommes de génie et autant de princes dignes de les apprécier et de leur servir d'appui; aucune enfin dont il soit resté, dans un seul pays, autant de monuments littéraires. Je vais maintenant, sans me laisser décourager par l'immensité de l'entreprise, essayer de faire connaître les principales productions, dans tous les genres, qui illustrèrent ce siècle fameux. Puissé-je mettre assez d'ordre dans la division des matières, assez de clarté et d'équité dans la manière de les présenter, pour venger les bons auteurs italiens des jugements précipités dont ils ont trop souvent été l'objet en France, et pour continuer, selon mon pouvoir, à laver les Français du reproche que les Italiens leur font d'avoir mis dans leurs jugements trop de précipitation et d'injustice!

CHAPITRE III.

De la poésie épique en Italie, au seizième siècle, et d'abord de l'épopée romanesque; sources dans lesquelles les faits et le merveilleux dont elle se compose ont été puisés.

On avait vu en Italie, au quinzième siècle, un phénomène unique dans l'histoire des lettres. Une langue consacrée et fixée par les grands écrivains en vers et en prose, avait disparu tout à coup. La nation qui l'avait vue éclore et se perfectionner dans son sein, avait oublié à l'écrire; et lorsque vers la fin du même siècle, des écrivains ingénieux voulurent lui rendre la vie, il leur en avait coûté presque autant d'efforts qu'à ses premiers créateurs; mais ces efforts ne furent pas perdus; Laurent de Médicis, Politien, et les autres poëtes que nous avons vus fleurir à cette époque, redonnèrent à la langue poétique italienne une seconde vie. Ce fut un appel général, auquel répondirent de toutes parts les hommes de génie que le seizième siècle vit naître; ils retrouvèrent les traces de cette prose arrondie, périodique, cicéronienne de Boccace; de cette coupe harmonieuse, de ce style pur, animé, poétique de Pétrarque. Le Dante seul, quelle qu'en fût la cause, resta sans imitateurs comme sans rivaux.

Cependant le progrès des études littéraires, et la connaissance devenue presque générale des anciens auteurs, avaient multiplié les genres de poésie; et si quelques poëtes bornèrent leur gloire à redonner au sonnet et à la canzone ce caractère d'élévation, de force et de noblesse, que leur avait d'abord imprimé le prince des lyriques italiens, sans pouvoir jamais égaler sa sensibilité ni sa grâce, d'autres, en bien plus grand nombre, s'essayèrent dans l'épopée, dans la tragédie, dans la comédie, dans la pastorale, dans la satire, dans le poëme didactique, en un mot, dans tous les genres.

Mais avant de revenir sur le Morgante du Pulci, sur le Roland amoureux du Bojardo, sur le Mambriano de l'aveugle de Ferrare, et de remonter jusqu'à quelques autres qui les ont précédés, nous devons rechercher quels étaient ces nouveaux éléments, ces machines poétiques toutes nouvelles qu'avait à sa disposition le génie des modernes, et qu'il substitua, dans une espèce d'épopée particulière, au merveilleux de la mythologie des anciens. Cette épopée nouvelle influa, chez les Italiens, sur celle qui renaquît de l'épopée antique, et y mêla, non-seulement ses fictions, mais quelque chose de sa manière de décrire et de raconter; elles restèrent cependant très-distinctes l'une de l'autre, et forment deux classes séparées, dont l'une est désignée par le titre de romanesque, et l'autre par le nom d'héroïque. Nous verrons mieux par la suite que nous ne le pourrions faire à présent ce qu'elles ont de commun et ce qui les distingue.

L'épopée romanesque, ou le roman épique, dont nous allons nous occuper, est un genre trop aimé des Italiens, et qui tient une trop grande place dans leur littérature, pour qu'ils n'en aient pas fait la matière de plusieurs écrits; mais ce qu'ils ont dit sur l'origine du roman épique et de ce nom même de roman, sur la source des traditions historiques qui y sont altérées de cent façons, et de l'espèce de merveilleux qu'on y emploie, tout cela surabonde peut-être, et cependant ne suffit pas. Il y faut joindre quelques notions plus récentes et plus sûres; et sans perdre de temps à balancer les différentes opinions, tirer de toutes un résultat qui satisfasse une curiosité raisonnable.

Quoi qu'il en soit, ces deux chroniques fabuleuses sont le fondement de tous les romans de chevalerie. C'est là que parurent pour la première fois les caractères principaux et les fictions fondamentales qui ont fourni une si ample matière à cette singulière espèce de composition poétique. Aucun livre, en Europe, n'avait parlé auparavant de géants, d'enchanteurs, de dragons, ni de toutes ces inventions monstrueuses et fantastiques; et quoique la longue durée des croisades ait transporté en Occident un grand nombre de fables du même genre, ajouté de nouveaux héros aux anciens, et d'autres objets merveilleux à toutes ces merveilles, cependant les fables d'Arthur et de Charlemagne, variées et accrues par ces embellissements, continuèrent de prévaloir dans les romans, et d'être le sujet favori des poëtes.

L'analogie de ce qu'on peut appeler la partie mythologique de ces deux anciens monuments avec les fictions arabes, est sensible. Cependant, il existe une autre opinion sur l'origine des fables dont ils sont remplis; et il est d'autant plus intéressant de l'exposer ici, qu'en paraissant toute différente elle s'allie parfaitement avec la première, et que, loin de la contredire, elle vient à son appui.

Avec leurs idées et leurs machines poétiques, les peuples du Nord répandirent aussi leurs inclinations, leurs institutions et leurs mœurs. De là vinrent cet amour et cette admiration exclusive de nos ancêtres pour la profession des armes; ces idées de point d'honneur, cette fureur du duel qui règne encore, et ces combats judiciaires qui heureusement n'existent plus, et les preuves par l'eau, par le feu, si long-temps regardées comme infaillibles, et toutes ces idées populaires, encore subsistantes, de magiciens, de sorciers, d'esprits et de génies cachés sous la terre ou dans les eaux. De-là aussi quelques habitudes sociales, propres, ce qui est très-remarquable, à adoucir les mœurs en même temps que tout le reste ne pouvait que les endurcir, et surtout, parmi ces habitudes, celle de placer les femmes au rang qu'elles avaient chez ces peuples, et où partout ils les firent monter.

De toutes ces observations, M. Warton conclut, et nous conclurons avec lui, que parmi les ténèbres de l'ignorance, à l'époque de la crédulité la plus grossière, le goût des merveilles et des prodiges, dont les fictions orientales sont remplies, fut d'abord introduit en Europe par les Arabes; que plusieurs contrées étaient déjà préparées à les recevoir par la poésie des Scaldes du Nord, qui peut-être dérivait originairement de la même source; que ces fictions, qui s'accordaient avec le ton des mœurs régnantes, conservées et perfectionnées dans les fables des troubadours et des trouvères, se concentrèrent, vers le onzième siècle, dans les histoires chimériques de Turpin et de Geoffroy de Monmouth, premiers auteurs qui aient parlé de ces expéditions supposées de Charlemagne et du roi Arthur, devenues le fondement et la base de ces sortes de narrations fabuleuses qu'on appelle romans; enfin, qu'agrandies et enrichies ensuite par des imaginations qu'échauffait l'ardeur des croisades, elles produisirent, à la longue, cette espèce singulière et capricieuse d'inventions qui a été mise en œuvre par les poëtes italiens, et qui forma la machine poétique, ou le merveilleux de leurs compositions les plus célèbres.

On voit donc dans la Perse, comme Saumaise l'a prétendu le premier, la source commune et primitive de ce merveilleux qui emploie les génies, les fées, les géants, les serpents, les dragons ailés, les griffons, les magiciens, les armes enchantées, à la place des machines poétiques de l'ancienne mythologie. Ce genre de merveilleux passa de la Perse chez les Arabes d'un côté, et de l'autre chez les Scythes asiatiques qui confinaient à la Perse. L'émigration de ces peuples dans le pays des Scandinaves y porta ces fictions, et les conquêtes des Arabes les firent passer en Espagne. De ces deux points si éloignés, elles se répandirent d'abord dans les parties de l'Europe les plus voisines; elles se rejoignirent enfin et se fondirent en un seul systême poétique, avec les diverses modifications qu'elles avaient reçues de deux grandes institutions, le christianisme et la chevalerie.

En lisant les extravagances dont les poëmes romanesques sont remplis, on ne leur supposerait pas une origine si respectable, du moins par son antiquité, ni si intéressante par les vicissitudes qu'elles ont éprouvées dans leurs développements et dans leurs cours. Ce sont au moins des folies quelquefois aimables; et il en est de plus tristes dont il faut aller chercher aussi loin, et dans une antiquité non moins reculée, la naissance et la filiation.

Quoi qu'il en soit, toutes ces recherches ne nous conduisent encore qu'à reconnaître la source primitive de quelques-uns des nouveaux ressorts mythologiques employés dans l'épopée romanesque; elles ne nous apprennent pas comment, en prenant pour point de départ, d'un côté l'histoire fabuleuse d'Artus, et de l'autre, l'histoire non moins fabuleuse de Charlemagne et de ses Pairs, ces ressorts ont commencé à être mis en mouvement; quels sont les premiers romans où on en a fait usage, et à qui en appartient l'honneur. Il paraît certain que, même en France, les romans de la Table ronde eurent cours avant ceux des douze Pairs, quoique ceux-ci fussent nationaux et dussent, au moins à ce titre, obtenir la préférence. Ici les faits parlent d'eux-mêmes, il ne faut que les réunir sous nos yeux.

Devenues populaires en France, ces deux fictions passèrent en Espagne: peut-être même y avaient-elles pénétré dès auparavant; et si c'est trop de dire que la chronique attribuée à Turpin y avait pris naissance, on peut croire au moins qu'elle ne tarda pas à être connue dans ce pays, dont la conquête en est le principal sujet, et dont S. Jacques en Galice, premier agent surnaturel de cette fable, est le patron. Et cette fable, et toutes les autres, ne circulèrent pas impunément au milieu d'un peuple à imagination romanesque, et chez qui les fictions orientales étaient devenues presque indigènes. Les faits d'armes des douze Pairs et de la Table ronde y prirent de nouveaux accroissements, et l'on y vit, sinon éclore, du moins se développer et s'accroître, comme pour rivaliser avec l'Angleterre et la France, la troisième branche de romans poétiques, la brillante et intéressante fable d'Amadis.

Au reste, l'Angleterre, l'Espagne et la France peuvent se disputer tant qu'on voudra l'invention de ces romans de chevalerie et de féerie: ce qui en fait le grand intérêt pour nous n'appartient ni à l'une ni à l'autre; toutes trois ont fourni matière à ce qu'ils ont d'historique et d'héroïque; toutes trois y ont pour ainsi dire établi les premiers fondements et les bases du merveilleux; mais l'Italie a sur toutes les trois l'avantage d'avoir donné la première à ces romans une existence durable par les formes épiques dont elle les a revêtus, par les nouveaux trésors de l'imagination qu'elle a su y répandre, et par toutes les richesses de style d'une langue poétique et fixée.

Des deux premières branches de romans dont nous avons parlé, on ne peut nier que celle des romans français n'ait sur l'autre un grand avantage; les douze Pairs de Charlemagne, armés pour délivrer la France et l'Europe de la tyrannie des Sarrasins, sont plus intéressants que les chevaliers d'Arthur, cherchant le saint Graal, c'est-à-dire, le plat ou l'écuelle dans laquelle J.-C. avait mangé, et dont avait hérité Joseph d'Arimathie; courant, pour la conquérir, les plus périlleuses aventures, et finissant par se faire moines ou ermites. Il est vrai que si les travaux des chevaliers de la Table ronde et ceux des douze Pairs se ressemblent si peu par leur objet, les chevaliers des deux ordres se ressemblent beaucoup par leur vaillance, leur galanterie et leurs exploits; et que les premiers auteurs de ces romans y ont à peu près également répandu le merveilleux de la féerie et l'intérêt des épisodes d'amour. Il faut pourtant que la fable de Charlemagne ait eu un attrait plus puissant que celle du roi Arthur, sur les imaginations italiennes, puisque les connaissant toutes deux par d'anciennes traductions, elles s'exercèrent long-temps sur Charlemagne et sur le brave Roland, avant de s'occuper de Lancelot, de Gyron le Courtois, et de quelques autres chevaliers de la Table ronde.

Roland, et les autres paladins, devinrent nationaux, ou du moins populaires, en Italie, autant qu'ils l'étaient en France même. Les poëtes se piquèrent d'enchérir les uns sur les outres, et il y eut une sorte d'émulation à qui attribuerait à cet invincible Roland les exploits et les aventures les plus extraordinaires. Il fut l'Hercule moderne sur qui l'on accumula des merveilles qui auraient suffi pour vingt autres héros. Il subit le sort assez commun aux personnages célèbres, d'être chanté par des poëtes qui ne méritaient pas tous d'être les échos de sa gloire; mais après avoir amusé le peuple par des récits grossiers, dont les auteurs mêmes sont inconnus, il eut dans le Pulci et dans le Bojardo des chantres plus dignes de lui; et lorsqu'il fut enfin célébré par le grand Arioste, quand l'Homère de Ferrare eut réuni à tous les charmes des fictions romanesques, la noblesse et l'éclat de la trompette épique, le nom de Roland n'eut plus rien à envier à celui d'Achille.

Mais avant que nous puissions voir le génie épique italien dans ce dernier développement de sa richesse, il faut revenir sur nos pas, examiner avec quelque attention quelles avaient été ses premières tentatives et quels furent ses progrès, avant que le Roland furieux se fût placé dans l'épopée romanesque, comme un terme au-delà duquel il a été défendu au génie moderne de s'élancer.

CHAPITRE IV.

Suite de l'épopée romanesque; I Reali di Francia, roman en prose; poëmes romanesques qui précédèrent celui de l'Arioste; poëmes de la première époque, Buovo d'Antona, la Spagna, Begina Ancroja.

Les personnages merveilleux du roman épique ne sont pas seulement les magiciens, les fées et autres agents surnaturels; les principaux héros eux-mêmes sont au-dessus de la nature, et font des choses qu'il n'a jamais été donné aux hommes de faire. Quelques-uns de ces guerriers sont enchantés, et ne peuvent recevoir de blessures mortelles; d'autres possèdent des armes que les fées ont aussi touchées; ils font, avec ces armes, des exploits au-dessus de toute vraisemblance, ou qui ont, dans cette seule espèce de poëmes, une vraisemblance convenue. La plupart de ces héros sont de la création des poëtes romanciers, ou sont dans les romans, tout autres que dans l'histoire; dix siècles les séparent de nous; on nous a tant dit que l'homme a dégénéré, et il est si vrai du moins qu'il a perdu de sa force physique; nous nous soucions peu, à une telle distance, qu'on exagère cette perte en exagérant la supériorité qu'avaient sur nous, dans ce genre dont nous faisons peu de cas, des héros presque tous imaginaires.

Pour bien comprendre les différentes actions particulières qui font le sujet des principaux poëmes romanesques, il faudrait se faire d'abord une idée générale de ces héros qu'on y doit voir agir; mais leur grand nombre entraînerait de trop longs préliminaires; tous n'ont pas d'ailleurs la même importance, et il suffit, mais il est indispensable d'avoir quelque connaissance de ceux qui doivent jouer les premiers rôles. L'empereur Charlemagne, Roland son neveu, et Renaud, cousin de Roland, sont au-dessus de tous les autres; et comme ce sont eux qui ont le plus de rapport avec notre histoire, c'est en eux qu'il est le plus intéressant pour nous d'observer les altérations que des imaginations étrangères y ont faites. J'abrégerai ces explications; et ce qu'on trouve dans de gros livres, je tâcherai de le dire en peu de mots.

Ce roi avait de plus une fille nommée Galéane ou Galérane; elle devient amoureuse de Mainetto; il le devient d'elle, et l'épouse en secret après l'avoir rendue chrétienne. C'était l'usage entre un chrétien et une sarrazine; on catéchisait en faisant l'amour, et le prélude du dernier acte de la séduction était ordinairement le baptême.

Telle est la fin de ses aventures dans les Reali di Francia. D'autres romans en ont donné la suite; ils représentent Roland, héritier des biens et des titres de son père, effaçant tous les autres pairs de France par sa bravoure, sa force prodigieuse; et l'éclat de ses faits d'armes, mais bientôt exposé à plus d'une infortune, tantôt bien, tantôt mal, avec l'impérieux et tout-puissant Charlemagne; quelquefois obligé de s'éloigner de la France, et d'aller, dans des aventures lointaines, s'exposer aux plus grands dangers. Il vint à bout des plus difficiles, qui ne firent que répandre dans toutes les parties du monde la gloire de son nom. Il se rétablit enfin à la cour de Charlemagne et y vécut dans la plus grande faveur.

Pendant son absence, Berthe sa mère, lasse du veuvage, avait épousé Ganelon, que Charlemagne avait alors fait comte de Ponthieu. Ce perfide Mayençais n'en fut pas moins l'irréconciliable ennemi de Roland et de sa maison: il lui suscita sans cesse de nouveaux dangers et de nouveaux malheurs, et finit par être, à Roncevaux, la cause de sa défaite et de sa mort.

Dans le cours de cette guerre, les quatre frères s'échappent de Montauban, qui se défendait toujours, et se trouvent réduits à de telles extrémités, qu'ils sont obligés, pour subsister, de se faire voleurs de grand chemin, malheur qui arriva, dans ces bons siècles, à plus d'un noble chevalier. Ils deviennent la terreur du pays qui borde la Meuse, où ils s'étaient retranchés dans un château fort. Rentrés dans l'intérieur de la France, ils continuent d'être en guerre avec l'empereur. Renaud épouse Clarice, sœur d'Yon, roi de Bordeaux. Il remporte sur Charlemagne et sur ses chevaliers quelques avantages; mais enfin, obligé de céder à des forces si supérieures, il ne parvient à faire la paix qu'à des conditions dures et humiliantes. L'une des plus douces est d'aller, avec ses frères, défendre les chrétiens en Palestine, et reconquérir le saint Sépulcre. Là, il éprouve de nouveaux malheurs, mais aidé par les enchantements de son cousin Maugis, qui, après s'être fait ermite, avait quitté sa retraite pour le suivre, il s'illustre par de si grands exploits, il revient en France, chargé de si belles et de si précieuses reliques, pour les offrir à l'empereur, qu'il rentre tout-à-fait en grâce auprès de lui. Il se réconcilie aussi avec Roland, et ils partagent entre eux la gloire d'être les plus solides appuis du trône de Charlemagne.

Tels sont, dans les plus anciens romans français, espagnols et italiens, les trois principaux personnages dont l'épopée italienne s'est emparée. Nous allons voir maintenant comment elle les fait agir, quelles aventures elle leur attribue, et comment elle entremêle ces aventures avec celles d'autres héros, ou pris comme eux dans de vieux romans, ou entièrement imaginaires. Je vais remonter un peu haut, et entrer dans des détails qui ne seront peut-être pas tous intéressants. Il me serait beaucoup plus facile de ne dire, comme tant d'autres l'ont fait, que des généralités sur ces premiers efforts de la muse épique moderne; mais l'objet que je me propose en général dans cet ouvrage ne serait pas rempli. Il est évident que l'Iliade n'est pas le plus ancien poëme qu'aient eu les Grecs. Si l'on retrouvait enfin les essais informes des poëtes qui précédèrent Homère, on aimerait à y observer les fictions primitives, les formes originelles, les développements graduels de l'art, jusqu'au moment où il atteignit ce haut degré de perfection que lui donna le génie du chantre d'Achille. On en connaîtrait mieux ce génie même.

Beuves avait atteint l'adolescence. Il devient amoureux de Drusiane, fille du roi, qui conçoit pour lui une passion très-vive. Le roi fait ouvrir un grand tournoi pour éprouver les amants de sa fille. Beuves entre en lice et renverse deux fois un des rois qui prétendent à la main de Drusiane. Un autre rival, fils du soudan de Boldraque, vient peu de temps après attaquer avec une armée le roi d'Arménie, pour conquérir sa fille. Ce soudan commande en personne. Le roi est vaincu, et fait prisonnier; mais Beuves le délivre, le remet sur le trône, et tue le fils du soudan. Après plusieurs aventures, ne pouvant obtenir Drusiane de son père, il la détermine à s'enfuir avec lui. Des aventures nouvelles l'attendaient dans cette fuite. Drusiane brave toutes les fatigues et tous les dangers. Les deux époux s'enfoncent dans les forêts, où Beuves exerce sa valeur contre des géants, des lions, des serpents et des ours. Drusiane accouche de deux fils. Elle les nourrit, les emporte courageusement avec elle, et continue de suivre son époux.

Les autres exploits de Beuves sont contre les Sarrazins. Tandis qu'il bat une de leurs armées en Sardaigne, qu'il en tue une partie et convertit le reste, une autre armée vient assiéger Antone. Beuves revient, leur fait lever le siége, et ensuite celui de Paris qu'ils avaient aussi formé. Après les avoir vaincus en France, il va les combattre en Hongrie, remporte de grandes victoires, convertit à la foi chrétienne et fait baptiser tout le pays; car ce fils parricide, qui avait fait périr avec tant de barbarie une mère, coupable, il est vrai, mais enfin une mère, était un chrétien très-fervent, et un très-ardent convertisseur.

Il met glorieusement à fin d'autres grandes entreprises en Europe et en Asie, et revient enfin à Antone, couvert de gloire, espérant y passer désormais des jours tranquilles avec sa chère Drusiane. Mais il a, bientôt après, la douleur de la perdre; et lui-même est assassiné dans une église, par un Mayençais, que Raymond, devenu chef de la maison de Mayence, avait chargé de ce crime, pour venger sa famille presque entièrement détruite. C'est de ce Raymond que descendait le traître Ganelon, que nous avons vu devenir le beau-père de Roland, et qui fait, dans la plupart des romans épiques dont nous aurons à parler, un rôle si vil et si odieux.

Dante que scrisse, non come bisogna, etc.

Dans sa dernière octave, il prie le souverain Jupiter, il sommo Giove, d'accorder à lui et à ses lecteurs une longue vie, et Jésus-Christ de leur donner à tous la grâce de mériter d'être admis dans son royaume. Tout cela est de très-bonne foi. On ne doit point se scandaliser de voir ici Jupiter et Jésus-Christ figurer ensemble. Sommo Giove est un nom poétique que tous les anciens poëtes italiens donnent à Dieu, comme ils donnent celui de Pluton ou de Dite au diable, sans songer ni à Pluton ni à Jupiter.

Ici, le mauvais poëte s'est presque entièrement attaché au faux chroniqueur, et il a bien fait. Il y a, même dans les récits grossiers attribués à Turpin, un fond d'intérêt que rien ne peut détruire. Les efforts prodigieux de Roland, d'Olivier et des autres Paladins surpris dans les défilés de Roncevaux, pour repousser, à la tête de vingt mille hommes seulement, l'attaque successive de trois corps d'armée de cent mille hommes chacun, le courage calme et imperturbable de ces intrépides chevaliers, leur mort glorieuse, celle surtout de Roland qui ne consent qu'à la dernière extrémité à sonner de son terrible cor en signe de détresse, qui expire entouré d'un monceau d'ennemis qu'il a tués, et après avoir brisé entre des rochers son épée Durandal, pour qu'elle ne tombe point entre les mains des infidèles; ses adieux même à cette formidable épée, compagne et instrument de tant d'exploits, toutes ces circonstances, et plusieurs autres de cette grande et célèbre scène, de quelque manière qu'elles soient racontées, sont toujours sûres de leur effet.

Ces Homères du quatorzième siècle allaient, comme nos Troubadours et nos Trouvères du douzième, récitant ou chantant leurs vers dans les châteaux et dans les villes; et c'est pour cela qu'au commencement et à la fin de presque tous les chants de leurs poëmes, ils se mettent en scène avec leur auditoire, annoncent ce qu'ils vont dire ou rappellent ce qu'ils ont dit. La forme des stances par octaves est extrêmement propre à cet objet, et c'est sans doute pour cela que cette division commode et harmonieuse est restée en possession de l'épopée italienne, malgré ce qu'il en coûte quelquefois à la vraisemblance, et la gêne qui en résulte pour le poëte. On raconte de l'ancien Homère que la fortune l'avait réduit à recevoir de ceux qui s'arrêtaient pour l'écouter le prix de ses compositions sublimes; c'est encore une ressemblance que l'auteur du poëme de l'Espagne voulut avoir avec lui; et afin qu'on ne l'ignorât pas, il a consigné cette circonstance à la fin de son cinquième chant: «Qu'il vous plaise maintenant, dit-il, mettre un peu la main à votre bourse, et me faire quelque présent.»

Ch' ora vi piaccia alquanto por la mano A vostre borse, e farmi dono alquanto, Che quì ho già finito il quinto canto.

Finissons ce qui regarde ce vieux poëme par une observation qui n'est peut-être pas à dédaigner. Le poëte cite souvent le livre d'où il tire cette histoire qu'il a entrepris de raconter. Si mon auteur ne me trompe pas, dit-il, ou bien, le livre me le dit ainsi, ou bien encore: c'est ce que le livre ne me dit pas, ou autre chose semblable. On voit presque à chaque instant que c'est la chronique attribuée à Turpin qu'il a sous les yeux, et il ne fait souvent que la mettre en vers, cependant il ne nomme jamais Turpin comme l'auteur de ce livre; bien plus, il met ce Turpin, qui était en même temps paladin et archevêque, au nombre des héros chrétiens qui périrent les armes à la main à Roncevaux avec Roland. N'en pourrait-on pas conclure que, dans le quatorzième siècle, où cette Chronique était fort connue, on ne l'attribuait point encore à l'archevêque Turpin?

Voilà quel est, en peu de mots, le sujet du poëme, autant que je l'ai pu saisir en le parcourant rapidement; car, je l'avoue, malgré tout mon zèle et une sorte de courage assez exercé dans ce genre, il m'a été impossible de lire trente-quatre énormes chants, écrits du style le plus plat, et qui contiennent à vue d'œil environ cinquante mille vers. Chacun de ces chants commence par une prière; le plus grand nombre est adressé à la vierge Marie; d'autres au Dieu suprême, au Père éternel, au Fils, à la Trinité, à la Sagesse éternelle; l'exorde d'un chant est le Gloria in excelsis; celui d'un autre, Tu solus sanctus Dominus, etc., le tout pour que Dieu et la Vierge viennent aider le poëte à raconter les combats et les prouesses de ses chevaliers, ou d'autres choses plus mondaines encore, quelquefois même assez peu décentes au fond, et plus que naïvement contées.

Ce long et ennuyeux ouvrage, imprimé pour la première fois à la fin du quinzième siècle, paraît à peu près du même temps que les deux autres, et sans doute il avait couru long-temps manuscrit. Il avait été, peut-être pendant plus d'un siècle, chanté dans les rues avant de recevoir les honneurs de l'impression. L'auteur ne s'est point nommé, et personne ne s'est soucié de le connaître. Mais le style ressemble beaucoup à celui de Beuves d'Antone, et tout annonce que les deux poëtes étaient compatriotes et à peu près contemporains. Les noms de Charlemagne, de Roland, de Renaud et des autres paladins de France, et la renommée de leurs exploits étaient donc généralement répandus en Italie dès la fin du treizième siècle, et les places publiques de Florence avaient mille fois retenti des plates octaves de ces poëtes du premier âge, avant qu'aucun véritable poëte eût entrepris de traiter des sujets qui réunissaient cependant ce qui brille le plus dans l'épopée, l'héroïque et le merveilleux.

CHAPITRE V.

Suite des Poëmes romanesques qui précédèrent celui de l'Arioste; deuxième époque; Morgante maggiore de Louis Pulci; Mambriano de l'Aveugle de Ferrare.

Nous avons vu les auteurs du Buovo d'Antona, de l'Ancroja et de la Spagna adresser la parole à leurs auditeurs à la fin de tous leurs chants, les commencer et les terminer presque tous par de saintes prières dans les endroits même les moins analogues à ces pieuses invocations, et mêler ainsi par simplicité le sacré au profane, et la Bible, les psaumes ou les prières de l'Église à des contes extravagants et quelquefois licencieux. Cela était devenu pour eux une forme convenue, une sorte de règle de leur art; et en effet on conçoit aisément que chantant pour le peuple et au milieu du peuple, dans un temps où les croyances populaires étaient les seules connaissances générales, ils n'avaient point de meilleur moyen de fixer son attention, et d'en tirer quelque salaire, que de faire d'abord retentir à son oreille ces oraisons qui lui étaient familières. L'espèce d'adieu qui terminait chacun des chants de leurs poëmes était encore une politesse très-bien assortie à ces circonstances, et n'était pas non plus sans influence sur la recette.

nous avons vu dans le chapitre précédent où il avait puisé l'idée de ces apostrophes singulières.

Mais ces mauvais modèles sur lesquels il paraît se régler étaient de très-bonne foi; le siècle dans lequel ils vivaient, la classe d'auditeurs pour laquelle ils écrivaient le prouvent également; tout fait penser qu'auditeurs et poëtes n'en savaient pas davantage; mais il n'est rien moins que démontré que l'on fût tout-à-fait aussi simple dans la société où vivait l'auteur du Morgante, et pour laquelle il fit son poëme. Il y a même quelquefois dans ses prières je ne sais quel ton de demi-plaisanterie qu'il n'est pas difficile d'apercevoir, comme lorsqu'il dit à ceux qui l'écoutent, à la fin du douzième chant: Que l'ange de Dieu vous tienne par le toupet!

L'angel di Dio vi tenga pel ciuffetto, etc.

Après ces considérations générales sur un poëme qui fait époque dans l'histoire de la poésie moderne, essayons, sans entrer dans trop de détails, de le faire connaître plus particulièrement.

Tous les paladins de Charlemagne y regrettent beaucoup Roland, et Renaud son cousin le regrette plus que les autres. Il ne peut plus tenir à l'insolence et au triomphe des Mayençais. Il part avec Dudon et Olivier pour aller chercher le comte d'Anglante. Ils arrivent à la même abbaye où il avait été reçu. Tout y était bien changé. Un frère de Morgant et des deux géants tués par Roland, géant comme eux, était venu avec une troupe de Sarrazins, venger la mort de ses frères. Il avait mis l'abbé et les moines en prison, et vivait à discrétion dans l'abbaye avec sa troupe. Les trois paladins tombent au milieu de cette canaille, qui croit pouvoir se moquer d'eux; mais elle trouve à qui parler; on en vient aux mains: le géant et ses Sarrazins sont taillés en pièces, et l'abbé remis en liberté avec ses moines. Il se fait encore une reconnaissance entre Renaud et lui. Il apprend aux chevaliers français ce qu'il sait de Roland et le chemin qu'il a pris.

Et puis après, il viennent au saint crême,

Ce qui suit est beaucoup plus libre. Je prie qu'on ne se scandalise pas, mais qu'on veuille bien se rappeler mes doutes sur l'emploi sérieux des textes sacrés et des prières qu'on trouve si fréquemment dans le poëme du Pulci. Cette citation ne suffit-elle pas pour nous apprendre ce que nous en devons penser?

Mais après cette victoire, Roland est surpris pendant son sommeil par ordre d'un roi sarrazin, et jeté dans une prison, où il doit être condamné à mort, peine prononcée dans ce pays-là contre tout chrétien qui tue un musulman. Thiéry, son écuyer, s'échappe, revient en France, et avertit Renaud du danger dont son cousin est menacé. Renaud écrit à Charlemagne, lui rend son trône, se réconcilie entièrement avec lui, et part pour aller en Asie délivrer Roland. Les grandes aventures qu'il met à fin chemin faisant, ses exploits en Perse, la nouvelle combinaison d'événements qui met encore une fois aux mains des deux cousins, dans un temps où l'un d'eux vient de sacrifier une couronne pour sauver l'autre; leur reconnaissance sur le champ de bataille; ce qu'ils font ensemble lorsqu'ils sont réunis; les intrigues d'amour qui se mêlent à leurs faits d'armes, avec une jeune Luciane, une jolie Clairette, toutes deux princesses sarrazines, et l'intrépide amazone Antée; le nouveau danger où Olivier et Richardet se trouvent d'être pendus, et leur délivrance; la guerre contre le soudan de Babylone, sa défaite et une infinité d'autres incidents, ou comiques ou merveilleux, remplissent cinq ou six chants, pendant lesquels le poëte retient ses héros et ses lecteurs en Asie.

Les paladins, arrivés au château de l'affreuse sorcière où Ganelon est détenu, tombent aussi dans ses pièges, et y seraient restés enchaînés si Maugis ne les en eût retirés tous par ses enchantements. De nouvelles aventures les séparent, d'autres les rejoignent; ils retournent dans le Levant, puis repassent en Europe. Charlemagne, toujours trahi par le perfide Ganelon, lui pardonne toujours. Après une longue guerre que ce traître lui avait suscitée, l'empereur de retour à Paris s'y croyait en paix. Il était vieux et en cheveux blancs; il espérait que Ganelon, à peu près aussi vieux que lui, avait perdu de sa malveillance ou de son activité. Mais Ganelon, infatigable dans sa haine comme inépuisable dans ses ressources, parvient encore à susciter contre la France deux armées de Sarrazins à la fois; l'une de Babylone, conduite par l'amazone Antée; l'autre d'Espagne, commandée par le vieux roi Marsile. Charles rassemble toutes ses forces; ses paladins font des prodiges; il en fait lui-même, et la célèbre épée Joyeuse se baigne encore une fois dans le sang des infidèles. Marsile, qui est le plus sage des rois sarrazins, négocie la paix. Antée la conclut de son côté, et retourne dans ses états. Charles répond aux propositions de Marsile, mais il a l'imprudence d'accepter l'offre que lui fait Ganelon d'aller en Espagne suivre auprès de ce roi une négociation si importante. La suite en est telle qu'on l'a vue dans la Spagna et dans la Chronique de Turpin; mais les détails sont fort embellis; et dans les quatre chants qui restent, le Pulci, lorsqu'il renonce au ton plaisant qui règne dans presque tout son poëme, se montre véritablement poëte.

Aussitôt des prodiges et des signes éclatent dans l'air; le soleil se cache, le tonnerre gronde, la grêle tombe, une tempête affreuse s'élève; la foudre vient frapper, fendre et brûler un laurier auprès de Ganelon et du roi; à la lueur des éclairs, ils voient les eaux bouillonner, se déborder hors de la fontaine en ruisseaux rouges comme du sang, qui, partout où ils se portent, brûlent le gazon et les plantes. Un caroubier couvrait de son ombre toute la fontaine: c'est l'arbre auquel on dit que Juda se pendit; ce caroubier sua du sang, puis se dessécha tout à coup, se dépouilla de son écorce et de ses feuilles, et Ganelon sentit tomber sur sa tête un fruit qui lui fit dresser les cheveux.

Il n'en exécute pas moins son plan. Il écrit à Charlemagne que Marsile consent à se reconnaître son vassal et à lui payer tribut. Ce tribut dont il lui fait un détail pompeux, il faut que Charles vienne le recevoir en personne, qu'il envoie au-devant de Marsile et de ses présents son neveu Roland, Olivier et vingt mille hommes d'élite à Roncevaux dans les Pyrénées, qu'il attende lui-même à Saint-Jean-Pied-de-Port, avec le gros de son armée. Le roi sarrazin ira jusque-là lui rendre solennellement hommage. Charles, crédule comme à son ordinaire, donne dans le piége, et fait ses dispositions, taudis que Marsile fait de son côté celles que Ganelon lui a conseillées, et que la valeur et la force surnaturelle de Roland et de ses compagnons d'armes lui ont fait juger nécessaires. Cent mille hommes les attaqueront d'abord; mais il faut s'attendre qu'ils seront détruits et qu'il n'en échappera peut-être pas un seul. Une seconde armée de deux cent mille hommes leur succédera sans intervalle; il en périra encore un bon nombre; elle sera même forcée à la retraite; mais alors une armée de trois cent mille hommes est sûre d'accabler ce qui restera de paladins et des vingt mille Français. Cela est gigantesque et déraisonnable sans doute. Il y a pourtant dans ces exagérations un sentiment de l'héroïsme français qui serait orgueil dans un poëte national, mais que dans un poëte étranger nous pourrions regarder comme un hommage; et quand on a été témoin de ce qu'ont souvent fait nos intrépides armées, on est tenté de trouver tout cela vraisemblable.

Ce que notre poëte dit avoir trouvé dans Arnauld le Troubadour est une folie très-singulière, et comme nous n'avons pas les poésies épiques ou narratives de cet Arnauld, nous ne savons pas si c'est en effet à lui qu'il en a dû l'idée. L'enchanteur Maugis, voyant la crédulité de Charlemagne, en prévoit les funestes suites. Il voudrait qu'au moins Renaud et ses frères, absents depuis si long-temps, revinssent en France, où l'on allait avoir grand besoin de leur secours. Il charge Astaroth, le plus habile et le plus fort de ses démons, de voler en Égypte, où ils sont en ce moment, d'entrer dans le corps du cheval Bayard, de faire en sorte que Renaud monte sur lui, et de l'apporter en trois jours à Roncevaux avec son frère Richardet.

Enfin, leur course aérienne est terminée; ils arrivent à Roncevaux. Les diables y déposent les deux chevaliers et les quittent. La bataille était commencée. Roland et les autres paladins voyant qu'on les avait attirés dans un piége, et tous décidés à mourir en braves, étaient parvenus à repousser le premier corps d'armée des Sarrazins. En ce moment, Renaud et Richardet pénètrent jusqu'à eux; ils s'embrassent avec la plus grande tendresse. La seconde armée de Marsile s'avance, et le combat recommence avec une nouvelle fureur. Il y a de très-beaux détails; il y en a de touchants, et d'autres où le tour d'esprit de l'auteur le ramène au comique et même au burlesque.

On ne peut nier que toute cette dernière partie du poëme ne soit véritablement épique; et même, il faut le dire, on a lieu de s'étonner qu'aucun poëte français n'ait traité ce sujet national, qui, dégagé des folies, des exagérations et des invraisemblances dont les poëtes italiens l'ont chargé, serait susceptible de tous les ornements et de tout l'intérêt de l'épopée. Malgré la trempe naturelle de son génie, contre laquelle on lutte toujours en vain, et malgré le dessein qu'il avait évidemment formé de faire un poëme plaisant, pour amuser Laurent de Médicis, sa mère et leurs amis, le Pulci, dans ce dénoûment, est souvent pathétique, parce qu'il est poëte, et que son sujet le domine et le pousse en contre-sens de son génie.

Sans prétendre trouver dans le Morgante maggiore de si hautes leçons, il faut le lire, d'abord pour étudier dans une de ses meilleures sources cette belle langue toscane; et ensuite pour reconnaître dans ce poëme bizarre, où l'auteur paraît n'avoir suivi d'autre règle que l'impulsion de son génie, les traces d'un genre de composition poétique déjà essayé avant lui, genre dans lequel il a servi à son tour de modèle à des poëtes dont l'originalité a paru être le premier mérite. La véritable histoire littéraire recherche avec autant de soin l'origine et la filiation des inventions poétiques et des créations du génie, que l'histoire héraldique en met à rechercher la descendance et la source des titres et des blasons. Je ne crains donc pas de m'arrêter avec quelque détail sur ces premiers pas de l'épopée moderne. Cela est d'autant plus nécessaire qu'ils sont en général moins connus, et qu'on ne peut cependant sans les connaître, bien apprécier les ouvrages où le génie épique a prodigué toutes ses richesses, et semble avoir atteint toute sa hauteur.

Mambrien est un roi de Bithynie et d'une partie de la Samothrace, jeune, beau et vaillant, mais très-mauvaise tête. Renaud de Montauban avait tué le roi Mambrin, son oncle, et s'était emparé de ses armes. Mambrien quitte ses états pour venger son oncle, après avoir juré solennellement à sa mère, sœur de Mambrin, de n'y jamais revenir qu'il n'ait tué Renaud et détruit Montauban. Il s'embarque avec une troupe choisie, malgré les conseils d'un vieillard qui veut le détourner de cette entreprise. Il est assailli d'une tempête; son vaisseau est submergé, ses compagnons noyés, et lui jeté sans mouvement sur le rivage d'une île où régnait la belle fée Carandine. Elle le recueille, le conduit dans ses jardins et dans son palais, et lui fait oublier Renaud, Montauban et tous ses projets de vengeance. Un songe les lui rappelle. Il veut quitter Carandine, et lui en avoue la cause. La magicienne lui propose d'amener Renaud dans son île; elle évoque ses démons familiers qui la conduisent en France, sur un vaisseau construit et équipé tout exprès. Elle apparaît à Renaud pendant son sommeil, l'invite à venir courir pour elle l'aventure la plus brillante. Renaud, aussi galant que brave, se réveille; et, voyant que ce n'est point un songe, s'arme, monte sur Bayard, se laisse conduire, suit Carandine sur son vaisseau; elle arrive avec lui dans son île, au bout de trois jours, comme elle l'avait promis à Mambrien.

Elle dit alors à Renaud qu'elle l'a amené pour qu'il la délivre d'un guerrier déloyal qui veut sa mort; mais avant tout, elle lui accorde les mêmes droits qu'elle avait accordés à Mambrien, et qu'elle jure bien n'avoir jamais donnés à personne. Mambrien la surprend dans les bras de Renaud, l'accable de reproches, et défie son ennemi au combat. Pendant qu'ils s'y préparent, plusieurs vaisseaux abordent dans l'île. Une troupe nombreuse de Sarrazins en descend, et se met en ambuscade, à l'insu de Mambrien. Le combat commence; il est terrible. Renaud allait être vainqueur, lorsque deux cents des guerriers embusqués s'élancent avec de grands cris, et l'attaquent tous à la fois. Sans s'étonner, il se jette au milieu d'eux, tue les uns, blesse ou renverse les autres, et met ce qui reste en fuite. Le combat recommence avec Mambrien. Renaud, près de vaincre, se voit encore entouré d'une troupe plus nombreuse que la première, dont une partie l'attaque, tandis que l'autre enlève Mambrien, blessé, pâle, presque mourant, et le porte à bord d'un vaisseau qui lève l'ancre, et l'emmène. Renaud se délivre encore de cette troupe ennemie; ceux qui peuvent échapper se rembarquent, et vont rejoindre le vaisseau de Mambrien.

Ils apprennent à leur roi que depuis son départ, Polinde, son lieutenant, a fait courir le bruit de sa mort, s'est emparé de son trône, et que la reine sa mère s'est tuée de désespoir. Ils lui sont restés fidèles, et se sont embarqués pour le chercher. Le hasard les a conduits dans cette île, où ils sont venus à propos pour le sauver de la fureur de Renaud. Mambrien, sur qui tant de maux fondent à la fois, se désespère. Ses fidèles sujets le consolent; il reprend bientôt ses folles espérances. Tous les rois ses amis et ses alliés lui fourniront des secours en hommes et en argent; il renversera Polinde, reviendra tuer Renaud, détruire Montauban, et même attaquer Charlemagne.

Mambrien est à peine remonté sur son trône qu'il reprend ses premiers projets de vengeance et de conquête. Il laisse à la tête des affaires un de ses conseillers les plus sûrs, et part avec une armée formidable sur une flotte de sept cents voiles. Ici se trouve un long épisode de Roland et d'Astolphe qui avait quitté la cour de Charlemagne pour chercher leur cousin Renaud. Après beaucoup d'aventures, ils en ont une fort désagréable en Espagne. Ils sont renfermés par les Sarrazins dans une caverne où ils étaient descendus pour consulter une fée. Les ennemis en ont muré l'entrée; il n'y peut pénétrer ni secours, ni vivres, ni lumière. La fée ou magicienne qui se nomme Fulvie, les aurait bien délivrés; mais ses démons ne lui obéissent plus. Ils sont tous retenus par Carandine, qui ne veut pas que Renaud lui soit enlevé, et qui craint que Maugis; cousin de Renaud, ne les emploie à le venir chercher dans son île. Pendant que Roland est ainsi retenu, et menacé de périr dans le creux d'une montagne, parce que les démons ne sont plus aux ordres de cette magicienne, Montauban, assiégé par l'armée de Mambrien, manque par la même raison du secours des enchantements de Maugis, et c'est ainsi que cet épisode est assez adroitement lié à l'action principale.

Montauban est défendu par les trois frères de Renaud, Alard, Guichard et Richardet, par ses deux cousins Vivien et Maugis, et par son intrépide sœur Bradamante. C'est ici la première fois que cette héroïne paraît dans l'un de ces romans du quinzième siècle. Elle y joue un des principaux rôles; mais ce rôle, ainsi que presque tous les autres, est tantôt héroïque et tantôt plaisant; et si Bradamante est souvent terrible, elle est quelquefois aussi de fort bonne humeur. Les frères et la sœur font une sortie, et renversent tout ce qui se présente devant eux. Au moment où, malgré leurs efforts, ils sont près d'être accablés par le nombre, on vient annoncer à Mambrien que Charlemagne en personne attaque son camp, et a déjà défait un de ses sept corps d'armée. Mambrien se retourne alors contre ces nouveaux ennemis. Le combat devint furieux et la victoire incertaine. La nuit survient. Il y a des prisonniers de part et d'autre. Charlemagne envoie Oger le Danois et son fils Dudon proposer la paix à Mambrien, à condition qu'il quittera la France, et rendra les paladins prisonniers. Mambrien, qui ne connaît aucun droit des gens, reçoit mal les ambassadeurs, les fait arrêter, et déclare qu'il va les envoyer, ainsi que les autres paladins, dans des prisons éloignées et horribles, où ils seront privés de la clarté du jour. Ces nouvelles répandent le deuil dans l'armée de Charlemagne. On suspend les hostilités.

La bataille avait recommencé auprès de Montauban. Les Sarrazins avaient l'avantage. Charlemagne et le reste de ses preux, d'un côté, Bradamante et ses frères de l'autre, malgré des prodiges de valeur, étaient réduits aux dernières extrémités, lorsque Renaud arrive sur le champ de bataille avec son cousin Maugis, rallie les fuyards et fait changer la face du combat. Les Sarrazins plient et sont mis en fuite à leur tour. La nuit sépare une seconde fois les combattants. Mambrien en profite pour faire sa retraite. Il fait avant tout emmener vers la mer et embarquer les paladins prisonniers. Au point du jour, Renaud est très-fâché d'apprendre que l'armée ennemie s'est rembarquée. Il jure de délivrer les paladins, Mandrien les eût-il emmenés au bout du monde. Il lui faut une année; Maugis lui en procure une par les moyens de son art. Hommes, armes, vivres, bagages, tout est prêt dans cinq jours; tout part sous le commandement général de Maugis, sur trois cents vaisseaux de transport et deux cents galères qu'il avait équipés dans une nuit.

Le lieu de la scène a changé. Mambrien, et ensuite Renaud sur ses pas, sont arrivés en Asie avec leurs armées et ont recommencé la guerre, tandis que Roland est appelé par d'autres aventures en Afrique. Mambrien est vaincu dans plusieurs batailles. Les enchantements de Maugis se joignent contre lui aux armes de Renaud, de sa sœur et de ses trois frères. Les paladins qu'il avait emmenés prisonniers, sont délivrés par une opération toute simple. Renaud va se poster avec son armée sur une montagne, en face du fort où étaient enfermés les prisonniers, et qui était tout auprès de l'armée de Mambrien; Maugis transporte la citadelle entière sur la montagne où est Renaud, qui y entre alors sans difficulté et en tire tous ses amis. Mambrien, déconcerté par cette manière de faire la guerre, consent à traiter de la paix.

La paix n'ayant pu se conclure, on reprend les hostilités. La fortune continue d'être contraire à Mambrien. Après plusieurs défaites, voyant encore son armée en déroute, il se retire dans une forêt et se livre au désespoir. Privé de sommeil depuis plusieurs jours, il succombe enfin à la fatigue et s'endort. Renaud, qui l'avait suivi de loin pour le combattre, arrive peu de temps après et le trouve profondément endormi. Or, il faut savoir que Mambrien l'avait accusé hautement d'avoir tué Mambrin son oncle en trahison, et le trouvant endormi dans un bois, Renaud, qui lui avait soutenu plusieurs fois, les armes à la main, qu'il avait menti par la gorge, le lui prouve bien mieux en ce moment: il le réveille, le défie au combat, et, le trouvant désarmé de son casque, il le lui remet sur la tête et l'attache lui-même. Ils se battent à outrance. Blessés tous deux, Mambrien l'est beaucoup davantage et plus dangereusement. Il tombe; Renaud l'allait tuer, quand la fée Carandine, qui était sortie de son île, où elle s'ennuyait seule, et s'était mise à chercher ses deux amants, paraît, et demande au vainqueur la vie du vaincu. Renaud la lui accorde; mais à condition que Mambrien reconnaîtra publiquement qu'il a menti en l'accusant d'avoir tué son oncle traîtreusement; qu'il fera même graver cette déclaration sur la pierre, pour que tout l'avenir sache qu'il a tué Mambrien, non en assassin, mais en brave; qu'enfin Mambrien paiera un tribut à l'empereur Charlemagne, pour l'indemniser de la guerre injuste qu'il lui a faite. Mambrien, plutôt vaincu par la générosité de Roland que pour éviter la mort, consent à tout, tient ses promesses, épouse Carandine, et rentre paisiblement avec elle dans ses états.

Ce que j'ai pu laisser entrevoir des plaisanteries répandues dans le Mambriano suffit pour prouver que le plus grand nombre n'est pas, à beaucoup près, d'un aussi bon genre. L'auteur était malheureux, pauvre et aveugle; il se consolait en mettant en vers toutes les folies qui lui venaient à l'esprit. Ce n'est pas sans doute ainsi que se consolait Homère; mais il y aurait une rigueur excessive à ne pas reconnaître dans ce poëme, à travers tout ce qu'il contient d'absurdités, de bizarreries et d'indécences grossières, de la verve, de la gaîté, un talent de peindre peu commun, et plusieurs des qualités qui constituent le génie poétique.

J'ai dit que ce poëte ne s'était pas soumis, comme le Pulci, à toutes les formes qu'il avait trouvées établies. La seule cependant dont il se soit dispensé est celle qui clouait, au début et à la fin de chacun des chants, une prière chrétienne. Il conserva bien l'usage d'adresser la parole à ses auditeurs, de les renvoyer d'un chant à l'autre, d'en finir un en leur annonçant ce qu'ils verront dans celui qui doit suivre; mais à la place des invocations pieuses, des oraisons et des textes bibliques, il imagina le premier de commencer tous ses chants par une invocation poétique, ou par une digression quelconque, relative, soit à l'action du poëme, soit à ses circonstances personnelles, ou à celles dont il était environné. C'est lui, en un mot, qui a fourni le premier modèle de ces agréables débuts de chant, que l'Arioste porta bientôt après à la perfection, comme toutes les autres parties du roman épique; c'est lui du moins qui essaya le premier de transporter chez les modernes le modèle que Lucrèce avait donné chez les latins, de cette forme poétique.

Ceci a rapport à l'expédition de Charles VIII en Italie. On voit qu'à l'approche des Français, les poëtes italiens décochèrent contre eux les traits impuissants de la satyre, et que notre poëte prit part à ce mouvement. Mais les succès de nos armes et la fureur des partis qui ne tarda pas d'éclater, l'obligèrent à faire retraite; il revint à son poëme; et, dans la crainte des véritables héros, il se remit à en célébrer d'imaginaires. C'était le parti le plus sage assurément; mais il ne s'en tint pas là: il voulut chanter le vainqueur de sa patrie; et le sort des armes ayant changé peu de temps après, il fallut, par une seconde palinodie, tâcher d'effacer la première. On le suit, presque chant par chant, dans ces vicissitudes embarrassantes; et l'on ne peut s'empêcher de reconnaître dans les divers degrés de son infortune, les suites de sa faiblesse et de sa versatilité.

CHAPITRE VI.

Fin des Poëmes romanesques qui précédèrent celui de l'Arioste; Orlando innamorato du Bojardo; analyse de ce poëme.

Le Roland amoureux est un trop long poëme; l'action en est trop vaste et trop compliquée pour que j'en puisse donner ici une analyse suivie. Je me bornerai à observer ce qu'il y avait de nouveau dans le plan de l'auteur et dans sa manière de concevoir l'action et les caractères, les principales inventions dont il enrichit son sujet, le point où il conduisit l'art, et où son heureux successeur le reçut de lui.

Le Morgante était imprimé depuis six ou sept ans; mais il en avait fallu davantage à l'auteur du Roland amoureux pour concevoir et dresser son plan, et pour écrire les soixante-dix-neuf chants qu'il a laissés. Il est vrai qu'avant même d'être imprimé, le Morgante, composé depuis plusieurs années, connu de tout ce qu'il y avait de gens d'esprit à Florence, avait sans doute fait du bruit dans toute l'Italie; et dans ces premiers temps de l'imprimerie, les copies manuscrites des bons ouvrages se multipliaient et se répandaient quelquefois avec autant d'abondance et de rapidité, qu'avant l'invention de cet art; mais, soit que le Bojardo connût ou non ce poëme, il se proposa de suivre une autre route que son auteur. Le Pulci n'avait voulu que rire et faire rire; à l'exception du petit nombre de faits qui ne se prêtaient pas à la plaisanterie, il avait tout envisagé du côté plaisant; l'auteur du Roland amoureux vit plus sérieusement les choses; et ce qu'il y a de très-singulier, c'est que le sujet embrassé par le Pulci, le conduisait nécessairement à un dénoûment tragique, tandis que celui qu'inventa le Bojardo mettait le principal héros dans une position souvent comique, en lui prêtant une faiblesse d'amour, et n'y joignant pas le don de plaire.

Sans adopter entièrement des éloges dont nous apercevrons bientôt l'exagération, nous devons cependant reconnaître que cette dernière observation surtout est très-fondée. On ne peut, en effet, savoir au juste ce que l'ouvrage entier eût pu devenir, si l'auteur l'eût conduit à sa fin; on ne peut même en deviner le dénoûment. Les caractères sont bien tracés et contrastés avec art; le plan est vaste et bien ordonné; les événements sont naturellement amenés, en accordant à ce merveilleux contre-nature la latitude de convention qu'il doit avoir; les différentes parties du sujet s'entrelacent sans confusion; mais à quel terme devaient-elles aboutir? c'est ce qu'il est impossible de savoir.

L'imitation des anciens est sensible dans quelques parties; mais ce qui l'est plus encore, c'est que le Bojardo crut, comme le Pulci, devoir suivre dans plusieurs points la trace des mauvais poëtes qui avaient traité avant eux ces sujets de chevalerie; comme eux, il se met en communication avec un auditoire, dont il se suppose entouré; comme eux, il cite à tout moment l'autorité de l'archevêque Turpin, lors même qu'il est visible qu'il ne suit que sa fantaisie; comme eux, il adresse la parole à ses auditeurs, en commençant et en finissant tous ses chants. Mais il a le bon esprit de se dispenser d'une prière chrétienne qui, lors même qu'elle n'est pas ironique, comme il est évident qu'elle l'est souvent dans le Morgante, est encore une impiété aux yeux de la religion, et une inconvenance aux yeux du goût, par son mélange avec les traits et les détails les plus profanes.

Il en a dit assez; il est las: vous saurez la suite si vous revenez l'entendre.--Pour que le chant qu'il finit vous intéresse davantage, il remet au suivant la fin de l'aventure.--La bataille qui va se donner est si terrible, qu'il a besoin de prendre haleine avant de la raconter.--Ce chant est court, mais il ne veut pas y commencer une Nouvelle qu'il vous réserve tout entière pour l'autre chant.--Celui-ci est trop long; mais ceux à qui son étendue déplaira, n'ont qu'à n'en lire que la moitié, etc. Telles sont les formes variées autant qu'il peut, mais revenant toutes au même sens, qui terminent sans exception les soixante-dix-neuf chants de son poëme.

Mais dans à peu près vingt chants, le Bojardo montre qu'il avait pressenti le parti qu'on pouvait tirer de cette forme reçue, qui mettait en correspondance le poëte et ceux qui venaient, ou qui étaient censés venir l'entendre. Des réflexions, des invocations, des apostrophes, des digressions enfin, telles que son imagination les lui fournit, et qui s'agencent toujours tant bien que mal dans un cadre aussi libre que celui du roman épique, remplissent une, deux, et quelquefois plusieurs des premières stances; l'auteur ajuste ensuite cela comme il peut à son récit, et le reprend où il l'avait laissé. On a vu que l'Aveugle de Ferrare faisait le même essai à peu près à la même époque, soit qu'il y eût quelque communication de l'un à l'autre, soit que cette idée assez naturelle leur fût venue à tous deux en même temps, et ne fût due qu'au progrès nécessaire de cette forme primitive, inhérente au poëme romanesque. Mais le pauvre Bello s'occupe souvent de ses affaires ou de celles de sa patrie; le Bojardo, très à son aise, et que la guerre affectait moins, parce que c'était son métier, ne parle le plus souvent que d'une manière générale et indépendamment de toutes circonstances particulières. Voici quelques-uns de ces débuts.

C'est ainsi que débutent quatre chants de son premier livre; car il faut observer qu'il avait établi pour son poëme cette distribution singulière. Il est divisé en livres, qui sont subdivisés en chants. Le premier livre a trente-neuf chants; le second trente-un; le troisième est resté suspendu au neuvième chant.

Ces sortes d'exordes sont plus fréquents dans le second livre, et ils y ont en général plus d'étendue. Écoutons celui du premier chant. «Dans l'agréable saison où la nature rend plus brillante l'étoile d'amour, quand elle couvre la terre de verdure, et qu'elle orne de fleurs les arbrisseaux, les jeunes gens, les dames, toutes les créatures livrent leur cœur à l'allégresse et à la joie; mais quand l'hiver arrive, et que ce beau temps est passé, le plaisir fuit et nous abandonne. Ainsi au temps où la vertu florissait parmi les anciens seigneurs et les chevaliers, la gaîté, la courtoisie régnaient; mais l'une et l'autre ont pris la fuite; elles se sont égarées long-temps, et n'avaient plus aucune idée de retour. Maintenant ce mauvais vent est passé, cet hiver est fini; la vertu refleurit dans le monde; et moi, je vais rappelant à la mémoire les prouesses des temps passés.»

Au quatrième chant, il invoque sa dame, qu'il appelle lumière de ses yeux, esprit de son cœur, et qui lui a tant de fois inspiré des vers d'amour.

«C'est l'amour qui inventa la poésie, la musique, qui réunit par de douces chaînes les nations étrangères et les hommes dispersés; il n'y aurait sans lui ni société ni plaisirs, la haine et la guerre sanglante couvriraient la terre. C'est lui qui bannit l'avarice et la colère; c'est lui qui inspire les belles entreprises; et jamais Roland ne donna tant de preuves de valeur que depuis le moment où il fut vaincu par l'amour.»

Il se compare dans le dix-septième au premier navigateur qui cotoya d'abord les rivages, s'avança peu à peu en pleine mer, et se confia enfin aux vents et aux étoiles. De même il n'a point encore, dans ses chants, abandonné la rive; mais il lui faut entrer maintenant dans un Océan immense. Une guerre épouvantable s'apprête. L'Afrique entière passe les mers....; la France, l'Angleterre et l'Allemagne sont en feu, et Charlemagne va se voir attaqué de toutes parts.

«Si ceux qui surpassèrent en gloire le monde entier, tels qu'Alexandre et César, dit-il au vingt-deuxième chant, eux qui coururent, guidés par la victoire, de la mer Méditerranée aux extrémités de l'Océan, n'avaient pas eu l'appui de la déesse de Mémoire, leur valeur aurait brillé en vain. L'audace, la prudence, les vertus les plus célèbres seraient moissonnées par le Temps; il n'en resterait plus de souvenir. O Renommée qui suis les pas des grands capitaines, Nymphe qui célèbres leurs exploits par tes doux chants, qui prolonges au-delà de la mort les honneurs qui leur sont rendus, et rends éternels ceux que tu vantes, tu es réduite à répéter les antiques amours et à raconter des batailles de géants, grâce à ce monde frivole, dont l'indifférence est telle qu'il ne se soucie ni de renommée ni de vertu! Laisse sur le Parnasse l'arbre qui y reverdit sans cesse, puisque le chemin qui y conduit s'est perdu, et viens au bas de la montagne chanter avec moi l'histoire d'Agramant, de ce Sarrazin redoutable qui se vante d'emmener captifs le roi Charles et tous ses paladins.»

Il est évident que le ton, les idées, les usages de cette cour influèrent beaucoup sur la composition de son ouvrage. La destination d'un grand poëme en a toujours décidé le caractère. Dans la cour de Ferrare et dans toutes ces petites cours italiennes, la galanterie dictait les mœurs; mais l'antique chevalerie maintenait encore les habitudes du courage. Les devoirs, les lois, les coutumes chevaleresques formaient une science dans laquelle le Bojardo était instruit, conformément à son état et à sa naissance. Il était sûr de plaire à ses souverains et aux maîtres des autres petits états, en mettant en action les principes de cette science. On pourrait dire qu'il n'y avait alors que des cours en Italie, et qu'il n'existait point d'autre public. C'est ce qu'il ne faut pas oublier en lisant, et le poëme du Bojardo, et celui de l'Arioste, et tous les autres romans épiques du seizième siècle. Nous verrons même que le poëme héroïque sentit aussi cette influence, et fut marqué de cette empreinte originelle que les épopées des âges suivants ne reçurent que secondairement et comme par imitation.

Tous les poëtes, les chroniqueurs et les romanciers qui précédèrent l'auteur de l'Orlando innamorato avaient fait de Roland un chevalier, non-seulement sans peur et sans reproche, mais sans faiblesse, un défenseur de la foi, un chrétien du temps des croisades, combattant les Sarrazins, mais ardent à les convertir, et ne leur proposant d'autre alternative que le baptême ou la mort; fidèle à la belle Alde sa femme, quoiqu'en étant peu occupé, et protégeant les filles et les femmes sans rien éprouver pour elles, et sans en rien exiger. Le Bojardo imagina le premier de lui donner une passion amoureuse, de le mettre en rivalité avec d'autres paladins de France et des chevaliers sarrazins, et de tirer de ces passions et de ces rivalités une nouvelle source d'incidents romanesques et un nouveau mobile d'action. Pour cela il fallait créer une beauté parfaite à laquelle rien ne pût résister, et la produire dans une circonstance où les armées ayant fait trève à leur longue guerre, les chevaliers des deux partis pussent se réunir dans le même lieu, et être frappés en même temps.

Aussitôt tous les chevaliers chrétiens et païens, jeunes et vieux, capables ou non de plaire, galants ou jusqu'alors insensibles, sont enflammés par tant de charmes et par l'espoir de les obtenir, se lèvent et demandent le combat. L'empereur décide qu'il n'y en aura que dix, et que leurs noms seront tirés au sort. Tout empereur et tout vieux qu'il est, il veut que le sien soit inscrit. Renaud se fait écrire des premiers; le sage Roland est entraîné comme les autres; il se reproche sa faiblesse, mais il y cède, et sa douleur est grande de voir que son nom ne sort de l'urne que le dixième.

On ne peut nier que cette intrigue romanesque ne soit ingénieusement tissue, qu'elle ne donne lieu à des développements, et surtout à des descriptions très-poétiques; mais, à la valeur près, que devient dans toutes ces poursuites le beau caractère de Roland? Et malgré ce que Gravina en a pu dire, quel rapport pouvait-il y avoir entre cette manière de concevoir et de conduire un poëme épique, à la manière grande, sage et toujours héroïque des anciens?

Ici l'on peut dire que toutes les richesses de la féerie sont déployées pour la première fois. Ce sont enfin les fictions orientales dans toute leur brillante déraison, et il ne paraît pas douteux que le Bojardo, très-savant dans les langues anciennes, ne connût aussi, ou la langue arabe, ou quelques traductions des contes ingénieux du peuple le plus conteur de la terre. Cette île de Falerine et de Morgane est le véritable modèle des îles enchantées d'Alcine et d'Armide, et il faut en convenir, ni l'Arioste, ni le Tasse n'ont eu, à beaucoup d'égards, dans leurs riches descriptions, d'autre avantage sur le Bojardo, que celui du style.

Là, furent interrompus les chants du Bojardo, et l'on ne peut savoir, ni s'il avait réservé pour dénoûment à cette douce erreur de Fleur-d'Epine l'espiéglerie de Richardet, jeune frère de Bradamante, ni ce qu'il comptait faire de Roland et de son amour pour Angélique, ni ce que seraient devenues plusieurs des autres aventures qu'il avait préparées et conduites jusqu'alors avec tant d'imagination et tant d'art. Ce qui n'est pas douteux, ce sont les desseins qu'il avait sur Roger et sur Bradamante, destinés tous deux à s'unir pour être la tige glorieuse des princes de la maison d'Este. Il est fâcheux pour sa gloire qu'il n'ait pu achever ce qu'il avait si heureusement commencé, mais l'art y a gagné sans doute; car l'Arioste ne fût pas revenu sur un sujet déjà complètement traité; et le Roland furieux n'existerait pas.

Les trois ou quatre différentes parties de l'action poétique que le Bojardo avait entrepris de mener de front ne se trouvent pas de suite dans son poëme comme je viens de les exposer. L'une est interrompue vingt fois par des incidents qui appartiennent à l'autre, et l'interrompt ensuite à son tour; quelquefois elles se croisent et s'entrelacent toutes de cette manière. C'est une des formes particulières du roman épique qui y fut introduite dès l'origine. Elle est très-commode pour le poëte, mais souvent elle devient fatigante pour le lecteur. Les anciens romanciers qui manquaient d'art, voulant embrasser un grand nombre d'événements et promener leurs héros dans toutes les parties du monde, trouvèrent cet expédient pour ne se pas occuper long-temps du même objet, et pour mener ensemble autant qu'ils voudraient d'actions diverses. Ils en commencent une, et la laissent pour s'occuper d'une seconde, qu'ils abandonnent pour une troisième. Renaud est-il en scène? Ne parlons plus de Renaud, disent-ils, et voyons ce que fait Roland. Est-ce Roland dont ils vous parlent? Ils le quittent, et courent à Balugan ou à Gradasse. Bradamante est-elle en péril? Elle saura bien s'en tirer; mais courons sur les pas d'Astolphe ou du magicien Maugis. D'un repas ils vous transportent à une bataille, de la description d'un jardin à celle d'un naufrage, et d'un bout de la terre à l'autre.

Depuis les premiers et informes essais de l'épopée romanesque, cela est ainsi. Beuves d'Antone, la reine Ancroja, la Spagna, le Morgante même, et à plus forte raison le Membriano, sont tous morcelés de cette manière. Nous avons déjà vu en quoi le Bojardo crut devoir imiter ses devanciers et en quoi il s'écarta d'eux. Apparemment il trouva cette méthode trop favorable pour ne la pas suivre; et comme l'intrigue de son Roland est plus compliquée que celle d'aucun des autres poëmes, il a plus souvent recours à cette formule. Ce n'est pas seulement d'un chant à l'autre qu'il change et le lieu de la scène et les acteurs, c'est très-souvent quatre ou cinq fois dans le même chant. On peut ouvrir presque au hasard celui qu'on voudra, on n'aura pas lu une vingtaine d'octaves qu'on se trouvera interrompu de cette sorte, pour l'être encore quelques octaves plus loin, et passer ainsi de secousse en secousse, sans repos et en apparence sans ordre; mais il y a dans cette marche décousue un ordre caché qui fait que le poëte se retrouve toujours où il veut être, et qu'il fait aller d'un mouvement égal toutes ses intrigues à la fois.

Mettendo lo Turpino, anch'a lo messo. (Orl. Fur. C. XXVIII, st. 2.)

Où donc le savant et judicieux Gravina pouvait-il trouver matière à cette si grande différence qu'il met entre le poëme de Pulci et celui de Bojardo? Il y a sans doute dans celui-ci beaucoup moins de bouffonneries; le génie de l'auteur paraît naturellement plus grave et plus porté au grand; mais n'est-ce pas quelquefois un tort de traiter sérieusement des choses folles? Et l'une des causes de l'ennui que l'on éprouve en lisant le Bojardo ne vient-elle pas de ce qu'il a eu souvent ce tort-là?

Quant au style, il nous conviendrait mal de vouloir en être juges dans une langue qui n'est pas la nôtre, et dont les délicatesses sont infinies; mais il paraît que celui du Bojardo n'avait ni la grandeur qui eût été nécessaire pour le projet qu'on lui suppose de donner à l'Italie un poëme rival de l'épopée antique, ni la grâce et la légèreté qu'exigeait le poëme romanesque. Ses locutions, le tour de ses vers, la chute de ses stances ne nous paraissent pas de beaucoup supérieurs à ce qu'ils sont dans les deux derniers poëmes dont nous avons parlé. Son expression n'a ni l'originalité souvent poétique du Mambriano, ni surtout cette élégante naïveté qui nous charme dans le Morgante; enfin il était certainement poëte par l'imagination; mais on risque peu de se tromper en disant qu'il l'était beaucoup moins par le style.

Nous allons enfin nous occuper de celui qui le fut de toutes les manières, et que le génie, l'étude et le goût contribuèrent également à placer parmi les poëtes du premier rang.

CHAPITRE VII.

L'ARIOSTE.

Notice sur sa vie; observations préliminaires sur l'ORLANDO FURIOSO; analyse de ce poëme.

Il n'est peut-être aucun poëte qui ait donné lieu à des jugements si divers et si contradictoires que l'auteur du Roland furieux. Divinisé par les uns, presque méprisé par les autres, toujours apprécié par un enthousiasme aveugle ou par une prévention injuste, rarement par une raison éclairée et sensible, son sort fut de marcher, plus qu'aucun autre homme de génie,

Entre l'Olympe et les abîmes,

Cette nation, dont l'Arioste est l'idole, est, ne l'oublions pas, la même qui a vu renaître dans son sein les lettres et les arts, qui les a recueillis fugitifs du sein de la Grèce, à qui le reste de l'Europe a dû toutes ses lumières, et qui, long-temps fertile en imaginations créatrices, a peut-être plus qu'aucune autre le droit de juger des ouvrages d'imagination. C'est au moment de cette heureuse renaissance, au moment où l'on respirait de toutes parts en Italie la fleur des chefs-d'œuvre antiques, où la voix de Léon X y rassemblait toutes les Muses, c'est à cette époque à jamais mémorable que parut le poëme de l'Arioste. Il fut mis au nombre des phénomènes de ce beau siècle, et dans cette patrie des arts et des lettres, trois siècles écoulés ont consolidé la gloire du poëte et confirmé son apothéose.

Mais avant de parler du poëme de l'Arioste, jetons un coup-d'œil sur sa vie. Nous y verrons peu d'événements, peu de vicissitudes, un malheur assez constant, adouci par le plus heureux caractère, et par des jouissances simples dont la source était en lui, non dans la volonté des hommes ni dans le cours des choses. Quand on personnifie la Fortune, et qu'on lui suppose une action et des conseils, c'est une des injustices qu'on lui reproche le plus que de persécuter ceux mêmes qui ne l'importunent pas de leurs demandes, et de se montrer rigoureuse et sévère pour qui ne sollicite point ses faveurs.

Envoyé très-jeune à Ferrare pour y suivre ses études, un discours latin qu'il prononça peu de temps après, pour l'ouverture des classes, parut si supérieur à son âge, que l'auteur devint dès ce moment le modèle que tous les pères montraient à leur fils. Bientôt il lui fallut, pour obéir à son père, se mettre à étudier les lois: il le fit, comme plusieurs autres hommes de génie, sans goût, même sans capacité, sans trouver en soi assez d'esprit pour apprendre ce qu'apprennent facilement tant de gens qui n'en ont pas. Quand il eut perdu cinq ans entiers à cette étude, on lui permit enfin de retourner à celles qui lui étaient indiquées par la nature: c'est par où l'on devrait toujours commencer.

Il avait alors vingt ans. Il se remit avec une nouvelle ardeur à étudier les bons auteurs latins. Le savant Grégoire de Spolète fut son guide. Il s'appliqua surtout à lui bien faire entendre les poëtes, et ce fut en expliquant Plaute et Térence que l'Arioste ébaucha ses deux premières comédies, la Cassaria, et i Suppositi. Lorsqu'il était occupé de la première, son père lui fit, n'importe sur quel sujet, une longue réprimande. L'Arioste, qui pouvait la terminer en disant comme Philoctète dans Œdipe:

Ce n'est point moi, ce mot doit vous suffire,

l'écouta très-attentivement d'un bout à l'autre; il songeait à sa comédie. Un jeune homme s'y trouvait avec son père dans la même situation que lui; il lui fallait un modèle pour le discours du père; le hasard le lui offrait; il ne songea qu'à en profiter. Il ne perdit pas un mot, pas un geste, et jamais on n'a plus véritablement pris la nature sur le fait. On ne serait pas surpris de trouver ce trait dans la vie de Molière.

Au milieu de ces douces, mais assujétissantes occupations, il n'oubliait pas le plus solide fondement de sa gloire. Peu satisfait de la première publication de son Orlando, malgré le bruit qu'il avait fait en Italie, et les éditions répétées qui en avaient paru, il y retouchait, corrigeait et ajoutait sans cesse, dès qu'il en avait le loisir. Il fit même plusieurs voyages pour recueillir les conseils des hommes les plus éclairés et les plus célèbres de ce temps-là, tels entre autres que le Bembo, le Molza, le Navagero, ses rivaux dans cet art où la rivalité éteint souvent jusqu'à la bienveillance, et cependant ses intimes et fidèles amis. Profitant de leurs avis, des critiques qui avaient été faites de son poëme et de ses propres réflexions, il le fit reparaître en 1532, avec des changements et des additions considérables, en quarante-six chants, et tel enfin qu'il est resté.

L'Arioste avait une belle figure, les traits réguliers, le teint vif et animé, l'air ouvert, bon et spirituel. Sa taille était haute et bien prise, son tempérament robuste et sain, si l'on en excepte un catarrhe dont il fut quelquefois attaqué. Il aimait à se promener à pied; et ses distractions, causées par les méditations, la composition ou les corrections dont il était continuellement occupé, le menaient souvent plus loin qu'il n'en avait eu le projet. C'est ainsi que, par une belle matinée d'été, voulant faire un peu d'exercice, il sortit de Carpi qui est entre Reggio et Ferrare, mais beaucoup plus près de Reggio, et qu'il arriva le soir à Ferrare, en pantouffles et en robe de chambre, sans s'être arrêté en chemin.

L'Arioste aimait les jardins et les traitait comme ses vers, ne se lassant jamais de semer, de planter, de transplanter, de changer la distribution des carrés et des allées. Il lui arrivait souvent de prendre une plante pour l'autre; il élevait, comme précieuses, les herbes les plus communes, et les voyait éclore avec une joie d'enfant, pour n'y plus songer le lendemain. Il avait un autre goût plus cher, celui de bâtir et de faire dans sa maison des changements continuels; et il plaisantait souvent sur le malheur de ne pouvoir changer aussi facilement et à aussi peu de frais sa maison que ses vers. Il avait fait graver sur l'entrée ce joli distique latin:

Parva, sed apta mihi, sed nulli obnoxia, sed non Sordida, porta meo sed tamen œre domus.

Tout homme sage peut aimer à les traduire ainsi librement pour sa propre maison.

Petite, mais commode, elle est faite pour moi:

Et de mes propres fonds enfin je l'ai payée.

L'Arioste obtint non-seulement la bienveillance, mais l'amitié de tous ceux des hommes puissants de son siècle qui avaient le goût des lettres et l'esprit cultivé. Les cardinaux Médicis, Farnèse Bembo, et surtout Bibbiena, les ducs d'Urbin et de Mantoue, le marquis del Vasto, le duc Alphonse lui-même, et dans toutes ces cours les hommes de lettres et les poëtes qui y brillaient, oubliant la vanité du rang et les rivalités littéraires, semblaient lui pardonner la supériorité de son génie en faveur de ses qualités aimables.

Nous retrouverons donc l'Arioste au nombre des premiers poëtes lyriques qui fleurirent dans ce beau siècle, rétablissant avec eux le style pur, élégant, harmonieux qui paraissait presque oublié depuis Pétrarque; nous le retrouverons parmi les poëtes comiques, disputant au cardinal Bibbiena son ami, et la supériorité de talent, et même l'antériorité de date; nous le retrouverons enfin, et le premier de tous, entre les poëtes satiriques, créateur de la satire italienne, marchant sur les pas d'Horace, amusant comme lui ses lecteurs des moindres particularités de ses mœurs et de sa vie, censeur malin, mais sans fiel, et commençant presque toujours par essayer sur lui-même la pointe du trait dont il veut blesser les autres. C'est maintenant comme poëte épique que je dois le considérer. Le résultat de l'examen où je vais entrer prouvera, je ne crains point de l'annoncer, qu'il est dans le premier des genres de poésie le premier des poëtes modernes, et qu'ayant appliqué son talent et son génie à un genre d'épopée que les deux grands épiques anciens ne connaissaient pas, il est trop difficile de juger à quelle distance on doit le placer, ou même si l'on doit réellement le placer au-dessous d'eux.

Observations préliminaires.

Lorsque ne connaissant d'autres poëmes épiques que ceux d'Homère et de Virgile, et d'autres théories de l'épopée que les règles tracées dans les anciennes poétiques, on lit pour la première fois l'Orlando furioso de l'Arioste, sans s'y être préparé par la lecture des poëmes modernes qui précédèrent le sien, on reçoit à la fois deux impressions opposées. On est saisi d'admiration pour l'imagination prodigieuse qui paraît avoir créé des machines poétiques si nouvelles, un merveilleux si surprenant, si varié, si fécond en peintures agréables et en riches descriptions, en même temps qu'il est si différent du merveilleux qu'avaient épuisé les poëtes grecs et latins; mais on se trouve comme ébloui de la diversité des objets, de leur succession rapide, de leur étonnante multiplicité; l'intérêt que tant de moyens contribuent à faire naître semble près d'expirer à chaque instant, parce que sans cesse il se partage; mais la curiosité toujours excitée le ranime et le soutient; l'imagination exaltée par le grand et par l'héroïque est tout à coup rabaissée par des objets vulgaires, ou amusée par des contes plaisants; l'esprit qui n'est point habitué à ces contrastes, n'en trouvant ni l'exemple dans aucune épopée, ni le précepte dans aucune poétique, est tenté, malgré le plaisir qu'il éprouve, d'exclure du nombre des poëmes épiques un ouvrage qu'il trouve si peu conforme et aux poëmes d'Homère et aux principes d'Aristote. C'est, comme nous l'avons vu, ce qui était arrivé à Voltaire lui-même; mais nous avons vu aussi qu'il revint de son erreur.

Quand on arrive au contraire au Roland furieux par le chemin qui nous y a conduits, l'admiration que l'on sent pour son auteur n'est peut-être pas moindre, mais elle est d'une autre espèce. On voit qu'il fut loin d'être l'inventeur de ce genre où il excelle; que la route lui était tracée; que le fonds de la plupart de ses fables était trouvé; que les formes mêmes qui paraîtraient le plus lui appartenir étaient employées avant lui, mais que tout cela existait en quelque sorte sans vivre, et que le génie de l'Arioste fut pour cette masse encore inerte le souffle créateur ou le flambeau de Prométhée.

D'un autre côté, on commence à soupçonner que ces prétendues contradictions entre lui et le prince des poëtes épiques, entre les règles qu'il s'est faites et celles qu'avait tracées le premier législateur du Parnasse, pourraient bien n'être qu'apparentes; que l'épopée, telle qu'il l'a traitée, étant d'une espèce particulière et inconnue aux anciens, s'il a fait des fables de son temps un usage aussi heureux qu'Homère des fables du sien, s'il a observé, dans ce genre nouveau, des convenances que l'on puisse convertir en règles et en préceptes, comme Aristote convertit celles que l'instinct du génie avait dictées à Homère, on ne peut réellement s'armer contre lui ni d'Homère ni d'Aristote.

Notes in this chapter

Note 1 · Note 1: (retour) Après Pie III, qu'il avait eu l'adresse de faire élire, pour écarter le cardinal d'Amboise, et qui mourut vingt-quatre jourNote 2 · Note 2: (retour) Essai sur les Mœurs et sur l'Esprit des Nations, ch. 13.Note 3 · Il ne manquait plus qu'un pape guerrier à ce trône, qui, par sa constitution singulière, prescrivait aux autres ce qu'ils devaient croire poNote 4 · Note 3: (retour) Tiraboschi, Stor. della Letter. ital., t. VII, part I, p. 12.Note 5 · Note 4: (retour) On cite entre autres, parmi ces derniers, Jean-Antoine Flaminio, qui, ayant prononcé devant lui, en 1506, à Iinoia, un discNote 6 · Note 5: (retour) Epist. famil., l. V, ép. 8.Note 7 · Note 6: (retour) Ubi supr.Note 8 · Note 7: (retour) Février 1513.Note 9 · Ce grand-prêtre guerrier de la religion d'un Dieu de paix, tout occupé qu'il était des projets de son ambition, qui n'aspirait à rien moins Note 10 · Note 8: (retour) Pierre a cependant laissé, dans des poésies qui sont restées manuscrites, des preuves d'esprit et de talent. Elles sont conNote 11 · Note 9: (retour) Il était né le 11 décembre 1475, et fut fait cardinal en octobre 1488.Note 12 · Note 10: (retour) Le 9 mars 1492.Note 13 · Ce peu de services rendus aux lettres disparaît, il est vrai, devant les services immenses que leur rendit le successeur de Jules, le célèbrNote 14 · Note 11: (retour) Voyez Fabroni, Laurent Med. Vita, vol. II, p. 313, la lettre que Laurent écrivit au jeune cardinal son fils. M. Roscoë la Note 15 · Note 12: (retour) En 1492.Note 16 · Note 13: (retour) En 1500.Note 17 · Les avis de son père dictèrent la sagesse de sa conduite 11. Cette sagesse, secondée par les richesses et la puissance de sa famille, par laNote 18 · Note 14: (retour) Elu le Ier. novembre 1503.Note 19 · Il respira sous Jules II 14, et rentra en crédit auprès de lui: il dut à l'amitié ce retour. Galeotto de la Rovère, neveu de Jules, jeune hoNote 20 · Note 15: (retour) On peut voir ce que dit de cette bibliothèque Jean-François Pic de la Mirandole, qui la fréquentait souvent, Examen vanitaNote 21 · Note 16: (retour) En 1508, pour la somme de 2662 écus d'or. Nous verrons bientôt les vicissitudes qu'éprouva cette bibliothèque.Note 22 · Paul Jove, et après lui d'autres historiens ont vanté justement cette passion qui annonçait dans le cardinal Jean ce que le pape Léon X devaNote 23 · Note 17: (retour) On cite avec raison, comme une preuve de cette élégance, les vers ïambes suivants, qu'il fit pour une belle statue de LucrNote 24 · Il s'y trouvait souvent au milieu de ces réunions savantes; et dans les discussions littéraires qu'il se plaisait à faire naître, on admiraiNote 25 · Note 18: (retour) Marc-Antoine Colonne commandait en titre les troupes de l'Église, mais il était de fait subordonné au cardinal-légat.Note 26 · Note 19: (retour) 11 avril 1512.Note 27 · Note 20: (retour) 31 août, même année.Note 28 · Note 21: (retour) 11 mars 1513. Je laisse à l'histoire proprement dite les détails de cette élection, et les motifs qui la décidèrent, et leNote 29 · Mais la faveur de Jules II ne pouvait se concilier long-temps avec les arts de la paix. Ce pape belliqueux fit du cardinal qu'il aimait un mNote 30 · Note 22: (retour) Ann. d'Ital., an. 1516 et 1518.Note 31 · Note 23: (retour) Ibid., an. 1521.Note 32 · Ce ne sont point ici les écrivains protestants qu'il faut croire; les historiens catholiques suffisent. N'en croyons même pas Guichardin, quNote 33 · Note 24: (retour) Voyez tous les historiens.Note 34 · Note 25: (retour) Muratori, ann. 1521. Guichardin (Istor. d'Itat., l. XIV) dit que la nuit même qui suivit cette nouvelle de la défaite des Note 35 · Sa politique n'était pas plus conforme que sa morale à l'Évangile, dont il était le premier ministre, et l'une contribua aussi peu au bonheuNote 36 · Note 26: (retour) Tiraboschi, t. VII, part. II, c. 2; Hodius, de Græcis illustribus, etc.Note 37 · Note 27: (retour) Voyez Lettres de Bembo écrites au nom de Léon X, l. IV, ép. 8, à Marc Musurus.Note 38 · Note 28: (retour) Voyez Tiraboschi, t. VII, part. II, l. IV, p. 11.Note 39 · Dès le moment de son élection, il annonça que le règne du bon goût commençait, en prenant pour secrétaires, Sadolet et Bembo, qui avaient enNote 40 · Note 29: (retour) Les Scholies sur l'Iliade, les Questions homériques de Phorphyre, et d'anciennes Scholies sur les sept tragédies de SophocNote 41 · Note 30: (retour) Nous verrons ailleurs quelle fut l'influence de cette générosité de Léon sur l'étude et sur la propagation de la langue grNote 42 · Note 31: (retour) Epistol. Erasmi, vol. I, ép. 178, 193, etc.Note 43 · Il ranima l'université de Rome, qu'on avait laissé périr; il y appela de toutes parts les plus habiles professeurs, et lui rendit ses revenuNote 44 · Note 32: (retour) Leonis X Vita, p. 206.Note 45 · Note 33: (retour) Id. ibid.Note 46 · Bientôt tout ce qu'il y eut en Italie de littérateurs, de poëtes, d'orateurs de quelque talent, d'écrivains élégants et instruits dans tous Note 47 · Note 34: (retour) Un artiste que Raphaël surpassa peut-être aussi en talent proprement dit, mais non certainement en génie, Michel-Ange, futNote 48 · Mais les arts, que l'on appelle du dessin, parce que le dessin en est la base, furent les principaux objets de sa munificence, et, l'on peutNote 49 · Note 35: (retour) Paul Jove, Vita Leonis X, l, IV.Note 50 · Le titre de Magnifique ne lui convenait pas moins qu'a son père, et si celui de Prodigue eût été un éloge, c'est à lui qu'il aurait fallu leNote 51 · Note 36: (retour) Id. ibid.Note 52 · Note 37: (retour) Id. ibid. Voyez-y le détail des chasses du souverain pontife depuis la fin des grandes chaleurs de l'été jusque dans le plNote 53 · Il aurait manqué à Léon X un plaisir de souverain, s'il n'avait pas aimé la chasse; il l'aimait passionnément: il courait la bête fauve à chNote 54 · Note 38: (retour) Id. ibid.Note 55 · Sa gaîté naturelle et son amour pour le plaisir n'étaient pas moins excités que son goût pour la dépense, par un grand nombre de cardinaux, Note 56 · Note 39: (retour) Celle des Rozzi.Note 57 · Note 40: (retour) Tiraboschi, Stor. della Letter. ital., t. VII, part. I, c. 4, part. III, c. 3.Note 58 · Ce ne fut pas la seule que Léon fit représenter dans des fêtes, avec sa magnificence ordinaire; et ce fut une des plus décentes. Il y avait Note 59 · Note 41: (retour) Vita Leonis X, l, IV.Note 60 · Note 42: (retour) Id. ibid.Note 61 · Bibbiena excellait, dit Paul Jove 41; à faire perdre le sens aux hommes de l'âge et des professions les plus graves. Le pape prenait alors bNote 62 · Note 43: (retour) Id. ibid., et Tiraboschi, loc. cit.Note 63 · Mais rien n'égale en ce genre ce qu'il fit pour se moquer d'un vieux poëte nommé Baraballo, de Gaëte, dans le royaume de Naples. Ce poëte boNote 64 · Note 44: (retour) Voyez Pierii Valeriani Carmina, Venet, 1550, p. 28.Note 65 · Note 45: (retour) Ub. supr.Note 66 · Note 46: (retour) De Poëtis suorum temporum.Note 67 · Léon était sans cesse environné, assiégé et souvent importuné par des poëtes 44. Il en admettait presque tous les jours à ses soupers, dont Note 68 · Note 47: (retour) Voyez Paul Jove et Giraldi, ub. supr.Note 69 · On parle aussi d'un certain Querno 47, doué d'une facilité extraordinaire et d'une effronterie non moins rare à débiter, avec emphase, ses dNote 70 · Note 48: (retour) Andrea Marone.Note 71 · Note 49: (retour) Tiraboschi, ub. supr., l. III, c. 4.Note 72 · Souvent il arrivait à Querno, comme aux autres bouffons, de finir tristement la fête: des applaudissements on passait aux insultes, et quelqNote 73 · Note 50: (retour) Paul Jove, ub. supr.Note 74 · Tous les bouffons du pape n'étaient pas poëtes 50. Le vieux Poggio, l'un des fils de Poggio l'historien; un certain Moro, payé de son intempNote 75 · Note 51: (retour) Loc. cit.Note 76 · «Tous ces jeux, dit l'historien Paul Jove 51 (et aujourd'hui l'on en jugerait autrement), étaient dignes d'un prince noble et poli, mais danNote 77 · Note 52: (retour) Id. ibid.Note 78 · Note 53: (retour) T. VII, l, I, c. 2.Note 79 · La partie était composée de six ou sept joueurs; et l'un des exercices les plus agréables pour lui de cette libéralité qui lui était naturelNote 80 · Note 54: (retour) Annal. d'Ital., an 1521.Note 81 · Une autre suite fâcheuse, non pas des goûts frivoles, ni de la vie toute mondaine de Léon X, mais de ses prodigalités excessives, et des dépNote 82 · Note 55: (retour) Sunt litterœ unius poëtœ.Note 83 · Note 56: (retour) Sunt idola antiquorum.Note 84 · Note 57: (retour) Girolamo Negri, qui écrivit avec beaucoup de force et de zèle contre Luther.Note 85 · Note 58: (retour) Lettere di Principi, Venez., 1524, t. I, p. 96; Tiraboschi, t. VII, l. I, c. ii.Note 86 · Note 59: (retour) Rimirava come gentilesche profanità tutti i libri non sacri. Tiraboschi, ibid., c. 5.Note 87 · Note 60: (retour) Cette cérémonie se fit le 29 août, et il mourut le 14 septembre 1522. Voyez Annal. de Muratori.Note 88 · Un jour que ce pape lisait des lettres latines écrites avec élégance: Ce sont, dit-il, des lettres d'un poëte 55. On lui faisait voir au BelNote 89 · Note 61: (retour) Voyez tome III de cet ouvrage, page 382.Note 90 · Note 62: (retour) Voyez, sur cette élection, Paul Jove, Vita Hadriani VI; voyez aussi Robertson, Hist. de Charles V, trad. française, t. IIINote 91 · Le cardinal Jules de Médicis, fils naturel de ce jeune Julien, assassiné à Florence dans la conjuration des Pazzi 61, s'était attaché de touNote 92 · Note 63: (retour) Muratori, an 1514.Note 93 · Note 64: (retour) Ibid., an 1526.Note 94 · Note 65: (retour) Id. ibid.Note 95 · Note 66: (retour) Id., an 1527.Note 96 · Les plus cruels désastres en furent la suite. Lié par un traité secret avec François Ier. 63, avant la bataille de Pavie, il entra publiquemNote 97 · Note 67: (retour) Ibid.Note 98 · Cependant le pape, assiégé dans le château Saint-Ange, et manquant de vivres, fut forcé de capituler aux conditions les plus onéreuses. PrisNote 99 · Note 68: (retour) Da che fu in libertà, avea ripigliate le sue astuzie e cupidità. Id., an 1528.Note 100 · Note 69: (retour) Septembre 1534.Note 101 · Note 70: (retour) Varchi, Istor. Fiorent., a conté le premier cette anecdote, que Muratori n'adopte pas. Voyez Annal. d'Ital., an 1534.Note 102 · Le malheur ne le rendit pas plus sage; il ne se vit pas plutôt en liberté qu'il recommença ses intrigues 68; voyant les affaires des FrançaiNote 103 · Note 71: (retour) Tiraboschi, t. VII, part. I, c. ii.Note 104 · Note 72: (retour) Id. ibid.Note 105 · La politique et la guerre occupèrent trop Clément VII pour qu'il pût accorder aux lettres et aux arts tout ce que son nom avait fait espérerNote 106 · Note 73: (retour) Voyez ci-dessus, tome III, page 398.Note 107 · Note 74: (retour) En 1496.Note 108 · Note 75: (retour) Bandini, Prœf. ad Catal. Cod. grœc., p. 12; Tiraboschi, Stor. della lett. ital., t. IV, part. I, p. 106.Note 109 · Note 76: (retour) Ce fait est rapporté par un moine du couvent même, nommé Robert de Galliano, que cite Ange Fabroni, Leonis X Vita, not. 19Note 110 · Note 77: (retour) Selon Tiraboschi, t. VII, part. I, c. 5, ce fut avant d'être pape; William Roscoë dit au contraire, Life of Lorenzo de' MeNote 111 · Note 78: (retour) Datée du 15 décembre 1532; Will. Roscoë, ub. sup.Note 112 · Ce fut, comme on se le rappelle, lors de l'invasion de Charles VIII et de l'expulsion de Pierre de Médicis que cette bibliothèque, fruit desNote 113 · Note 79: (retour) Julien, trop faible de caractère pour pouvoir gouverner en maître un peuple qui n'en voulait pas encore, vécut à Rome combNote 114 · Florence lui fut redevable de ce bienfait, dont elle jouit encore aujourd'hui. Elle lui dut aussi la fixation de l'état incertain où elle flNote 115 · Note 80: (retour) De ce Julien qui avait été duc de Nemours.Note 116 · Note 81: (retour) Scipione Ammirato, Istor. Fiorent., l. XXX, t. III, p. 355. B. Segni dit aussi que cette esclave, nommée Anna, avait eu unNote 117 · Quand Clément VII prit la tiare, avec la même ambition que Léon X, il ne restait plus, pour remplir ses vues, de la branche des Médicis descNote 118 · Note 82: (retour) On y distinguait le Molza, Claude Tolommei, Marc-Antoine Soranzo, Jean-Pierre Valeriano, Bernardin Salviati, qui fut ensuiNote 119 · Note 83: (retour) Giammatteo Toscano, Peplus Italiœ, éd. de Hambourg, 1730, p. 468; Tiraboschi, ub. supr.Note 120 · Note 84: (retour) 1555; né en 1511, il n'était âgé que de vingt-quatre ans. Dai più, dit Muratori, fu creduta il duca Alessandro autore di sNote 121 · Ce fut pourtant lui que Florence, qui conservait encore le titre de république, reçut pour chef des mains du pape. Clément crut faire assez Note 122 · Note 85: (retour) 28 octobre 1530.Note 123 · Clément VII n'avait d'abord rien changé, en apparence, à la constitution des Florentins en leur donnant pour chef son fils; mais Alexandre eNote 124 · Note 86: (retour) L'historien Guichardin fut du nombre et l'un des confidents les plus actifs du pape. Muratori, ann. 1532.Note 125 · Note 87: (retour) Voyez Varchi, Scipion Ammirato, et presque tous les autres historiens de Florence. Perciò, dit Muratori, sel di prima di mNote 126 · Le pape suivit obstinément ses projets d'ambition et de vengeance; environ deux ans après, ayant fait élire des magistrats qui lui étaient vNote 127 · Note 88: (retour) Alfieri, Etruria vendicata.Note 128 · Note 89: (retour) Voyez Varchi, Ammirato, Istor. Fiorent.; Jovius, Historia sui temporis; Muratori, Annali d'Ital., an. 1537.Note 129 · Note 90: (retour) Parve a Lorenzino d'esser venuto il tempo di mandare a effeto quel che, come si crede, haveva fin dopo la morte del cardinNote 130 · Note 91: (retour) Selon Varchi c'était sa tante, sœur de sa mère, mariée avec Girardo Ginori, et aussi chaste que belle. (Stor. Fiorent., l.Note 131 · On sait comment ce jeune insensé usa de son pouvoir, et comment il le perdit avec la vie. On a voulu faire de son meurtrier un Brutus; un grNote 132 · Note 92: (retour) Les Valori, les Strozzi, et d'autres citoyens puissants, qui voulurent s'y opposer, parvinrent à rassembler un corps d'armNote 133 · Note 93: (retour) Ce ne fut qu'en 1569.Note 134 · Jean de Médicis, célèbre capitaine de ce siècle, issu au même degré que Lorenzino de la seconde branche des Médicis, mort à vingt-huit ans dNote 135 · Note 94: (retour) Tiraboschi, t. VII, part. I, p. 30, etc.Note 136 · Note 95: (retour) En 1522.Note 137 · Note 96: (retour) Tiraboschi, ub. supr., p. 126.Note 138 · Note 97: (retour) Loc. cit.Note 139 · Le long règne de Cosme Ier est une des plus brillantes époques de l'histoire des lettres, et surtout des beaux-arts. Son premier soin fut deNote 140 · Note 98: (retour) Tiraboschi, ub. supr., p. 180.Note 141 · Note 99: (retour) Voyez Ragionamenti intorno a' gran duchi di Toscana, par Bianchini; la préface du Catalogue des manuscrits orientaux de ceNote 142 · Note 100: (retour) Il se nommait Arnold Harlein, ou Harlen. (Tiraboschi, ub. supr., p. 173.)Note 143 · Note 101: (retour) Depuis 1548 jusqu'en 1564.Note 144 · Note 102: (retour) En 1553.Note 145 · Note 103: (retour) Tiraboschi, ub. supr., p. 181.Note 146 · Cosme Ier. eut fort à cœur l'exécution du projet qu'avait conçu Clément VII, de placer dans un monument convenable la bibliothèque des MédicNote 147 · Note 104: (retour) Id. ibid., p. 30.Note 148 · L'astronomie, l'art de la navigation, l'agriculture, eurent part aux libéralités et aux encouragements du grand-duc. Il cultivait lui-même pNote 149 · Note 105: (retour) Del disegno.Note 150 · Note 106: (retour) Voyez Vasari, Vies des Peintres; Baldinucci, et Tiraboschi, t. VII, p. 3, l. III, c. 7.Note 151 · Quant aux arts du dessin, l'histoire de Cosme Ier. est, à proprement parler, leur histoire. La description des édifices dont il embellit FloNote 152 · Note 107: (retour) An. 1562. Il ne la donne, il est vrai, que comme un bruit public: voce commune allora fu.Note 153 · Note 108: (retour) Muratori dit qu'à l'aspect du meurtrier le sang commença à bouillir et à sortir de la plaie. C'est aussi répéter trop fidNote 154 · Cosme Ier. accorda une protection spéciale et de grands encouragements à cet établissement utile. Il se voyait, en avançant en âge, environnNote 155 · Note 109: (retour) An. 1564.Note 156 · Note 110: (retour) 1574.Note 157 · Si ce fait est véritable, il n'y a rien d'étonnant dans l'altération qu'éprouva la santé de ce malheureux père, ni dans le parti qu'il prit,Note 158 · Sa santé déclinant toujours, il se rendit à Pise, où il mourut à l'âge de cinquante-cinq ans 110.Note 159 · Note 111: (retour) Tiraboschi, t. VII, part. I, p. 31.Note 160 · Note 112: (retour) Id. ibid., p. 32.Note 161 · Note 113: (retour) En 1587; il n'avait que quarante-sept ans. (Id. ibid.)Note 162 · François, premier du nom, qui lui succéda, en avait alors trente-quatre, et gouvernait l'état depuis dix ans sous la direction de son père. Note 163 · Note 114: (retour) Il l'avait acquise à Rome lorsqu'il était cardinal. Devenu grand-duc, il fit transporter à Florence presque toutes ses anNote 164 · Il ne laissait point d'enfants de son mariage avec l'archiduchesse Jeanne d'Autriche, mais trois frères, dont l'aîné, Ferdinand, était cardiNote 165 · Note 115: (retour) In quel corrotto secolo non si guardava si per minuto a tali de formità come, la Dio mercè, si fa da gran tempo nella chiNote 166 · Pour mettre de suite ce qui regardait les Médicis, nous avons interrompu la série des souverains pontifes, à l'époque où le second pape de cNote 167 · Note 116: (retour) Il mourut à trente-cinq ans.Note 168 · Ce dernier point, qu'il eut trop à cœur, le rendit aveugle sur les vices de son fils Pierre-Louis Farnèse; il le fit successivement gonfalonNote 169 · Note 117: (retour) En 1549.Note 170 · Note 118: (retour) Voyez Muratori, Annal. d'Ital., an. 1549.Note 171 · Le pape, qui était la principale source d'où ce nom tirait son éclat, mourut à quatre-vingt-deux ans 117, laissant une mémoire douteuse, surNote 172 · Note 119: (retour) En 1550.Note 173 · Note 120: (retour) Tiraboschi, t. VII, l, I, c. 2.Note 174 · Note 121: (retour) Muratori, Annal. d'Ital., an. 1555.Note 175 · Note 122: (retour) E quivi poi slava sovente banchettando, lasciando in mano altrui il pubblico governo. (Id. ibid.)Note 176 · Jules III, son successeur 119, fut un de ces hommes qui semblent faits pour les plus hautes dignités avant de les obtenir, mais qui s'y montNote 177 · Note 123: (retour) Il leur donna ce nom, parce que le nom latin de sa ville épiscopale est Theale.Note 178 · Note 124: (retour) Il fut élu à soixante-dix-neuf ans.Note 179 · Note 125: (retour) Le cardinal Caraffa, le duc de Palliano, etc.Note 180 · Note 126: (retour) Muratori, Annal. d'Ital., an. 1559.Note 181 · Le cardinal Caraffa, Napolitain, évêque de Chieti, et fondateur des Théatins 123, lui succéda sous le nom de Paul IV. Le caractère dur, soupNote 182 · Note 127: (retour) Tiraboschi, t. VII, part. I, l. I, c. 4.Note 183 · Les lettres n'attendaient rien de Pie IV, et il ne fit personnellement presque rien pour elles, mais il leur donna pour protecteur le fameuxNote 184 · Note 128: (retour) 1556.Note 185 · Note 129: (retour) 1572.Note 186 · Pie V obtint le premier de ces deux titres 128, et ne fit rien pour mériter le second. Il n'en est pas ainsi de son successeur, le fameux GrNote 187 · Note 130: (retour) Tiraboschi, t. VII, part. I, p. 28.Note 188 · Cette dignité ne ralentit point son ardeur pour l'étude; parvenu à la dignité suprême, il disait qu'il n'y a personne au monde à qui il convNote 189 · Note 131: (retour) Voyez t. I de cette Histoire litt., p. 147.Note 190 · Note 132: (retour) T. I, p. 586.Note 191 · Note 133: (retour) Tiraboschi, ub. supr., p. 390.Note 192 · Note 134: (retour) En 325.Note 193 · Note 135: (retour) Le nombre d'or de l'Athénien Methon donnait dix-neuf ans à la révolution par laquelle la lune revient au même point du ciNote 194 · Note 136: (retour) Ab. Ximenès, Introd. au Gnomon de Florence, p. cii et suiv., cité par Tiraboschi, ub. supr.Note 195 · L'astronomie et le droit canon lui doivent deux grandes réformes, celles du calendrier romain et du recueil des lois canoniques, connu sous Note 196 · Note 137: (retour) Tiraboschi, t. VII, part. II, p. 153.Note 197 · Note 138: (retour) Id. ibid.Note 198 · Note 139: (retour) Ub. supr., p. 154.Note 199 · Celle du recueil de lois canoniques ou du Décret de Gratien avait paru deux ans auparavant, et ce fut dans cette même année, 1582, que la maNote 200 · Note 140: (retour) En 1578.Note 201 · Note 141: (retour) Id. ibid.Note 202 · On cite de ce pape un trait qui prouve qu'il ne réservait pas toutes ses libéralités pour les sciences ecclésiastiques, et qu'il en répandaiNote 203 · Note 142: (retour) Henriade, c. 2. Le nom de Sixte V était Félix Peretti. Il était en effet né de pauvres paysans dans les grottes de MontalNote 204 · a dit Voltaire 142; et ces rois, dont il fut le rival, étaient Philippe II, Élisabeth, et notre grand et bon Henri. S'il fut, en effet leur Note 205 · Note 143: (retour) Depuis 1585 jusqu'en 1590.Note 206 · Note 144: (retour) 1°. Celui de Sésostris, consacré par ce roi au soleil, transporté à Rome, élevé et dédié à Auguste et à Tibère par CaliguNote 207 · Note 145: (retour) La dédicace en fut faite le 30 mai 1589. (Id. ibid., ad hunc ann.)Note 208 · Note 146: (retour) Muratori, ub. supr.Note 209 · Il n'eut pas trop de tous ces grands moyens, employés avec une activité infatigable, pour laisser des traces si imposantes d'un règne qui neNote 210 · Note 147: (retour) Vers l'an 1540.Note 211 · Note 148: (retour) Cette direction avait été d'abord confiée à Antoine Blado d'Asola; on lit à la fin du t. III des Commentaires d'Eustathe Note 212 · Note 149: (retour) Tiraboschi, t. VII, part. I, p. 175.Note 213 · Note 150: (retour) Id. ibid. Cette Bible, malgré tous les soins qu'on avait pris, fut loin de répondre aux vues du pontife, et les incorrectNote 214 · Avant Sixte V, les cardinaux Alexandre Farnèse et Marcel Cervini avaient fait établir à Rome une magnifique imprimerie 147, qui fut, pendantNote 215 · Note 151: (retour) Id. ibid., an. 1588.Note 216 · Note 152: (retour) Tiraboschi, ub. supr., p. 179.Note 217 · Note 153: (retour) Muratori, an. 1588.Note 218 · Note 154: (retour) Ibid., an. 1590.Note 219 · La bibliothèque Vaticane, qui dut ses commencements à Nicolas V, que Sixte IV avait rebâtie et ouverte au public, et qui, depuis, avait été Note 220 · Ces actes de munificence sembleraient avoir dû épuiser le trésor, et cependant Sixte V amassa dans celui du château St.-Ange, la somme, alorNote 221 · Note 155: (retour) Urbain VII ne régna que douze jours, Grégoire XIV dix mois, et Innocent IX environ deux.Note 222 · Note 156: (retour) Hippolyte Aldobrondini, élu le 30 janvier 1592.Note 223 · Après lui, le Saint-Siége, devenu, pour ainsi dire, plus glissant et plus mobile que jamais, fut occupé, dans une seule année, par trois papNote 224 · Note 157: (retour) En 1525.Note 225 · Pendant le peu de temps que François Ier. fut maître de Milan, il se fit gloire d'accorder aux arts et aux lettres le même accueil, les mêmeNote 226 · Note 158: (retour) En 1535.Note 227 · Note 159: (retour) Hist. de Charles V, l. I.Note 228 · Note 160: (retour) Tiraboschi, t. VII, part. I, p. 101.Note 229 · La race des Sforce et le duché de Milan s'éteignirent en lui. Charles-Quint resté, après la mort de ce prince 158, en possession du MilanaisNote 230 · Note 161: (retour) L'un de ses frères se nommait Mathieu, et l'autre Bélisaire; ils moururent tous deux en 1528. (Voyez Mazzuchelli, Scrit. Note 231 · Note 162: (retour) Mazzuchelli en donne la liste, loc. cit.Note 232 · Note 163: (retour) Jean-Jérôme Aquaviva, dont le Boccalini parle dans ses Ragguogli di Parnasso, cent. II, ragg. 85.Note 233 · Note 164: (retour) Octave, fils du précédent, archevêque de Naples et cardinal.Note 234 · San Severino n'était pas le seul grand qui, avant ses malheurs, donnât aux lettres, dans ce royaume, l'encouragement qu'elles ne recevaient Note 235 · Note 165: (retour) Mot justement célèbre de ce roi chevalier.Note 236 · Note 166: (retour) 1525.Note 237 · Les Davalos, originaires d'Espagne, mais établis à Naples dès le siècle précédent, eurent encore plus de renommée. Il n'est presque point deNote 238 · Note 167: (retour) Elog. Viror. bello illustr., p. 335.Note 239 · Note 168: (retour) T. I, p. 58, 69, 90.Note 240 · Note 169: (retour) Edit. de Florence, 1590, p. 66.Note 241 · Note 170: (retour) Tiraboschi, t. VII, part. I, p. 69, où il cite une lettre de Luca Contile.Note 242 · Note 171: (retour) Ub. supr.Note 243 · Ferdinand laissa pour héritier Alphonse Davalos, marquis del Vasto, son cousin, et c'est celui-ci surtout que la littérature italienne comptNote 244 · Note 172: (retour) Mars 1546. Il n'avait que quarante-trois ans.Note 245 · Note 173: (retour) L'un d'eux était César Frégose, qui s'était retiré en France après avoir été général des Vénitiens. In questo tempo, dit Note 246 · Et ce n'était pas pour son plaisir qu'il parcourait ainsi le Piémont; c'était comme général des armées de l'empereur. La guerre s'était alluNote 247 · Note 174: (retour) Il fut remis dans la possession paisible de tous ses états en 1531, par l'empereur Charles V, qui y ajouta même la princiNote 248 · Mais toutes puissantes qu'étaient ces deux familles, et celle des Rangoni de Modène, et quelques autres encore dont les lettres ont gardé leNote 249 · Note 175: (retour) Elle était bâtarde du pape Alexandre VI.Note 250 · Note 176: (retour) Elle fut accusée d'un commerce incestueux avec ses frères, et même avec le pape son père. Les historiens les plus graves,Note 251 · Tout ce qui entourait Alphonse aimait les lettres et les honorait comme lui; son secrétaire et son ministre de confiance, Pistofilo de PontrNote 252 · Note 177: (retour) Calcagnini Oper., p. 426, cité par Tiraboschi, t. VII, part. I, p. 35.Note 253 · Note 178: (retour) Il était né en 1480: ce que l'Arioste exprime énigmatiquement dans la quatrième stance de son trente-cinquième chant. AstNote 254 · Enfin le cardinal Hippolyte, non moins généreux que son frère, politique et guerrier comme lui, avait sur lui l'avantage d'une éducation culNote 255 · Note 179: (retour) Musœum Estense, Tiraboschi, ub. supr., p. 37.Note 256 · Note 180: (retour) Voy. Muratori, Antich. Est., part. II, p. 389, etc.Note 257 · Hercules II, fils et successeur d'Alphonse, vécut dans des temps plus calmes, et put donner plus facilement l'essor à son penchant généreux Note 258 · Note 181: (retour) Entre autres le Tiburtinum Hippolitty Estii, d'Uberto Foglietta.Note 259 · Note 182: (retour) L. I, ép. 23.Note 260 · Note 183: (retour) Dans la dédicace qu'il lui fait de ses Variœ lectiones.Note 261 · Note 184: (retour) Tiraboschi, t. VII, part. I, p. 41.Note 262 · Hercule II avait, ainsi qu'Alphonse son père, un frère cardinal appelé Hippolyte comme son oncle; on le nomme Hippolyte le jeune, pour le diNote 263 · Note 185: (retour) Depuis 1559 jusqu'en 1597.Note 264 · Note 186: (retour) Tiraboschi, ub. supr., p. 42.Note 265 · Alphonse II, successeur d'Hercule, son père, fut le prince de cette famille qui eut le règne le plus long et le plus brillant. Dans un espacNote 266 · Note 187: (retour) Id. ibid., p. 182.Note 267 · Ses ancêtres avaient fondé et successivement accru la bibliothèque, dont on fait remonter jusqu'au marquis Lionel, la première création; maiNote 268 · Note 188: (retour) Voyez les lettres de Muret, l. I, ép. 23, etc.Note 269 · Pour plus de ressemblance avec son père et son aïeul, Alphonse II eut aussi un frère, le cardinal Louis d'Este, qui, à l'exemple des deux caNote 270 · Note 189: (retour) En 1597.Note 271 · Note 190: (retour) Laura Eustochia.Note 272 · Note 191: (retour) An 1597.Note 273 · Note 192: (retour) Agostino Faustini, Andrea Morosino, Cesare Campana, cités par Muratori, ub. supr.Note 274 · Note 193: (retour) Ob lineam finitam, seu ob alias causas. (Muratori, loc. cit.)Note 275 · Note 194: (retour) Loc. cit.Note 276 · Rien ne paraissait manquer au bonheur et à l'illustration de la maison d'Este. Sans parler de sa gloire dans les armes, de l'accroissement qNote 277 · Note 195: (retour) Ibid.Note 278 · Note 196: (retour) Le 8 mai 1598.Note 279 · Ferrare, prise entre deux armées, fut remplie d'émissaires qui n'épargnèrent rien pour soulever un peuple tranquille contre son prince légitNote 280 · Note 197: (retour) Tiraboschi, t. VIII, l. I, c. 4.Note 281 · Note 198: (retour) François II.Note 282 · Note 199: (retour) François III.Note 283 · César d'Este, en se retirant à Modène avec sa famille, y transporta tout ce qu'il put du riche mobilier qui ornait son palais de Ferrare. HeNote 284 · Note 200: (retour) Ce duc vécut jusqu'en 1611.Note 285 · François de Gonzague, marquis de Mantoue au commencement de ce siècle, presque toujours enveloppé dans les guerres qui désolaient alors l'ItNote 286 · Note 201: (retour) Voyez Rime di diverse donne, recueillies par Domenichi.Note 287 · Note 202: (retour) Celle des Invaghiti.Note 288 · Note 203: (retour) Trattato delle dignità, Oper. ediz. Firenz., 1724, t. III, p. 129.Note 289 · Les ducs de Guastalla, seconde branche des Gonzague, ne se signalèrent pas moins. Après Don Ferrante, chef de cette branche, César son fils Note 290 · Note 204: (retour) Elle descendait de Jean-François, fils de Louis Ier., marquis de Mantoue. (Tiraboschi, ub. supr., p. 54.)Note 291 · Note 205: (retour) Id. ibid. p. 58.Note 292 · Une troisième branche des Gonzague, celle des ducs de Sabionette, ne doit pas être oubliée dans l'histoire des lettres 204 L'un d'eux, nomméNote 293 · Note 206: (retour) Il était petit-fils de Pirrhus de Gonzague, qui était frère de Louis Ier., père de Rodomont.Note 294 · Note 207: (retour) Voyez Tiraboschi, ub. supr., p. 59.Note 295 · Le cardinal Scipion de Gonzague appartient à cette branche 206. Ses premières études, qu'il fit à Padoue, furent toutes littéraires. Il fondNote 296 · Note 208: (retour) Gli Inganni.Note 297 · Note 209: (retour) Il Fidamante.Note 298 · Plusieurs autres Gonzague, ou de l'une ou de l'autre branche, s'illustrèrent encore dans les lettres: tel fut surtout un Curzio de Gonzague,Note 299 · Note 210: (retour) François-Marie de la Rovère, adopté par son oncle Guidabaldo de Montefeltro; Guidabaldo son fils, et François-Marie II soNote 300 · Note 211: (retour) Il les nomme tous dans sa vie, qu'il a écrite lui-même, et que l'on trouve imprimée, Nouveau Recueil de Calogerà, t. XXIXNote 301 · Note 212: (retour) En 1626; le duc avait près de quatre-vingts ans.Note 302 · Les trois la Rovère, ducs d'Urbin, qui se succédèrent pendant ce même siècle 210, quoique souvent troublés par des orages politiques, se monNote 303 · Note 213: (retour) Il mourut à Verceil en 1553.Note 304 · Note 214: (retour) 1559.Note 305 · Note 215: (retour) Istoria della Italia occidentale di M. Carlo Denina, t. III, l. X, c. 12.Note 306 · Note 216: (retour) Tiraboschi, ub. supr., p. 97.Note 307 · Note 217: (retour) Elle lui fut rendue en 1562; mais il paraît que l'université n'y revint qu'en 1564, et même en 1566. (Tiraboschi, loc. ciNote 308 · Note 218: (retour) Il mourut en 1580.Note 309 · Note 219: (retour) M. Denina, loc. cit.Note 310 · Enfin les ducs de Savoie, malgré les désastres qu'ils éprouvèrent, furent loin de se tenir étrangers à cette action. Charles III, chassé de Note 311 · Note 220: (retour) Voyez t. III de cet ouvrage, p. 537 et 542.Note 312 · Le plus grand et le plus noble de tous, celui de l'épopée, doit le premier attirer notre attention; d'abord à cause de son importance, ensuiNote 313 · Note 221: (retour) Gio. Bat. Giraldi Cinthio et Gio. Bat. Pigna. Ce dernier était disciple de l'autre. Leurs deux ouvrages parurent la même Note 314 · Note 222: (retour) Discorsi intorno al comporre de' Romanzi, etc. Vinegia, Giolito, 1554, in-4°.Note 315 · Note 223: (retour) Ρὠμη.Note 316 · Note 224: (retour) Ub. supr., p. 5.Note 317 · Note 225: (retour) Ibidem.Note 318 · Note 226: (retour) Id., p. 6.Note 319 · Note 227: (retour) De' Romanzi. Vinegia, Valgrisi, 1554, in-4°.Note 320 · Note 228: (retour) P. 12.Note 321 · Note 229: (retour) Ibidem.Note 322 · Note 230: (retour) Ibidem.Note 323 · Note 231: (retour) Ub. supr., p. 13.Note 324 · Note 232: (retour) P. 14.Note 325 · Nous ne ferons venir le nom de roman d'aucune des sources d'où le tirent les deux principaux auteurs italiens 221 qui ont écrit sur ce sujetNote 326 · Note 233: (retour) T. I, p. 247 et 248.Note 327 · Pour réduire à l'unité et rapprocher de la vérité toutes ces opinions divergentes, nous nous rappellerons ce qu'en parlant des Troubadours pNote 328 · Note 234: (retour) Dans sa lettre à Segrais sur l'Origine des Romans, ouvrage très-superficiel de ce très-savant homme.Note 329 · Note 235: (retour) Della Stor. et della rag. d'ogni poes., t. VI, l. II, Distinz. i.Note 330 · Il ne s'agit pas ici d'examiner avec notre savant Huet 234, tous les genres d'ouvrages anciens et modernes auxquels on peut donner ce titre,Note 331 · Note 236: (retour) Cité et réfuté par Huet, ub. supr., p. 70 et suiv.Note 332 · Note 237: (retour) En 712. Il y faut ajouter le temps nécessaire pour que les fictions des Arabes fussent adoptées par les Espagnols, et répNote 333 · Note 238: (retour) Thelesinus, vel Teliesinus Helius, Britannus vates, philosophus, poëta, rhetor et mathematicus insignis..... inter cœteroNote 334 · Note 239: (retour) Melchinus Avalonius... Britannicus vates, poëta, historicus et astronomus non contemnendus; in eo tamen reprehensione digNote 335 · Note 240: (retour) Ub. supr.Note 336 · L'opinion assez généralement répandue, et qui a été adoptée par le docte Saumaise 236 et par d'autres savants, est que l'invention de ces soNote 337 · Note 241: (retour) The History of english poetry, from the close of the eleventh to the commencement of the eighteenth century, etc., LondonNote 338 · Mais cette matière a été beaucoup plus approfondie par l'anglais Thomas Warton, dans son Histoire de la poésie anglaise 241. Il est d'autantNote 339 · Note 242: (retour) Dissertation on the Origin of Romantic fiction in Europe, en tête du vol. I de l'ouvrage ci-dessus.Note 340 · Note 243: (retour) British Museum, manuscrit Harl., 978, 107.Note 341 · Note 244: (retour) «La ressemblance entre les deux langues est encore telle, dit M. Warton (Dissertation citée), que lors de notre dernière Note 342 · Note 245: (retour) En Bretaigne un chevalier Pruz et curteis, hardi et fier.... .................................. Il tient son chemin tuNote 343 · Note 246: (retour) A la fin de plusieurs chants ou lais de ce même recueil, il est dit, ajoute M. Warton, que ce sont des poètes de BretagneNote 344 · Note 247: (retour) Warton, ub. supr., p. 7 et 7.Note 345 · Les fictions orientales apportées en Espagne par les Arabes, au huitième siècle, se répandirent promptement en France et en Italie. Selon noNote 346 · Note 248: (retour) Geoffroi était archidiacre de Monmouth; il fut ensuite fait évêque de St.-Asaph, au pays de Galles, en 1151. Quelques autNote 347 · Note 249: (retour) C'est là ce que dit M. Warton, ub. supr. Mais dans les deux éditions de Paris du livre de Geoffroy, dont je me suis serviNote 348 · Note 250: (retour) Voyez Hunibaldus Francus qui écrivit au sixième siècle une Histoire de France, commençant au siége de Troie, et finissantNote 349 · Note 251: (retour) Voyez ces raisons dans la dissertation ci-dessus de M. Warton, p. 9 et suiv. Il en résulte, contre l'opinion de cet auteuNote 350 · Mais voici un monument dont les Bretons paraîtraient avoir plus de droit de se vanter. Vers l'an 1100, Walter ou Gualter, savant archidiacreNote 351 · Note 252: (retour) Warton, ub. supr., p. ii et suiv.Note 352 · Note 253: (retour) Galfrid. Monemut. ub. supr., l. I, c. 9, fol. X, apud Warton, l. I, c. 16.Note 353 · Note 254: (retour) Il se nommait Corineus, Troyen comme Brutus, et donna son nom au pays de Cornouaille, Cornubia, comme Brutus celui de BriNote 354 · Note 255: (retour) Galfrid. Monem., ub. supr., l. VII, c. 5, fol. lxxxii, apud Warton, l. X, c. 3.Note 355 · Note 256: (retour) Hic namque ex barbis regum quos peremerat fecerat sibi pelles. (Loc. cit.)Note 356 · Note 257: (retour) Ibidem.Note 357 · Note 258: (retour) Tout ceci est un extrait abrégé de la dissertation de Warton conférée avec l'histoire de Geoffroy de Monmouth, passim.Note 358 · Or cette chronique ou cette histoire, qui paraît devoir contenir les idées originales des auteurs welches, gallois ou bretons, porte dans plNote 359 · Note 259: (retour) On trouve pourtant dans la même dissertation, p. 61, Taliessin, ancien poëte ou barde, qui est sûrement le même que le ThNote 360 · Voilà pour ce qui regarde le roi Arthur et sa Table ronde, l'une des deux sources les plus riches des romans de chevalerie; et, dans tout ceNote 361 · Note A: (retour) The Odes of Taliessin or Aneurin. (Loc. cit.)Note 362 · Note 260: (retour) Du mot latin palatini, parce qu'ils étaient, à Paris, logés dans le palais du roi. Furono detti paladini, dit le Pigna, pNote 363 · Note 261: (retour) J. Turpini Histor. de Vitâ Karoli magni et Rolandi.Note 364 · Note 262: (retour) Durenda interpretatur durus ictus, c. 22, éd. de Schardius. Le nom du géant est aussi significatif; Ferracutus, de ferrumNote 365 · L'autre source encore plus abondante est l'histoire, non moins fabuleuse, de Charlemagne et de ses douze paladins 260. Ici l'archevêque TurpNote 366 · Note 263: (retour) Voltaire a writer of much deeper research than is imagined, and the first, who has displayed the litterature and customs Note 367 · Note 264: (retour) Essai sur les Mœurs et l'Esprit des Nations, à la fin du ch. 15, t. II, p. 54; t. XVII des Œuvres complètes, édit. de KheNote 368 · L'opinion la plus commune aujourd'hui est que cette chronique fabuleuse fut écrite, long-temps après, par un moine, sous le nom de Turpin. VNote 369 · Note 265: (retour) Et qualiter Romœ imperator fuit, et dominicum sepulchrum adiit, et qualiter lignum dominicum secum attulit. (Ch. 20, fol.Note 370 · Note 266: (retour) Warton, ub. supr., p. 19 et 20.Note 371 · On pourrait même croire qu'elles ne furent écrites qu'après les croisades; le prétendu pélerinage de Charlemagne au saint sépulcre 265, et lNote 372 · Note 267: (retour) Arnoldi Oienharti notit. utriusque Vasconiæ, Paris, 1638, l. III, c. 3, p. 397. N.B. La traduction française de Turpin, qNote 373 · Fut-elle originairement écrite en latin, ou traduite dans cette langue après avoir été écrite en vieux français? Les avis sont partagés sur Note 374 · Note 268: (retour) Environ vingt-quatre ans avant J.-C. Dans cette opinion, M. Warton s'appuie de l'autorité des écrivains qui ont le mieux Note 375 · Note 269: (retour) Son nom était Sigge Fridulfson, ou fils de Fridulphe. Odin était le dieu suprême des Scythes; et Sigge prit ce nom, soit Note 376 · Note 270: (retour) Je dis modifié et non créé. M. Grâberg de Hemsô, dans son excellent ouvrage italien intitulé: Saggio Istorico sugli ScaldNote 377 · Il faut remonter jusqu'au temps où Mithridate, roi de Pont, obligé de fuir devant les Romains commandés par Pompée 268, se réfugia parmi lesNote 378 · Note 271: (retour) Edda, fable 9.Note 379 · Note 272: (retour) Introd., ch. 6, p. 93, note.Note 380 · Note 273: (retour) Ibid., ch. 7, p. 104.Note 381 · Note 274: (retour) Ibid., ch. 6, p. 98.Note 382 · Note 275: (retour) Ibid., ch. 9, à la fin.Note 383 · L'une des traditions, qui furent ainsi transportées dans le Nord, est celle de ces fées qui, sous le nom de Valkyries, président à la naissaNote 384 · Note 276: (retour) Warton, Dissert. I, p. 29; Mallet, introd., etc., ch. 13, p. 338.Note 385 · Note 277: (retour) Warton, ub. supr., p. 29 et 30.Note 386 · Parmi les arts que les Scythes ou les Goths d'Odin apportèrent aux Scandinaves, on doit surtout compter le talent poétique auquel ils se livNote 387 · Note 278: (retour) «Le mot skald ou skiald vient de suédo-gothique skalla ou skialdre, qui signifie résonner, sonner, retentir, etc.; comme Note 388 · Note 279: (retour) Warton, ub. supr., p. 33 et 34; Mallet, introd., loc. cit.Note 389 · De tous temps les Scandinaves avaient aussi cultivé la poésie; leurs Scaldes, qui étaient chez eux ce que les Bardes étaient chez les GauloiNote 390 · Note 280: (retour) Warton, ub. supr., p. 55, 56.Note 391 · Note 281: (retour) M. Grâberg (ub. supr., p. 104) place l'époque la plus florissante de l'art des Scaldes dans les trois siècles qui s'écoulNote 392 · Note 282: (retour) Warton, loc. cit., p. 60, note.Note 393 · Il s'en fit de semblables dans les Gaules. Les Scandinaves avaient conquis, dès le quatrième siècle, des pays voisins de celui des Francs. VNote 394 · Note 283: (retour) On appelle runique la poésie scandinave, écrite en runes ou caractères runiques. «On ne peut douter, dit Court de GebelinNote 395 · Note 284: (retour) Warton, ub. supr., p. 59, 60.Note 396 · Cette circulation presque générale des inventions poétiques des Scaldes, et la popularité qu'il est naturel de supposer qu'elles durent acquNote 397 · Note 285: (retour) Warton, ub. supr., p. 65; Mallet, introd., etc., ch. 12, p. 273.Note 398 · Note 286: (retour) Voyez ce qu'il dit de la prophétesse Velleda, Hist., l. IV, et des femmes en général, de Morib. German.Note 399 · Note 287: (retour) Dion parle de la vierge Ganna, prophétesse des Maréomans, l. LXVII. Voyez aussi Strabon, Géogr., l. VIII, où il parle desNote 400 · Aucun trait ne distingue plus fortement les mœurs des Grecs et des Romains de celles des modernes, que le peu d'attention et d'égards que leNote 401 · Note 288: (retour) In those strong and exaggerated ideas of female chastity (Warton, ub. supr., p. 67.)Note 402 · Cette déférence et ces égards, sources de l'esprit de galanterie, se faisaient principalement remarquer dans la force, et, si l'on peut parlNote 403 · Note 289: (retour) Id. ibid., p. 71.Note 404 · Chez eux cependant, la chevalerie n'existait encore que dans ses éléments. Ce fut sous le régime féodal, qui s'établit peu de temps après enNote 405 · Note 290: (retour) Flammam inter et hostes Expedior, dant tela locum, flammæque recedunt. (Æneid, t I. II, v. 32.)Note 406 · Note 291: (retour) At Messapus equûm domitor, Neptunia proles, Quem neque fas igni cuiquam nec sternere ferro. (Ibid., l. VII, v. 691.)Note 407 · On pourrait dire aussi que la plupart de ces inventions n'a nullement besoin d'une origine septentrionale, et que nous nous donnons bien de Note 408 · Note 292: (retour) Ce n'est pas, certes, que les Anglais eussent conquis ces provinces; ils avaient la Normandie parce que, tout au contrairNote 409 · Note 293: (retour) Luces du Gast, Gasse-le-Blond, Gautier Map, Robert de Boron, Hélis de Boron, et Rusticien de Pise ou de Puise. Ce dernierNote 410 · Henri II, roi d'Angleterre, qui régna depuis 1154 jusqu'en 1189, était en même temps duc de Normandie et maître de plusieurs autres provinceNote 411 · Note 294: (retour) Voyez Notices et extraits des manuscrits de la bibliothèque impériale, etc. t. V, p. 21 et suiv,, la notice du roman de RNote 412 · Note 295: (retour) Dans le prologue d'un de ses romans ( Cligès ou Cliget ), on voit qu'il avait traduit d'Ovide, outre ce poëme de l' Art dNote 413 · Note 296: (retour) Voyez dans la note précédente le cinquième vers de la citation.Note 414 · Note 297: (retour) Ce roman fut terminé par Godefroy de Leigny ou de Ligny.Note 415 · Note 298: (retour) C'est ainsi qu'il tira le roman de Perceval le Gallois, d'une partie du grand roman de Tristan de Léonnois, dont il avaitNote 416 · Quelques poëtes florissaient alors en France, Robert Wace, Chrestien de Troyes, et plusieurs autres. Wace était plutôt un historien, ou chroNote 417 · Note B: (retour) Fable de Pélops, dont l'épaule seule fut mangée.Note 418 · Note C: (retour) Roman de Tristan, neveu du roi Marc et d'Yseult, femme de roi de Cornouailles.Note 419 · Note D: (retour) Fable de Térée et de Philomèle.Note 420 · Note E: (retour) Fable de Térée et de Philomèle.Note 421 · Note 299: (retour) Il écrivit sous Philippe-Auguste, qui régna jusqu'en 1223; il ne fut pas le seul qui traduisit, comme une histoire, la chNote 422 · Note 300: (retour) Adenès, surnommé le Roi, soit parce qu'il était roi d'armes du duc de Brabant, soit plutôt parce qu'il avait été couronnéNote 423 · Note 301: (retour) De 1270 à 1285.Note 424 · Note 302: (retour) On en trouve l'extrait, Bibliothèque des Romans, premier volume d'octobre 1777, d'après un manuscrit qui nous est inconnuNote 425 · Note 303: (retour) Sous le règne de Louis IX.Note 426 · Du moment où, pour la première fois, ils avaient été traduits du latin, c'est-à-dire, dès le douzième siècle, la fable du roi Artus, de la TNote 427 · Note 304: (retour) Pepin de Landen, ou Pepin-le-Vieux, qui avait été donné par Clotaire II pour gouverneur à son fils Dagobert I.Note 428 · Note 305: (retour) La première édition de ce roman, qui est fort belle, porte, à la fin, la date de Modène, 1491, in fol.; la seconde est deNote 429 · Note 306: (retour) Cette descendance des deux branches de la race prétendue de Constantin, et les exploits et aventures de chacun de ces hérNote 430 · C'est de Charlemagne surtout qu'on peut dire que celui de l'histoire et celui des romans, sont deux différents Charlemagne. L'histoire le faNote 431 · Note 307: (retour) Elles occupent les dix-sept premiers chapitres du sixième et dernier livre.Note 432 · Note 308: (retour) Pepin mourut en 768; Sergius était mort en 701.Note 433 · Note 309: (retour) Reali di Fr., l. VI, c. 18.Note 434 · La naissance romanesque de Charlemagne et les aventures de sa mère Berthe-au-Grand-Pied, tiennent une bonne place dans ce vieux livre des ReNote 435 · Note 310: (retour) Cette partie de l'action s'étend jusqu'au ch. 51 de ce 6e. livre.Note 436 · Cependant il s'est offert des occasions brillantes où l'époux de Galérane s'est couvert de gloire. Un roi d'Afrique a déclaré la guerre à GaNote 437 · Note 311: (retour) Voyez ci-dessus, p. 167.Note 438 · La naissance et les premières aventures de Roland ne sont pas moins merveilleuses dans ce roman italien, tiré sans doute de nos plus vieux rNote 439 · Note 312: (retour) A huit lieues de Rome.Note 440 · Note 313: (retour) La prima volta, dit-il à Berthe, che io la vidi, si lo vidi io che il rotolava, et in Franzoso è a dire rotatare roorlareNote 441 · Le duc Naime, ayant inutilement assayé d'obtenir leur grâce, délivre, pendant la nuit, Milon de sa prison, Berthe de sa tour, les emmène cheNote 442 · Note 314: (retour) Ibidem, c. 55 et 56. A la fin du chapitre suivant, l'auteur annonce le retour d'Agolant en Afrique, et son passage prochaNote 443 · Milon n'eut pendant cinq ans, pour subsister dans cette grotte, lui, sa femme et son fils, que les aumônes qu'on lui faisait et qu'il allaitNote 444 · Note 315: (retour) Orlando dal quartiere, ub. supr., c. 60.Note 445 · Cependant le petit Roland son fils, resté dans cette grotte, près de Sutri, avec sa mère, grandissait, et donnait à la malheureuse Berthe deNote 446 · Note 316: (retour) Ibid., c. 66.Note 447 · Note 317: (retour) L'auteur du roman espagnol dont nous avons parlé ci-dessus, donne ici carrière à son imagination. Il n'a point fait voyagNote 448 · Peu de temps après, Charlemagne alla se faire couronner à Rome empereur d'Occident. A son retour, il passa quelques jours à Sutri. Il y mangNote 449 · Note 318: (retour) Reali di Franza, l. VI, c. 70.Note 450 · De retour à Paris, il rendit à son neveu les terres et les seigneuries de Milon, dont il s'était emparé, et lui donna les titres de comte d'Note 451 · Note 319: (retour) Les quatre fils Aymon, Renaud de Montauban, la Conquête de Trébizonde par Renaud, Maugis d'Aigremont, etc.Note 452 · A l'égard de Renaud de Montauban, cousin du comte d'Anglante, et neveu de l'empereur au même degré que lui, les Reali di Francia ne disent rNote 453 · Note 320: (retour) Buovo d'Antona, canti XXII, in ottava rima, Venezia, 1489; souvent réimprimé depuis, et avec cet autre titre: Buovo d'AntNote 454 · L'action du plus ancien de ces romans épiques qui nous soit resté est antérieure au règne de Charlemagne. Le héros est ce Beuves d'Antone, dNote 455 · Note 321: (retour) Chants I et II.Note 456 · Brandonie, mère de Beuves, fait assassiner Guidon son mari, duc d'Antone, par Dudon de Mayence, qu'elle épouse, et qu'elle rend ainsi maîtreNote 457 · Note 322: (retour) Il l'avait blessé dans un combat. Il se déguise en médecin, est introduit auprès du malade, se fait connaître quand il esNote 458 · Note 323: (retour) Buova d'Ant., c. XII, st. 20.Note 459 · Enfin, après un long trajet, Beuves rencontre Thierry et sa troupe, qui lui étaient restés fidèles, revient à Antone, parvient à en chasser Note 460 · Note 324: (retour) E poi monte a cavallo humil e pio, Ed una croce in mon hebbe pigliato Inverso Buovo ch' un diavolo reo Crede che sia, Note 461 · Note 325: (retour) Buovo congiura dicendo il prefatio. (st. 12.)Note 462 · Dudon se réfugie auprès du roi Pepin, qui lui donne asyle. Beuves poursuit les Mayençais, en tue un grand nombre, fait pendre tous ceux qu'iNote 463 · Note 326: (retour) Reali di Franza, l. III, c. 17.Note 464 · Note 327: (retour) Dans le quatrième des cinque canti de l'Arioste, qui font suite au Roland furieux, Astolphe racontant ce qui lui est arriNote 465 · Note 328: (retour) L. I, c. 55.Note 466 · On voit que ce ne sont pas les atrocités qui manquent dans l'action de ce poëme, surtout dans la première partie. Cette famille des ducs d'ANote 467 · Note 329: (retour) On pourrait croire qu'il le fut d'après notre ancien roman en prose du chevalier Beuves de Anthone et de la belle JosiennNote 468 · C'est donc entre le temps du Dante et celui de Jean Villani, c'est-à-dire dans la première moitié du quatorzième siècle, que le poëme intituNote 469 · Note 330: (retour) Atante et aitante pour gagliardo, palmiere pour peregrino, robesta ou rubesta pour infierisce, et certaines terminaisons Note 470 · Note 331: (retour) O Giesù Christo che per il peccato Il qual fece Eva prima nostra madre, In sulla croce fusti conficato; etc. (st. 1.) Note 471 · Note 332: (retour) Hormai, signori, quivi harò lasciato; Andate a bere, ch'io son assetato.Note 472 · Note 333: (retour) Signori, vi lasciai ne l'altro canto Si come a Buovo disse Drusiana, etc. (c. III.) Io vi la lasciai ne l'altro mio caNote 473 · Note 334: (retour) L'auteur paraît quelquefois confondre le père et le fils, comme dans ce début du chant XIV: Eterno padre, ch'il mondo creNote 474 · L'auteur en est inconnu. On voit seulement à plusieurs locutions du dialecte florentin de ce temps-là 330, qu'il était de Florence, ou au moNote 475 · Note 335: (retour) Son titre entier est dans les plus anciennes éditions Questa si è la Spagna historiata. Incumincia il libro volgare dictoNote 476 · Ce poëme est à peu près le seul dont l'action remonte au-delà du règne du Charlemagne. Cet empereur et ses douze pairs font le sujet de presNote 477 · Note 336: (retour) Canto I.Note 478 · La cause de l'expédition n'est pas la même dans le poëme que dans la chronique. Dans celle-ci, l'apôtre saint Jacques apparaît à CharlemagneNote 479 · Note 337: (retour) Che'l migliore che sia e più possente S'egli il batesse, non deve dir niente. (La Spagna, cant. XIV.)Note 480 · La conduite et les principaux événements de la guerre sont à peu près les mêmes dans le poëme et dans la chronique. Le poëte a seulement couNote 481 · Note 338: (retour) Cant. XX.Note 482 · Note 339: (retour) Fece un cerchio e poscia gittò le carte. (Ibid.)Note 483 · Note 340: (retour) Cant. XXI.Note 484 · Note 341: (retour) Ma come volse il padre celestiale Lo imperatore non si fece mate. (c. XXII.)Note 485 · Voilà le premier épisode, voici le second: Roland, de retour en Espagne, inspire à l'empereur des craintes sur l'état où il a laissé son royNote 486 · Note 342: (retour) E pure mi conosce una fiera, E non tu che sei mià vera mogliera. Io son Carlo figlinol del re Pipino, Imperator di RomNote 487 · Charles, déguisé en pélerin, va dans les cuisines du palais, demande à manger, se fait une querelle avec les cuisiniers, les rosse avec son Note 488 · Note 343: (retour) Cant. XXIII.Note 489 · Note 344: (retour) Cant. XXV et XXVI.Note 490 · Cependant l'heure de la cérémonie du mariage approchait; elle arrive, et c'est au milieu même de cette cérémonie que Charlemagne, aidé d'un Note 491 · Note 345: (retour) Cant. XXIX et XXX.Note 492 · Il restait encore deux rois sarrazins à soumettre. Marsile était le plus puissant; il pouvait prolonger la guerre; Charles se détermine à luNote 493 · Note 346: (retour) Chron., chap. 16; la Spagna, chap. IV et V.Note 494 · Note 347: (retour) Ce double aveu n'est que dans la Spagna; dans la Chronique, loc. cit., Ferragus avoue seul son endroit faible. Vulnerari,Note 495 · Note 348: (retour) Cant. V.Note 496 · Note 349: (retour) Cant. VI.Note 497 · Note 350: (retour) Gierusalem. liber. i. cant. XII.Note 498 · Il y a dans ce poëme une autre scène qui, malgré le mauvais style de l'auteur, ne laisse pas de faire impression. Elle est encore prise de lNote 499 · Note 351: (retour) On va dans la forêt abattre le bois nécessaire pour la construction de cette machine; les troupes allemandes sont chargéeNote 500 · Note 352: (retour) Cant. II.Note 501 · Ce trait d'imitation ne semblerait pas seul prouver que l'auteur de la Jérusalem délivrée n'avait pas dédaigné de jeter les yeux sur ce poëmNote 502 · Note 353: (retour) La Spagna, passim.Note 503 · Note 354: (retour) Signori, io vo finir questo cantare, Ed ire a bere e rinfrescarmi alquanto;, E se voi siele stanchi d'ascoltare,, Voi Note 504 · Note 355: (retour) Or lasciamo Astolfo armato al ballo, E nell' altro cantar, senza più resta,, Vi conterò come lui fu abbattuto., «CristNote 505 · Note 356: (retour) Signori, io dissi nell' altro cantare, Si come y due baron, etc., (c. V.) . . . . . . . . . . . . . . . . . . SignoriNote 506 · Ce n'est pas non plus sans surprise qu'on reconnaît dans ce détestable poëme des imitations évidentes d'Homère. Celle que nous avons déjà obNote 507 · Note 357: (retour) A voi signor' ho rimato tutto questa, Sostegno di Zinabi da Fiorenza. (C. XL., stanz. ult.)Note 508 · Note 358 (retour) Stor. e ragion. d'ogni poësia, t. VI, p. 548.Note 509 · Ces vers constatent mieux que ne le pourraient faire de longues dissertations cette mendicité poétique. En ne rougissant point d'en faire meNote 510 · Note 359: (retour) La Regina Ancroya, nella quale si vede bellissime istorie d'arme di amore, diverse giostre e torniamenti, e grandissimi fNote 511 · Quand on veut parler en Italie des premiers et informes essais de la poésie épique, qu'il est impossible de lire aujourd'hui, on joint ordinNote 512 · Note 360: (retour) Cela n'est pas tout-à-fait ainsi. C'est le jeune homme qui veut absolument faire ce voyage; sa mère ne fait qu'y consentiNote 513 · Guidon-le-Sauvage, fils naturel de Renaud, en est un des principaux personnages, et c'est par lui que commence le poëme. Renaud de MontaubanNote 514 · Note 361: (retour) Lo Strano.Note 515 · Note 362: (retour) Cant. IV.Note 516 · Le jeune guerrier, sous le simple nom de l'Étranger 361, arrive au camp de Charlemagne, et défie tous ses chevaliers. Il les renverse l'un aNote 517 · Note 363: (retour) Cant. XXX.Note 518 · L'Empereur était alors en guerre, comme il l'est dans tous ces poëmes, et la France attaquée par une armée de Sarrazins: la reine Ancroja, sNote 519 · Note 364: (retour) Fra la nostra lege mai non s'ode dire Che mai nessuna senza homo a lato Potesse per nessun caso partorire Se prima de Note 520 · Note 365: (retour) Si come el vetro non se rompe o spezza El fiore non perde l'alimento e frutto, Così ful corpo suo de tanta altezza, ChNote 521 · Note 366: (retour) Ce singulier Catéchisme est imité du chap. 16 de la Chronique de Turpin, dans lequel Roland, prêt à tuer Ferragus, le catNote 522 · Deux fois il est près de la vaincre, et lui propose de se faire chrétienne et de renoncer à Mahomet. La reine lui fait des objections et desNote 523 · Note 367: (retour) Cant. XXVIII, st. 36.Note 524 · Par exemple, la reine Ancroja devient amoureuse de Guidon-le-Sauvage. Elle a fait prisonniers la plupart des paladins français; elle lui proNote 525 · Note 368: (retour) Voyez première partie de cette His. littér., t. III, p. 532 et suiv.Note 526 · Depuis la Théséide et le Philostrate de Boccace, on peut dire qu'il n'avait été fait d'autres essais de poëmes épiques dont les esprits cultNote 527 · Note 369: (retour) Onore e gloria di Monte Pulciano Che mi dette d'Arnaldo et d'Alcuino Notizia, e lume del mio Carlo mano. (Morg. Mag., Note 528 · Note 370: (retour) Voy. Teofilo Folingo, dans son Orlandino, cant. 1, st. 21; le Crescimbeni, vol. II, part. II, l. III, n°. 38, des CommentNote 529 · C'est ce qui engagea sans doute Laurent de Médicis, et même, dit-on, la sage Lucrèce Tornabuoni, sa mère, à donner à Louis Pulci pour sujet Note 530 · Note 371: (retour) E del mio Carlo imperador m'increbbe. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . È stata questa istoria, a quel ch' i' vegNote 531 · Une autre source plus connue, et que personne n'avait besoin d'indiquer au Pulci, c'était la Chronique faussement, mais alors généralement aNote 532 · Note 372: (retour) Préface de la Pucelle.Note 533 · Note 373: (retour) O somino Giove per noi crocifisso. (C. II, st. 1.)Note 534 · Le Pulci n'avait aucune raison de se conformer à ce double usage, surtout au premier. Ce n'était point pour le peuple de Florence qu'il chanNote 535 · Souverain Jupiter pour nous crucifié 373,Note 536 · Note 374: (retour) Voyez ci-dessus, t. 3, p. 537.Note 537 · Note 375: (retour) Gravina, della ragion poet., l. II, nº. 19.Note 538 · Je dirai plus: ces poëtes de carrefours sont très-souvent ridicules, mais ils ne sont jamais plaisants. C'est le plus sérieusement du monde Note 539 · Note 376: (retour) Il était né en 1432, ou vers la fin de 1431, et mourut, dit-on, en 1487. Son poëme ne fut imprimé qu'après sa mort.Note 540 · Note 377: (retour) Delle quali (cose divine) così sacrilegamente si abusa che invece di riso muove indignazione ed errore, etc. (Della RagioNote 541 · Note 378: (retour) Stor. della volgar poesia, vol. II, part. II, l. III, nº. 38, de Commentarj.Note 542 · Or, n'est-il pas tout-à-fait extraordinaire que dans un siècle déjà éclairé, et pour plaire à une société supérieure à son siècle, un homme Note 543 · Note 379: (retour) Ma siam deliberati Da un fanciul non esser governati. (St. 12.)Note 544 · Morgante maggiore, ou Morgant le grand, dont le nom fait le titre du poëme, est un géant que Roland a converti, qui lui sert de second, et mNote 545 · Note 380: (retour) Cant. I, st. 25.Note 546 · Ce sont ces plaintes qui engagent l'action du poëme. Roland les entend; il tire son épée; il veut tuer Ganelon et l'empereur lui-même. OliviNote 547 · Note 381: (retour) C. I, st. 49 et suiv.Note 548 · Roland trouve qu'il est digne de lui de délivrer le pays et les bons moines de ces tyrans. Il tue le premier, nommé Passamont, et le second Note 549 · Note 382: (retour) Tanto che'l can sen doleva e'l gatto Che gli ossi rimanean troppo puliti. Ibid., st. 66 et 67.Note 550 · Roland et son géant restèrent là quelque temps, menant bonne vie et faisant bonne chère. Morgant se rendait utile dans la maison. Un jour quNote 551 · Note 383: (retour) Lasciamo Orlando star col Saracino E ritorniamo in Francia a Carlo mano. (Cant. III, st. 20.)Note 552 · Cependant Roland s'ennuie de son oisiveté. Il quitte l'abbaye, pour aller chercher les combats. Avant de partir, il apprend de l'abbé lui-mêNote 553 · Note 384: (retour) Cant. IV, st. 7 et suiv. Ceci paraît être pris littéralement de l'un des romans de Chrestien de Troyes, poëte français duNote 554 · S'étant reposé quelques jours dans l'abbaye, ils la quittent et se remettent sur les traces de Roland. Renaud rencontre un serpent monstrueuNote 555 · Note F: (retour) Sa face, ciera.Note 556 · Note G: (retour) Se leva, se tint debout, stetit.Note 557 · Note 385: (retour) Cant. VIII, st. 9 et suiv.Note 558 · Les paladins réunis à cette cour sont fêtés comme des libérateurs. Méridienne était devenue amoureuse d'Olivier. Elle ne peut plus se contraNote 559 · Note 386: (retour) Cant. VIII, st. 10.Note 560 · Note 387: (retour) E dopo a questo vennono alla Cresima Tanto che in fine e' ruppon la quaresima. (Ibid., st. 11.)Note 561 · «Olivier lui parla de la Trinité, et lui dit comment elle est à la fois une seule substance et trois personnes, et leur puissance, et leur dNote 562 · Tant qu'à la fin ils rompent le carême 387:Note 563 · Note 388: (retour) Ibid., st. 14.Note 564 · Pendant que cela se passe chez les Sarrazins d'Afrique et d'Espagne 388, le traître Ganelon appelle du Danemarck en France un autre roi sarrNote 565 · Note 389: (retour) C. IX et X.Note 566 · Roland, Renaud et leurs compagnons avaient enfin quitté la cour de Carador. Pour revenir en France, ils avaient pris par le Danemarck; il neNote 567 · Note 390: (retour) C. X, st. 112 à 119.Note 568 · Quelque temps après, ce roi sarrazin voit de ses yeux un fort joli miracle qui le convertit. Roland et Renaud, trompés par une ruse de MaugiNote 569 · Note 391: (retour) C. XI.Note 570 · Le traître Mayençais ne voit pas plutôt une de ses trames rompue, qu'il en ourdit une autre. Il fait si bien que Renaud se brouille encore aNote 571 · Note 392: (retour) C. XII.Note 572 · Le Mayençais a encore l'adresse de retourner en sa faveur l'esprit de Charles, qui joue toujours le rôle d'un prince crédule et à peu près iNote 573 · Note 393: (retour) C. XII, st. 65 et 66.Note 574 · Note 394: (retour) Voyez ci-dessus, p. 196.Note 575 · Note 395: (retour) Dans la Jérusalem délivrée. Voyez ibid.Note 576 · Roland avait été si outré du procédé de Charlemagne envers le jeune Richardet, dont il n'avait pu obtenir la grâce, qu'il s'était exilé de lNote 577 · Note 396: (retour) Préface de la Pucelle.Note 578 · Note 397: (retour) Ma sopra tutto nel buon vino ho fede, E credo che sia salvo chi gli crede. E credo nella torta e nel tortello, L'una èNote 579 · Morgant était resté en France; il est inutile de dire pourquoi. C'est alors qu'il rencontre cet autre géant nommé Margutte, dont Voltaire a Note 580 · Note 398: (retour) Ibid., st. 117 à 142.Note 581 · Note 399: (retour) Allor le risa Margutte radoppia E finalmente per la pena scoppia. (Ibid., st. 148.)Note 582 · Margutte se vante très-prolixement de ses vices 398. Il n'en oublie aucun; il les a tous; il a fait ses preuves, et est prêt à les recommencNote 583 · Note 400: (retour) C. XX, st. 20 et 21.Note 584 · Morgant trouve Roland occupé du siége de Babylone. Il lui est d'un grand secours, et décide la victoire. Il abat, lui seul, une tour qui défNote 585 · Note 401: (retour) C. XXV, st. 52 et suiv.Note 586 · Note 402: (retour) Ibid., st. 53.Note 587 · La scène dans laquelle il représente Ganelon faisant son traité avec Marsile prouve qu'il l'était lors même qu'il ne s'élevait pas au style Note 588 · Note 403: (retour) Un angel poi dal ciel m'ha mostro Arnaldo Che certo uno autor degno mi pare, etc. (C. XXV, st. 115.)Note 589 · Note 404: (retour) E so che andar diritto mi bisogna Ch' io non ci mescolassi una bugia, etc. (St. 116.)Note 590 · Note 405: (retour) Ibid., st. 117.Note 591 · Dans les romans que le Pulci prenait pour guides, Renaud n'avait aucune part ni à la bataille de Roncevaux ni à ses suites. Renaud était encNote 592 · Note 406: (retour) Ibid., st. 135.Note 593 · Note 407: (retour) Colui che tutto fè sa il tutto solo, E non sa ogni cosa il suo figliuolo. (St. 136.)Note 594 · Note 408: (retour) Disse Astarotte: tu non hai ben letto La Bibbia, e par mi con essa poco uso; Che interrogato del gran dì il figliuolo Note 595 · Avant qu'Astaroth le quitte pour exécuter ses ordres, Maugis lui demande s'il prévoit ce qui doit arriver de toute cette affaire. Le Diable Note 596 · Note 409: (retour) St. 148 à 160.Note 597 · Il entre ensuite dans de longues explications sur la Trinité, sur l'essence et la substance des trois personnes. «Encore une fois, le Père qNote 598 · Note 410: (retour) St. 229, 230 et 231.Note 599 · Mais voici ce qui, dans un autre genre, doit paraître encore plus singulier que ce traité de théologie orthodoxe mis dans la bouche du DiablNote 600 · Note 411: (retour) Dunque sarebbe partigiano stato In questa parte il vostro Redentore, Che Adam per voi quassù fosse formato E crucifissNote 601 · Astaroth est, comme on le voit, un géographe et un astronome très-avancé pour son siècle, mais sa grande passion est la théologie. Renaud esNote 602 · Note 412: (retour) Nel Morgante, Rinaldo portato per incanto va in un giorno da Egitto in Roncisvalle a cavallo. E cito il Morgante perchè qNote 603 · Note 413: (retour) C. XXV, st. 211 à 232.Note 604 · Toutes ces digressions théologiques, ainsi que les passages relatifs à la forme du globe terrestre, à la navigation et aux Antipodes, ont faNote 605 · Note 414: (retour) Ch' era già presso all' ultime sue ore, E da due lance avea passato il petto; E disse: or non son io più traditore; E Note 606 · Voici un exemple des traits touchants qu'il y a semés. Le jeune Baudouin de Mayence, fils vertueux du traître Ganelon, combat avec les paladNote 607 · Note 415: (retour) C. XXVI, st. 90.Note 608 · Note 416: (retour) Sicchè la barba gli sudava e'l pelo. (St. 91.)Note 609 · Une des scènes comiques où l'on reconnaît le penchant habituel de l'auteur et l'esprit de son siècle, est celle dont les deux diables qui avNote 610 · Note 417: (retour) Disse Turpino: e' basta un Pater nostro E dir sol miserere, o vuoi peccavi; Ed io t'assolvo per l'officio nostro Del gNote 611 · La mort de Roland contraste avec ces bouffonneries de mauvais goût. Si l'on en excepte quelques traits, elle est racontée avec autant d'intéNote 612 · Note 418: (retour) St. 121 à 130.Note 613 · Note 419: (retour) St. 153.Note 614 · Il n'en est pas ainsi de la prière de Roland et de sa mort. La prière est un peu longue 418; mais elle est simple et ne manque ni de vérité Note 615 · Note 420: (retour) C. XXVIII.Note 616 · Cependant Charlemagne, arrivé à Saint-Jean-Pied-de-Port, est instruit de la perte de son avant-garde et de la trahison de Ganelon son favoriNote 617 · Note 421: (retour) Ed io par commedia pensato avea Iscriver del mio Carlo finalmente, Ed Alcuin così mi promettea; Ma la battaglia crudelNote 618 · Il s'en plaint lui-même, avec son originalité ordinaire, dans le début de ce 27e. chant. «Comment, dit-il, puis-je encore rimer et chanter dNote 619 · Note 422: (retour) Sous la date de Florence, 1732, in-4º.Note 620 · Cette dernière citation suffirait pour faire voir dans quelle classe il faut définitivement ranger ce poëme du Morgante; il est assez peu luNote 621 · Note 423: (retour) Ha il Pulci (benchè à qualche buona gente si faccia credere per serio) voluto ridurre in beffa tutte l'invenzioni romanzeNote 622 · Note 424: (retour) Ibid., p. 109.Note 623 · Il est donc certain que l'intention du Pulci fut de faire un poëme comique; il ne l'est pas moins qu'à quelques endroits près, il fut très-fNote 624 · Note 425: (retour) Il se nommait Francesco Bello, mais on ne le connaît que sous le nom de Francesco Cieco da Ferrara.Note 625 · Quelque temps après que le Pulci eut amusé, par les folies de son Morgante maggiore, les Médicis, déjà maîtres, quoique simples citoyens de Note 626 · Note 426: (retour) Le titre entier est: Libra d'arme e d'amore nomato Mambriano, composto per Francisco Cieco da Ferrara. Il fut imprimé queNote 627 · Son poëme, intitulé Mambriano 426, beaucoup moins connu que le Morgante, mérite cependant de l'être. Il ne peut servir autant à l'étude de lNote 628 · Note 427: (retour) On y voit Cyrus, Alexandre, César et Pompée, et ensuite Lancelot-du-Lac avec la belle Genèvre, et tous les chevaliers de Note 629 · Note 428: (retour) Ma se Rinaldo, un tanto cavaliero I cui fatti nel mondo furno immensi Non potea rafrenar col divo impero De la ragion,Note 630 · Cependant Renaud est resté maître de Carandine et de son île. Il s'oublie dans les délices de l'amour et de la bonne chère. Pendant les repaNote 631 · Note 429: (retour) Le Renard et le Coq, c. IX, st. 20; le Renard tombé dans un puits, ibid., st. 73; les Bœufs et leur ombre dans l'eau, c. Note 632 · Note 430: (retour) Cant. III, st. 62 et 63.Note 633 · Mambrien ne perd pas ainsi son temps; mais il a bien de la peine à rassembler les secours qu'il s'était promis. La lenteur de ses amis le faNote 634 · Note 431: (retour) C. VIII, st. 7 et 8.Note 635 · Note 432: (retour) C. VII, st. 36 à 66.Note 636 · Mais un des esprits retenus par les enchantements de Carandine s'était échappé vers Montauban, avait instruit Maugis du séjour de Renaud cheNote 637 · Note 433: (retour) Onde poi hebbe una alta visione Ne la qual gli parea esser citato Dinanzi a Christo a dire la sua ragione; Che Pluto dNote 638 · Cependant Roland et Astolphe, toujours renfermés dans leur caverne, y étaient gardés par une troupe de mille Sarrazins. Roland, qui était trNote 639 · Note 434: (retour) Le Bouffon raconte qu'il était fort amoureux de sa femme, qui l'était aussi de lui; mais il veut la mettre à l'épreuve poNote 640 · Roland saisit cette occasion pour convertir la magicienne Fulvie. Il la marie ensuite avec un Sarrazin qu'il a converti comme elle. Tout celNote 641 · Note 435: (retour) C. XV.Note 642 · Un des deux ambassadeurs qu'il envoie est Pinamont, empereur de Trébizonde. C'est un vieillard qui, malgré son grand âge, est amoureux fou dNote 643 · Note 436: (retour) Rinaldo alhor scopiava da le risa Mirando quel giupon fatto a l'antica, Di sotto ai qual pendea la camisa Che gli coprNote 644 · Ce n'est pas la seule comédie que ce burlesque empereur donne à ses dépens. Il a de grandes prétentions à la danse, et veut absolument, avanNote 645 · Note 437: (retour) Che simil titol du Turpin gli è dato, Scrittor famoso, il qual non scriveria Per tutto l'or del mondo una menzogna; E Note 646 · Roland, après avoir mis à fin de grandes aventures en Afrique, repasse en Espagne, et de là en France. Renaud y revient de son côté. L'intriNote 647 · Note 438: (retour) C. VIII, st. 34, 35.Note 648 · Note 439: (retour) Turpin volendo poi tal question solvere Scrisse che colui s'era fatto in polvere. (St. 36.) Ma poi ch'el non è articulNote 649 · Ce sont là les derniers mots de son poëme; et il n'a pas attendu la fin pour parler sur ce ton de la prétendue chronique, d'où il feint de tNote 650 · Note 440: (retour) O Clio, se mai benigna ti mostrati In alcun tempo, dimostrati adesso; Fortifica il mio stil tanto che basti E fa ch' ENote 651 · Note 441: (retour) O sacro Apollo, tempra la mia cetra Che possa raccontar le magne prove, etc.Note 652 · Note 442: (retour) C. V.Note 653 · Note 443: (retour) C. XV.Note 654 · Note 444: (retour) C. VII.Note 655 · Note 445: (retour) C. X et XI.Note 656 · Note 446: (retour) C. VIII.Note 657 · Note 447: (retour) C. IX.Note 658 · Note 448: (retour) Svegliati ingegno mio, comincia hormai L'opera tua, che'l Gonzagesco sole Si rapresenta a te più bel che mai. SforzatiNote 659 · L'invocation de son premier chant est adressée à Clio, qu'il prie d'amener avec elle Euterpe et Polymnie 440; celle du second l'est à ApolloNote 660 · Note 449: (retour) C. XVIII.Note 661 · Note 450: (retour) O incomprensibil Dio, bontà ineffabile, Trino in persone e unico in essentia, Principio e fin d'ogni cosa mutabile, etcNote 662 · Note 451: (retour) Non più riposo, o dolce mia Camena, etc.Note 663 · Note 452: (retour) Habbi patienza, o senator romano; Poscia che sei fra tenebre sommerso Ricordati che lume non è meco E ch' io convegno Note 664 · La description du printemps en commence plusieurs, et ferait croire que c'était dans cette saison que la veine poétique de l'auteur se rouvrNote 665 · Note 453: (retour) Dirò di tal che Dio sa se'l fu mai. (St. 2.)Note 666 · Le début du vingt-quatrième chant est le plus remarquable. «L'astre des saisons avait ramené le printemps; Mars, voyant la campagne ornée deNote 667 · Note 454: (retour) C. XXVII.Note 668 · Note 455: (retour) C. XXXI.Note 669 · Mais on reconnaît aussi le poëte dans la manière dont il les exprime. Tantôt il invoque l'étoile polaire, pour qu'elle vienne guider son frêNote 670 · Note 456: (retour) C. XXXII.Note 671 · Note 457: (retour) C. XXXIV.Note 672 · Note 458: (retour) C. XXXV.Note 673 · Note 459: (retour) C. XXXVI.Note 674 · Note 460: (retour) C. XXXVII.Note 675 · Note 461: (retour) In modo che talor compono e scrivo E non discerno s'io son morto o vivo. (C. XXXVIII, st. 3.)Note 676 · Note 462: (retour) C. XLV.Note 677 · Cette galanterie est adressée à Charles VIII; mais dès le chant suivant, ce n'est plus que le brouillard gallican qui est descendu des montaNote 678 · Note 463: (retour) Charles VIII fit son expédition en 1494 et 1495. Il parait donc que le Cieco mourut vers la fin du siècle.Note 679 · Note 464: (retour) Voyez ci-après, chap. VII, Notice sur la Vie de l'Arioste.Note 680 · Il eut à peine le temps de l'achever. La mort le surprit avant qu'il pût corriger son poëme et y mettre la dernière main 463. Ce fut un de sNote 681 · Note 465: (retour) Voyez ci-dessus, t. III, p. 540 et suiv.Note 682 · Ce fut dans une position bien différente de celle où était réduit l'Aveugle de Ferrare, que fut conçu dans le même pays le dernier poëme quiNote 683 · Note 466: (retour) Celles d'Alcuin, d'Eginhart, etc.Note 684 · Jusqu'alors, la Chronique supposée de Turpin, d'autres histoires fabuleuses de Charlemagne 466, les poésies de quelques Troubadours et quelqNote 685 · Note 467: (retour) Le Bojardo mourut en février 1494. Or, l'on a vu que dans le Mambriano il est question de l'expédition de Charles VIII, qNote 686 · Les caractères qu'ils mettent en jeu sont assez constamment les mêmes. Charlemagne est faible, crédule, facile à irriter et à fléchir, plus Note 687 · Note 468: (retour) On a vu que la Chronique de Turpin lui donne le nom significatif de Ferractus, ci-dessus, p. 135, note 1.Note 688 · Dans le parti contraire, il y a moins de variété, Marsile est le plus sage, comme le plus puissant des rois sarrazins d'Espagne. Balugant etNote 689 · Note 469: (retour) Nomina per re gli Agramanti, i Sobrini, e i Mandricardi e simili di varie regioni del mondo non mai stati, li quali furonNote 690 · Note 470: (retour) Antonio Vallisnieri, Memorie ed scrizio sepolcrali de conte Matteo Maria Bojardo e della sua casa in Scandiano, t. III duNote 691 · Note 471: (retour) Scritt. d'Ital., t. V, p. 1438.Note 692 · Castelvetro a dit le premier, dans son exposition de la Poétique d'Aristote, que le Bojardo, en créant des rois imaginaires, des Agramants, Note 693 · Note 472: (retour) Mambriano, c. I. (Voyez ci-dessus, p. 257.)Note 694 · Le merveilleux de la magie avait enfanté de grands prodiges, créé des armées, des flottes, transporté dans les airs des chevaliers, leurs chNote 695 · Note 473: (retour) Della Ragione poët., l. II, Nº. XV, p. 101, etc.Note 696 · Le savant Gravina, si sévère pour le Morgante, montre beaucoup de partialité pour l'Orlando innamorato. Selon lui, le Bojardo se proposa d'iNote 697 · Note 474: (retour) Je crois pouvoir me dispenser de citer les chants où se trouvent ces débuts, qui n'ont de remarquable que leur trivialitéNote 698 · Les débuts du plus grand nombre sont sans prétention, mais aussi sans art et sans poésie. Je vous ai conté, messieurs, comment l'Argail et FNote 699 · Note 475: (retour) L. I, c. XVI, st. 1 et 2.Note 700 · Note 476: (retour) C. XIX.Note 701 · Note 477: (retour) C. XXVII.Note 702 · «Toutes les choses sublunaires, la richesse, les grandeurs, les royaumes de la terre sont sujettes au caprice de la fortune. Elle ouvre ou fNote 703 · »Seigneurs et chevaliers amoureux, belles et gracieuses dames, vous qui êtes rassemblés pour écouter les grandes aventures et les guerres quNote 704 · »Qui me donnera la voix, les paroles et les expressions élevées et profondes dont j'ai besoin pour raconter une bataille qui n'eut jamais soNote 705 · Note 478: (retour) C. XXVIII.Note 706 · Roland et Renaud en viennent aux mains pour l'amour d'Angélique. «Celui qui n'a point éprouvé ce que c'est que l'amour, dit le poëte, pourraNote 707 · Note 479: (retour) Se tu vien tra costor, io ti sò dire Che starai nosco, e non vorrai partire.Note 708 · On voit ici que le génie de l'auteur avait de l'élévation, qu'il visait au grand, et que pour la première fois depuis le Dante il faisait enNote 709 · Note 480: (retour) Mentre ch'io canto, ahime Dio Redentore Veggio l'Italia tutta a fiamma e a foco Per questi Galli che con gran fuore VeNote 710 · J'ai dit que le Bojardo paraît faire peut d'attention aux circonstances orageuses qui l'entourent. Il en parle cependant une fois, et c'est Note 711 · Note 481: (retour) Però fu lo scritor saggio ed accorto Che far non volse al caro amico torto. (L. I, c. I, st. 3.)Note 712 · C'est ce qu'avait fait Turpin, si l'on en croit notre poëte; mais le bon archevêque n'avait pas voulu publier cette partie de son histoire, Note 713 · Note 482: (retour) Voyez le Voyage de Bell, de Pétersbourg à Péking, traduit par M. Castera, à la suite de celui de M. Barow en Chine, vol. Note 714 · Au milieu d'un repas splendide que donnait Charlemagne aux seigneurs de sa cour et aux nobles étrangers, pour l'ouverture d'un grand tournoiNote 715 · Note 483: (retour) Cela est arrivé, dit-il, per disseto della sella, c. I, st. 62.Note 716 · Note 484: (retour) C. III, st. 67 et 68.Note 717 · Celui du brillant et jeune Astolphe est le premier; il se rend au lieu indiqué, et court la lance en arrêt de fort bonne grâce; mais à peineNote 718 · Note 485: (retour) C. III, st. 32 et 33.Note 719 · C'est ainsi que s'annonce le caractère de Ferragus. Ceux de Roland et de Renaud sont aussi mis en scène dès le commencement, tous deux par cNote 720 · Note 486: (retour) St. 38.Note 721 · Note 487: (retour) St. 43 et 46.Note 722 · Note 488: (retour) St. 49 et 50.Note 723 · Renaud en boit, et à l'instant il rougit de son amour, déteste Angélique autant qu'il l'aimait, revient sur ses pas pour sortir de la forêt,Note 724 · Note 489: (retour) St. 68 et 69.Note 725 · Roland, qui la cherchait de tous côtés, la trouve dans cette posture: elle y est si belle, que toutes les belles de la terre seraient auprèsNote 726 · Note 490: (retour) Figliuol d'una putana, rinegato, Che se ritorni a me, poss'io morire Se con le proprie man non t'ho impiccato. (C. II,Note 727 · Le caractère d'Astolphe, déjà bien annoncé, est mis à une épreuve piquante et singulière. Demeuré seul dans la tente d'où Angélique et son fNote 728 · Note 491: (retour) E poi tra suoi rivolto con rampogna Disse: e ci manca quest'altra vergogna. (S. 67.)Note 729 · Note 492: (retour) St. 66.Note 730 · Note 493: (retour) C. III, st. 4.Note 731 · Pendant tout ce temps, Astolphe était arrivé près de l'enceinte; il avait tout vu, tout entendu; piqué de la défaite de tant de chevaliers cNote 732 · Note 494: (retour) C. III.Note 733 · Ganelon et toute sa race mayençaise entendent parler de ce brillant succès: ils ne doutent pas que les forces d'Astolphe ne soient épuisées,Note 734 · Note 495: (retour) Dando gran bastonate a questo e quello, Ch' a più di trenta ne ruppe la testa. Chi fu quel traditor, chi fu il ribello Note 735 · Cette scène chevaleresque est pleine de chaleur et d'originalité. Si les miracles de la lance enchantée et la manière dont elle est ici miseNote 736 · Note 496: (retour) Voyez ci-dessus, p. 309.Note 737 · Telle est l'exposition du poëme, ou si l'on veut le premier fil d'une action extrêmement complexe. Voici comment est tissu le second. PendanNote 738 · Note 497: (retour) Dès le commencement de l'action, Maugis avait surpris Angélique endormie. Armé de son livre de grimoire, il croyait la reNote 739 · Note 498: (retour) C. V.Note 740 · Pour accroître les dangers de Charlemagne, il s'agit d'écarter de lui les deux paladins invincibles, Roland et Renaud, ce dernier surtout quNote 741 · Note 499: (retour) Ibid.Note 742 · Note 500: (retour) C. VIII. On a donc été trois chants entiers sans reprendre le fil de cette aventure. Telle est la marche singulière de ceNote 743 · Note 501: (retour) Ella rispose: io farò il tuo volere; E s'altro far volessi io non potrei. S'io pensassi morando a te piacere Hora horaNote 744 · Avant d'arriver au Catay, dans une barque où Maugis l'a fait entrer par surprise 499, il est jeté dans une île où tout respire le plaisir. FNote 745 · Note 502: (retour) Fin du chant V et commencement du chant VI.Note 746 · Note 503: (retour) C. VII, st. 44.Note 747 · Roland en était sorti pour chercher celle que son cousin prenait tant de peine à éviter, et qu'il savait être de retour dans ses états. Le cNote 748 · Note 504: (retour) C. X.Note 749 · Note 505: (retour) Venti due centinaja di migliara Di cavalier havea quel re nel campo, Cosa non mai udita, ò si è pur rara. (Ibid., st. Note 750 · Note 506: (retour) C. XIV.Note 751 · Note 507: (retour) C. XV.Note 752 · Note 508: (retour) C. XVIII et XIX.Note 753 · Pendant ce temps, Angélique était assiégée dans Albraque 504, capitale de son empire, aussi connue des géographes, et aussi réelle que son eNote 754 · Note 509: (retour) XVI, st. 29.Note 755 · Note 510: (retour) XXVII.Note 756 · Note 511: (retour) C. XXVIII, st. 28.Note 757 · Note 512: (retour) St. 35.Note 758 · Dans cette guerre paraît pour la première fois une héroïne d'un grand caractère et qui joue dans la suite un grand rôle: c'est la belle et iNote 759 · Note 513: (retour) L. II, c. 4.Note 760 · Note 514: (retour) C. V.Note 761 · Note 515: (retour) C. VII.Note 762 · A cette seconde branche de l'action, qui n'est pas moins fortement conçue que la première, est attachée une partie épisodique où brille surtNote 763 · Note 516: (retour) Ibid., st. 61.Note 764 · Note 517: (retour) C. VIII.Note 765 · Note 518: (retour) Elle danse devant lui, et chante les paroles, qui ont été imitées ou plutôt copiées par le Marini , dans son Adone : QualNote 766 · Note 519: (retour) C. IX, st. 6. Elle se nomme elle-même en italien, la Penitenza; en français, il m'a fallu substituer un autre nom.Note 767 · Roland entre sur le pont, combat le brigand qui le prend dans ses bras, et tombe avec lui jusqu'au fond du lac 516. Là, se trouvait la grottNote 768 · Note 520: (retour) St. 17.Note 769 · Note 521: (retour) Tenendo al zuffa tuttavia Morgana. (St. 26.)Note 770 · Note 522: (retour) Ibid., st. 47 et 48.Note 771 · Enfin il saisit Morgane, qui, du moment qu'elle est prise, se trouve sans défense contre lui 520. Il lui demande la clef de ses prisons, qu'Note 772 · Note 523: (retour) C'est par cette nouvelle scène que s'ouvre le second livre; la généalogie d'Agramant, ses projets, le conseil qu'il assemNote 773 · Note 524: (retour) C. I, st. 74.Note 774 · Le troisième fil de cette trame si compliquée et si étendue est attaché à Biserte en Afrique. Le jeune et puissant roi Agramant, qui prétendNote 775 · Note 525: (retour) C. III, st. 17 et 18.Note 776 · Note 526: (retour) Le poëte a mis ici un trait de sentiment qui fait voie que s'il avait conçu autrement son sujet, il pouvait y répandre deNote 777 · Note 527: (retour) St. 40, 41 et 42.Note 778 · Note 528: (retour) Les ruses qu'il emploie pour les avoir sont disséminées dans les chants V, X à la fin, XI, XV à la fin, et XVI. Ce sont aNote 779 · Note 529: (retour) C. XVI, st. 14.Note 780 · Agramant qui connaît ce vieillard pour un nécromancien savant et pour un prophète, croit facilement à ses paroles, et se décide à chercher aNote 781 · Note 530: (retour) Toute cette scène, où le jeune Roger paraît pour la première fois, est pleine d'intérêt, de mouvement et de vérité; elle Note 782 · Note 531: (retour) C. XVII.Note 783 · Note 532: (retour) C. XXI.Note 784 · Note 533: (retour) Elles sont à la fin du chant XXI.Note 785 · On se met aussitôt à chercher le mont de Carène: on le trouve à l'aide de l'anneau; mais il est d'une hauteur inaccessible. Le nouveau petitNote 786 · Note 534: (retour) C. XXIII.Note 787 · Note 535: (retour) C. XXIX.Note 788 · Note 536: (retour) C. XIX. Nous remontons ici vers une partie de l'action que nous avions laissée en arrière pour mettre de suite des faits Note 789 · Note 537: (retour) Turpin che mai non mente, di ragione In cotal atto il chiama un babbione. (C. XIX, st. 50.)Note 790 · L'orage qui se préparait depuis long-temps contre la France éclate enfin. Marsile et Gradasse d'un côté 534, Agramant et Rodomont de l'autreNote 791 · Note 538: (retour) C. XX.Note 792 · Note 539: (retour) L'extrait du Roland amoureux , dans la Bibliothèque des Romans , porte que Charlemagne promit alors Angélique à celui desNote 793 · Enfin ils rentrent en France par la forêt des Ardennes. Ils s'arrêtent auprès de la fontaine de Merlin: c'était, comme on l'a vu, celle de lNote 794 · Note 540: (retour) C. XXXI, st. 34 et 35.Note 795 · Note 541: (retour) Le poëte la met aux mains avec ce terrible adversaire, c. XXV, st. 21; mais il les quitte aussitôt pour les retrouver au Note 796 · Nous voilà au point d'où l'Arioste est parti pour commencer son poëme; mais ce n'est pas à beaucoup près celui où le Bojardo termine le sienNote 797 · Note 542: (retour) Ibidem, st. 58, 60.Note 798 · Note 543: (retour) C. V.Note 799 · Note 544: (retour) Ibid., st. 9.Note 800 · Note 545: (retour) Voyez ci-dessus, p. 161 et 162.Note 801 · Note 546: (retour) Ci-dessus, p. 325.Note 802 · Mais elle était réservée à des dangers d'une autre espèce. Elle rencontre l'aimable Roger, qui, tout Sarrazin qu'il est, s'offre, sans la coNote 803 · Note 547: (retour) C. V, st. 41 et 42.Note 804 · Pendant tout ce récit, l'amour agit dans le cœur de Bradamante. Roger veut à son tour connaître le chevalier qui lui montre tant d'intérêt. Note 805 · Note 548: (retour) C. VI, st. 14.Note 806 · Note 549: (retour) C. VIII, st. 53.Note 807 · Bradamante attaquée à l'improviste et lorsqu'elle était sans casque, est blessée grièvement à la tête. Surprise et non effrayée, elle défie Note 808 · Note 550: (retour) Meschino me dicendo, io son perito; Quest' è il demonio certo, il veggio a l'orma, Che per tantarmi a presa questa formNote 809 · Note 551: (retour) Le chiome gli tagliò come a garzone; Poi le donà la sua benedettione. (St. 67.)Note 810 · Note 552: (retour) Orlando furioso, C. XXV.Note 811 · Cette idée lui revient et le frappe bien plus encore, lorsque, voulant panser la blessure du jeune chevalier, il lui découvre la tête et voiNote 812 · Note 553: (retour) Entre autres d'un poëme intitulé i Successi bellici. Voyez Mazzuchelli, Scritt. Ital., t. I, part. I, p. 216.Note 813 · Note 554: (retour) 1. In Scandiano, per Pellegrino Pasquali, (sans date; mais elle doit avoir été faite vers 1495, par les soins du comte CaNote 814 · Note 555: (retour) Bibliothèque des Romans, novembre 1777, p. 115. Haym, Biblioth. ital., place en 1531 cette première édition de la continuNote 815 · Note 556: (retour) La première est de 1515 et 1516, la deuxième de 1521.Note 816 · Le poëme du Bojardo, tel qu'il a été laissé par son auteur, a contre lui la grande supériorité du poëme de l'Arioste, la supériorité non moiNote 817 · Note 557: (retour) Brunetta alquanto, e grande di persona; Turpin la vidde, e ciò di lei ragiona. (L. I, C. XXVII, st. 59.)Note 818 · Pour varier ses transitions, il y en a qu'il ne prend pas sur son compte, et qu'il attribue à Turpin. «Turpin nous quitte ici, dit-il, pour Note 819 · Note 558: (retour) Io di tal colpo assai mi maraviglio, Ma come io dico, la scrive Turpino. (C. XVIII, st. 21.)Note 820 · Note 559: (retour) Haveva il conte Orlando forza tanta Che già portava, come Turpin dice, Una colonna intiera tutta quanta D'Anglante a BNote 821 · Note 560: (retour) S'el ver non scrisse apunto, ed io lo scusso, Che se ne stette per relatione. (C XXVIII, st. 31 et 32.)Note 822 · Note 561: (retour) Dice Turpin che ciascuna era grossa Com' è un busto d'huom a la cintura; Io non ho prova che chiarir vi possa, Perch' Note 823 · Cette même Marfise donne à Renaud un coup de gantelet si terrible que le sang lui jaillit par le nez, par la bouche et par les oreilles. «JeNote 824 · S'il veut donner une idée de la force de Roland, «Roland, dit-il, avait une force si prodigieuse qu'il portait autrefois, comme le dit TurpiNote 825 · Note 562: (retour) L. I, c. XIX, st. 61, 2 et 3.Note 826 · Note 563: (retour) C. XXII. st. 25 et 26.Note 827 · Un grand et incontestable avantage qu'il a sur les autres romanciers de ce temps, c'est en général son respect pour la décence et pour les mNote 828 · Note 564: (retour) Le Brun, ode à M. de Buffon.Note 829 · Entre la satire et l'encens 564.Note 830 · Note 565: (retour) Le Tasse, dans une de ses lettres, dit en parlant de l'Arioste: Ma l'honoro e me gl'inchino, e lo chiamo con nome di padrNote 831 · Il faut cependant remarquer que ce n'est point le même public ni la même nation qui varient ainsi sur son compte. Dans sa patrie, il est preNote 832 · Note 566: (retour) Essai sur la Poésie épique, ch. 7.Note 833 · Note 567: (retour) Dictionn. philos., Œuvres, édit. de Khel, in-12, t. LI, au mot Epopée.Note 834 · C'est donc chez les peuples étrangers, ou plutôt c'est presque uniquement en France que sa prééminence poétique est encore un problème. Je vNote 835 · Note 568: (retour) Daria de' Malagucci..Note 836 · Lodovico Ariosto naquit à Reggio, le 8 septembre 1474. Niccolò Ariosto, son père, gentilhomme ferrarais, mais d'une famille noble originaireNote 837 · Note 569: (retour) Fils de Jean Galéaz Sforce. Il fut conduit prisonnier en France, avec sa mère Isabelle, en 1499.Note 838 · Note 570: (retour) En 1500.Note 839 · Note 571: (retour) En 1505.Note 840 · Note 572: (retour) Décembre 1509.Note 841 · Note 573: (retour) Juin ou juillet 1510.Note 842 · Note 574: (retour) A la prise d'un vaisseau richement chargé, qui faisait partie d'une flotille des ennemis. Au reste le Pigna est le seul qNote 843 · Le jeune Ariosto regarda, et avec raison, comme un malheur le départ de son maître Grégoire de Spolète, qui suivit en France le duc de MilanNote 844 · Note 575: (retour) L'ordre des matières nous a fait intervertir ici l'ordre des temps; nous ne parlerons du Trissin et de son poëme qu'aprèsNote 845 · Mais le grand service qu'il devait rendre à sa patrie, à son siècle et aux siècles futurs, était d'une autre nature. Le désir d'être agréablNote 846 · Note 576: (retour) Canterò l'armi, canterò gli affanni D'amor, che un cavalier sostenne gravi Peregrinando in terra e'n mar molt'anni, etcNote 847 · Parmi les différents sujets romanesques qui se présentèrent à lui, il eut quelque idée d'un poëme dont l'action était placée au temps des guNote 848 · Note 577: (retour) I Romanzi, di Gio: Bat: Pigna, p. 74, 75.Note 849 · Note 578: (retour) Però disse voler egli romanzando alzarsi tanto che fosse sicuro di toglier la speranza ad ogn'altro di pareggiarlo, non cNote 850 · Note 579: (retour) Annotazioni sopra i luoghi difficili del Furioso, édiz. Valgris, 1556.Note 851 · Après avoir hésité quelque temps entre plusieurs sujets, il se détermina pour celui de Roland et résolut de reprendre et de suivre tous les Note 852 · Note 580: (retour) Quelques auteurs et bibliographes ont distingué deux éditions de 1515 et 1516. M. Barotti croit avec vraisemblance que c'Note 853 · Il y travailla dix ou onze ans, non pas, il est vrai, sans être plusieurs fois interrompu dans ce travail. Il le publia enfin en 1516 580, aNote 854 · Note 581: (retour) On trouve ce reproche ainsi exprimé dans les notes de Virginio Ariosto, pour la vie de son père: VI. Il cardinale disse cNote 855 · Note 582: (retour) Messer Ludovico, dove mai avete pigliato tante coglioneri? Tiraboschi en citant ce mot a mis corbellerie, t. VII, part. 1Note 856 · Si jamais un poëte dut s'attendre à recueillir des fruits solides de ses veilles, c'était assurément l'auteur du Roland furieux. Ses serviceNote 857 · Note 583: (retour) Selon quelques auteurs, ce ne fut qu'après la mort du cardinal; et c'est ainsi que Mazzuchelli le rapporte, ub. supr.Note 858 · Devenu plus exigeant à mesure qu'il avait moins de bienveillance, il voulut que l'Arioste l'accompagnât en Hongrie, où des affaires l'appelaNote 859 · Note 584: (retour) Rinaldo Ariosto.Note 860 · Il perdit de plus un procès qu'il eut à soutenir contre la chambre ducale. Un de ses parents 584, possesseur d'un riche fief dans le FerreraNote 861 · Note 585: (retour) Cette rente provenait du tiers des honoraires dus au notaire pour chacun des contrats expédiés dans cette chancellerie. LNote 862 · Note 586: (retour) En comptant, par écu, 6 à 7 liv. de France.Note 863 · Il restait à l'Arioste une petite rente à peu près semblable à la première, sur la chancellerie de Milan, que le cardinal lui avait fait avoNote 864 · Note 587: (retour) Février 1522.Note 865 · Note 588: (retour) Philippe Pacchione. Ce trait est détaillé dans toutes les Vies de l'Arioste.Note 866 · Sa position devint si cruelle qu'il se vit forcé de prier le duc, ou de pourvoir à ses besoins, ou de lui permettre de quitter son service pNote 867 · Note 589: (retour) Voyez sa septième satire, à la fin.Note 868 · Il était encore dans ce triste pays quand Clément VII fut élevé au souverain pontificat. Pistofilo de Pontremoli, secrétaire d'état du duc ANote 869 · Note 590: (retour) Sat. 4.Note 870 · Note 591: (retour) Sat. 3.Note 871 · Note 592: (retour) Le 20 juin 1515. Ce bref est parmi les lettres écrites par le Bembo, au nom de Léon X. (L. X, ép. 40.)Note 872 · En effet, on a lieu d'être surpris que ce généreux protecteur des lettres, qui répandait tant de bienfaits sur les poëtes mêmes les plus médNote 873 · Note 593: (retour) Guichardin, Hist. d'Ital., l. XII.Note 874 · Note 594: (retour) Voyez notes de Rolli, sur la quatrième satire de l'Arioste, édit. de Londres, 1716.Note 875 · A quoi attribuer cette conduite, si ce n'est à l'attachement de l'Arioste pour la maison d'Este? Léon X avait hérité de la haine de Jules IINote 876 · Note 595: (retour) La Cassaria, i Suppositi, il Negromante, et la Lena.Note 877 · Note 596: (retour) La Lena, jouée en 1528.Note 878 · Note 597: (retour) L'Andrienne et l'Eunuque. Ces traductions étaient en prose, l'Arioste n'ayant pas eu le temps de les faire en vers pour lNote 879 · Au bout de trois ans, sa commission étant finie et la Garfagnana pacifiée, il revint à Ferrare. Il y trouva le duc très-occupé de spectaclesNote 880 · Note 598: (retour) Lettres de Calasso Ariosto à P. Bembo, du 8 juillet 1533, vol. Ier. des Lettere de diversi al Bembo.Note 881 · Note 599: (retour) Note manuscrite ajoutée par le Giraldi sur un exemplaire de ses Discorsi intorno al comporre de' Romanzi, que possédait MNote 882 · Quelque soin qu'il prit de cette édition, l'exécution typographique en fut si détestable, que, selon l'expression de l'un de ses frères, danNote 883 · Note 600: (retour) C'était une obstruction à la vessie.Note 884 · Note 601: (retour) Le 6 juin 1533. M. Barotti établit très-solidement cette date, et réfute celles du Fornari, du Pigna, etc.Note 885 · Note 602: (retour) Et non pas Agostini, comme l'a dit l'auteur de la Vie de l'Arioste qui est en tête du sixième volume de la traduction du Note 886 · Note 603: (retour) On y lisait au-dessous de l'inscription nominale et votive, ces huit vers latins composés par Lorenzo Frizoli : Heic AreoNote 887 · Note 604: (retour) A Paris, en 1778.Note 888 · On attribue au travail forcé qu'exigea de l'Arioste cette dernière édition de son poëme, la maladie dont il fut attaqué, maladie trop ordinaNote 889 · Note 605: (retour) L'inscription gravée sur ce second tombeau est plus emphatique que la première; et ne la vaut pas. L'Arioste en avait faiNote 890 · Note 606: (retour) Voyez un sonnet italien et deux épigrammes latines rapportées par M. Barotti, dans sa Vie de l'Arioste.Note 891 · Enfin, quarante autres années après, Louis Arioste, petit-fils du poëte, fit élever à sa mémoire un monument beaucoup plus riche que le premNote 892 · Note 607: (retour) Il aimait surtout Catulle, Virgile, Horace et Tibulle, et ne cessait de les relire.Note 893 · Sa conversation était agréable, piquante et respirait la franchise et l'urbanité autant que l'esprit. Ses bons mots étaient pleins de sel; sNote 894 · Note 608: (retour) On transporte ici au moral ce qui est au physique dans le latin, sed non sordida; rien n'empêche qu'une maison propre ne Note 895 · Note 609: (retour) L'Arioste, en disant que sa maison n'est dépendante de personne, nulli obnoxia, veut indiquer par-là sa propre indépendanNote 896 · Rien de honteux ne l'a souillée 608,Note 897 · Personne ne m'y fait la loi 609,Note 898 · Note 610: (retour) P. Jov. Elog. Viror. Litter. illustr.Note 899 · Note 611: (retour) Stor. della Leterr. ital., t. VII, part. I, p. 34.Note 900 · Ce dernier trait n'est pas indifférent. Il prouve que Paul Jove et d'autres auteurs ont eu tort de dire que l'Arioste dut cette maison aux lNote 901 · Note 612: (retour) Son fils Virginio dit positivement, dans les notes rapportés par M. Barotti: Egli è una baja che fosse coronato.Note 902 · Note 613: (retour) Voyez Mazzuchelli, Scrit. ital., loc. cit.Note 903 · Il est faux qu'il ait été couronné solennellement à Mantoue par l'empereur Charles-Quint, comme l'ont prétendu quelques biographes 612. Cet Note 904 · Note 614: (retour) Il est gravé dans la vie de l'Arioste écrite par Barotti, ainsi que sa maison, son tombeau, sa chaise, et un facsimile deNote 905 · On voit par mille endroits de ses ouvrages qu'il aimait beaucoup les femmes et qu'il les connaissait parfaitement; mais s'il avoue souvent qNote 906 · Note 615: (retour) Voyez dans ses Rime la canzone I.Note 907 · Sa plus forte passion peut-être fut celle qu'il éprouva pour une jeune veuve très-belle et très-sage, dont il devint amoureux à Florence, lo
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