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Histoire littéraire d'Italie (4/9)

Note (retour) — PAR P. L. GINGUENÉ,

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Sa politique n'était pas plus conforme que sa morale à l'Évangile, dont il était le premier ministre, et l'une contribua aussi peu au bonheur de l'Italie et de l'Europe, que l'autre à l'édification de Rome. Possédé de l'ambition de faire de son frère et de ses neveux des princes souverains, c'est cette vanité qui dirigea toujours sa conduite ambiguë, qui lui fit méditer de loin l'asservissement de Florence sa patrie, et l'envahissement du duché de Ferrare; qui le rendit l'injuste persécuteur du duc d'Urbin, et les armes à la main, les foudres de l'Église à la bouche, l'implacable usurpateur de ses états; qui lui fit embrasser alternativement le parti des Impériaux et des Suisses contre les Français, et celui des Français contre les Impériaux et les Suisses 24. Il fut l'un des principaux instigateurs de la guerre qui s'alluma entre Charles V et François Ier.; et ce fut dans l'espérance d'obtenir du vainqueur de petits états pour sa famille, et même pour son frère Julien le royaume de Naples, qu'il contribua si activement à ouvrir pour l'Italie cette source féconde de malheurs. Les Français, vaincus et chassés de Milan, furent pour lui le sujet d'un vrai triomphe. Il ordonna des fêtes magnifiques; il accourut à Rome pour y présider; tout à coup elles furent troublées par sa maladie: cinq jours après il n'était plus. Il mourut à quarante-six ans, de poison, selon quelques historiens; d'autres laissent soupçonner des causes plus honteuses: quoi qu'il en soit, le coup fut si imprévu et le trait si rapide, qu'il expira sans avoir pu, lui, chef de l'Église, en recevoir les sacrements 25.

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