Note (retour) — PAR P. L. GINGUENÉ,
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Pour réduire à l'unité et rapprocher de la vérité toutes ces opinions divergentes, nous nous rappellerons ce qu'en parlant des Troubadours provençaux nous avons dit précédemment de cette langue qui se forma des débris de la langue latine, mêlés avec ceux des langues du nord, et qui, divisée en plusieurs branches, dont le provençal et le vieux français furent les principales, prit le nom général de langue romane ou romance 233. Tout ce qu'on écrivit d'abord dans l'un ou l'autre dialecte de cette langue, en prose ou en vers, sur des sujets sacrés ou profanes, vrais ou fabuleux, fut appelé Romant, Romanzo, ou Romance, du nom même de la langue. Ce titre fut ensuite plus particulièrement affecté aux fictions historiques rimées. Les Troubadours provençaux s'emparèrent de cette forme poétique, et amusèrent les cours de l'Europe par leurs inventions et par leurs chants. Les Trouvères français, non moins répandus au-dehors, charmèrent et l'étranger et la France par des récits chevaleresques plus étendus, et par de plus longues fictions. On continua d'appeler Romant leurs narrations, où la fable était mêlée avec l'histoire, et les faits d'armes avec les galanteries et les récits d'amour. Enfin, lorsque les autres nations suivirent cet exemple, et produisirent, comme à l'envi, de ces histoires fabuleuses, elles leur donnèrent aussi ce nom de roman, qui était en quelque manière consacré.