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Histoire littéraire d'Italie (4/9)

Note (retour) — PAR P. L. GINGUENÉ,

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Enfin le cardinal Hippolyte, non moins généreux que son frère, politique et guerrier comme lui, avait sur lui l'avantage d'une éducation cultivée et de connaissances personnelles très-étendues, surtout dans les mathématiques et la philosophie. Quant à cette dernière faculté, on sait à quel genre d'études on donnait alors ce nom, et ce que c'était au seizième siècle que la philosophie d'un cardinal; mais il paraît qu'il était très-avancé dans les mathématiques, et qu'il les aimait passionnément. Celio Calcagnini, célèbre astronome, qui lui dédia sa Paraphrase des météores d'Aristote, s'était souvent entretenu avec lui sur ces matières, et avait admiré son savoir 177. Dans le voyage que le cardinal fit en Hongrie, en 1518, Calcagnini, qui l'accompagnait, lui fit connaître l'astronome Ziegler, dont Hippolyte goûta l'entretien, apprécia les connaissances et les découvertes, et qu'il admit dans son amitié. Le cardinal, de retour en Italie, fit inviter Ziegler à l'y venir trouver, et lui destina la chaire de mathématiques alors vacante dans l'université de Ferrare; Ziegler accepta, mais il partit trop tard, et lorsqu'il arriva en Italie, le cardinal venait de mourir à l'âge de quarante ans 178. Il n'est pas étonnant que, d'après la nature de ses études, il préférât un mathématicien à un poëte, et qu'il prît tant d'amitié pour Ziegler dans le temps même où il disgraciait l'Arioste. Il serait cependant moins célèbre si l'Arioste ne l'avait pas tant vanté dans son Orlando; et ni les calculs de Ziegler, ni ceux de Calcagnini, ne pouvaient lui donner autant de renommée qu'une seule stance de ce poëme qu'il jugea si ridiculement, et dont il récompensa si mal l'auteur. Nous reviendrons, dans la vie de l'Arioste, sur ce trait peu honorable de celle du cardinal.

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