← Table of contents
Histoire littéraire d'Italie (4/9)

Note (retour) — PAR P. L. GINGUENÉ,

Reading edition

Le long règne de Cosme Ier est une des plus brillantes époques de l'histoire des lettres, et surtout des beaux-arts. Son premier soin fut de rendre aux universités de Florence et de Pise l'éclat et l'activité dont les troubles de la Toscane les avaient privées, et d'y appeler de toutes parts les professeurs les plus célèbres. Il établit, dans chacune de ces deux villes, un jardin des plantes, et fut dirigé dans ce dessein par son goût pour la botanique, qu'il avait cultivée dès sa première jeunesse 94. L'académie platonicienne de Florence, que nous avons vue si florissante à la fin du siècle précédent, s'était soutenue au commencement du seizième. On distinguait encore alors parmi ses membres un Machiavelli, un Rucellai, un Alamanni et plusieurs autres. Mais la plupart d'entre eux étaient ennemis de la toute-puissance des Médicis. Ils crurent, à la mort de Léon X, pouvoir briser leur joug, et entrèrent dans une conspiration contre le cardinal Jules 95. Cette conspiration fut découverte; quelques académiciens furent pris et exécutés; la fuite sauva les autres. La terreur dispersa toute l'académie; elle resta dissoute pendant le pontificat de Clément VII. Lorsque l'autorité de Cosme Ier. fut consolidée et la tranquillité entièrement rétablie, les savants et les amis des lettres, qui étaient toujours en grand nombre à Florence, désirèrent se rassembler. Cette réunion leur fut permise. Seulement, au lieu des études philosophiques qui avaient occupé leurs devanciers, ils n'eurent plus pour objet que des discussions purement littéraires, et principalement des recherches sur le perfectionnement et la fixation de la langue toscane 96. Les poésies de Pétrarque devinrent le sujet de l'étude habituelle des conférences de l'académie florentine, et d'une espèce d'idolâtrie; les leçons, les dissertations et les commentaires sur un sonnet ou sur une canzone se multiplièrent à l'infini. «Souvent, dit Tiraboschi 97, on se perdit en réflexions frivoles et puériles, on alla chercher des allégories et des mystères où ce poëte n'avait nullement songé à en mettre; mais par ces sortes de travaux, la langue toscane devint plus riche et plus belle; on apprit à la parler et à l'écrire plus exactement, et les lois en furent mieux fixées.» Cosme et les grands-ducs ses successeurs accordèrent à l'académie une protection, des priviléges et des faveurs, qui l'encouragèrent de plus en plus à s'étendre dans ce genre de travaux, et surtout à s'y renfermer.

Explore with AITake your curiosity a little further.

Reading settings