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Histoire littéraire d'Italie (4/9)

Note (retour) — PAR P. L. GINGUENÉ,

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Hercule II avait, ainsi qu'Alphonse son père, un frère cardinal appelé Hippolyte comme son oncle; on le nomme Hippolyte le jeune, pour le distinguer de cet oncle qu'on appelle l'ancien. Evêque de Ferrare et archevêque de Milan comme lui, possédant de plus, en France, l'archevêché d'Auch et plusieurs riches bénéfices, il le surpassa en magnificence et en amour pour les sciences et pour les arts. Ce siècle eut peu de princes qui pussent l'égaler en luxe, en faste et en grandeur. Il n'en faut pas d'autres preuves que la délicieuse et superbe villa, qu'il fit construire à Tivoli, dont il existe des descriptions si magnifiques 181, et qui, telle qu'elle est encore aujourd'hui, paraît justifier tous les éloges qu'on en a faits. Tantôt dans cette belle retraite, et tantôt à Ferrare, ce prince de l'Église tenait une cour splendide. Les plaisirs de l'esprit étaient pour beaucoup dans ses jouissances; il s'entretenait chaque jour avec des savants, et s'amusait à table à écouter les disputes qui s'élevaient entre eux sur des questions de littérature ou de philosophie. On prendrait, dit le célèbre Muret dans une de ses lettres 182, la cour du cardinal Hippolyte pour une académie, tant on y voit rassemblés d'hommes instruits; et il ajoute que, quoique le cardinal ne fût pas lui-même très-savant, il prenait beaucoup de plaisir à leur conversation, et en rapportait toujours quelque connaissance. Le même Muret, grand admirateur de François Ier., comme il devait l'être à titre de savant et de français, compare, dans un autre endroit, le cardinal Hippolyte à ce roi 183, et met en doute si l'un a mieux mérité que l'autre le nom de père des lettres. Il est vrai qu'il devait sa fortune au cardinal, qu'il lui avait été attaché pendant quinze ans, qu'il avait joui de sa confiance dans les affaires les plus importantes, et, qu'à Tivoli surtout, il ne s'écoulait pas un jour où Hippolyte ne se plût à passer seul avec lui plusieurs heures dans de libres et doux entretiens 184. La reconnaissance de Muret peut avoir un peu enflé les éloges; mais cette reconnaissance même est une preuve qu'ils étaient fondés.

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