Note (retour) — PAR P. L. GINGUENÉ,
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Les lettres n'attendaient rien de Pie IV, et il ne fit personnellement presque rien pour elles, mais il leur donna pour protecteur le fameux Charles Borromée, fils de sa sœur; et pour cette fois le népotisme, si souvent et si justement reproché à la cour de Rome, fit un grand bien. Charles, qui n'avait que vingt-deux ans, décoré de la pourpre, du titre de premier secrétaire d'état, des légations de la Romagne et de Bologne, et enfin de l'archevêché de Milan, soutint presque seul le fardeau des affaires pendant le pontificat de son oncle, et les dirigea avec autant d'intégrité et de capacité que de zèle. C'est à lui que le pape dut l'honneur d'avoir repris et enfin terminé le grand concile de Trente, d'avoir relevé dans Rome, avec une magnificence digne de Léon X lui-même, des édifices détruits, d'en avoir construit de nouveaux dans plusieurs quartiers de la ville; enfin d'avoir appelé au cardinalat et aux autres dignités de l'Église les hommes les plus recommandables par les mœurs, les talents et leur savoir. Le seul délassement de Borromée, lorsqu'il avait donné le jour entier aux soins du gouvernement, était de rassembler, le soir, dans le palais qu'il habitait avec le comte Philippe Borromée son frère, les hommes les plus instruits dans les lettres, de les entendre réciter des pièces d'éloquence, lire des dissertations, ou établir entre eux des discussions, le plus souvent sur des sujets de philosophie morale. Le lieu et l'heure où se tenaient ces assemblées leur fit donner le nom de Nuits Vaticanes. A la mort du comte Borromée, le cardinal voulut qu'elles fussent exclusivement consacrées aux études théologiques. Cette académie devint célèbre. Chacun de ses membres, selon l'usage d'Italie, prenait un nom supposé. Celui que prit le fondateur paraît singulier, si l'on songe aux matières dont il avait voulu que son académie s'occupât exclusivement: il se fit appeler le Chaos 127.