Note (retour) — PAR P. L. GINGUENÉ,
Reading edition
L'opinion assez généralement répandue, et qui a été adoptée par le docte Saumaise 236 et par d'autres savants, est que l'invention de ces sortes de fictions appartient aux Persans, qui la transmirent aux Arabes, de qui elle passa aux Espagnols, et des Espagnols à tous les autres peuples de l'Europe. Huet n'est pas de cet avis. Il y oppose les histoires romanesques de Thelesin et de Melkin, composées dans la Grande-Bretagne, dès le sixième siècle, tandis que la trahison du comte Julien et l'entrée des Arabes en Espagne ne datent que du huitième 237. Thelesin, maître du fameux Merlin 238, écrivit une histoire des faits et entreprises du roi Artus ou Arthur, qui est la première source de tous les romans dont ce roi et ses chevaliers de la Table ronde sont les héros. Il était contemporain d'Artus, et florissait vers l'an 540. Melkin, un peu plus jeune, composa quelque temps après un roman de la Table ronde 239. Les Anglais se trouvent donc alors les premiers créateurs de ces romans de chevalerie. Le Quadrio 240 copie ce raisonnement et ces faits, de l'évêque d'Avranche, quoiqu'il ne le cite pas.