Note (retour) — PAR P. L. GINGUENÉ,
Reading edition
Quelque soin qu'il prit de cette édition, l'exécution typographique en fut si détestable, que, selon l'expression de l'un de ses frères, dans une lettre au cardinal Bembo 598, il se plaignait hautement d'être assassiné par l'imprimeur. Il en conçut beaucoup de chagrin; il projetait même une nouvelle édition quand il fut attaqué de la maladie dont il mourut. Il ne faut croire, ni avec le Pigna, que depuis qu'il eut perdu la faveur du cardinal Hippolyte, les chagrins, les distractions, les affaires l'empêchèrent pendant quatorze ans de s'occuper de poésie, et de travailler à son poëme; ni avec le Giraldi, que pendant seize années entières, il ne passa pas un seul jour sans y toucher, ou au moins sans y penser 599; mais il est évident que si, au lieu de cette injuste disgrâce, il eût reçu les récompenses qu'il avait droit d'attendre, si le mauvais état de sa fortune et de celle de sa famille l'eût moins tristement occupé, s'il avait eu moins d'embarras, d'inquiétudes, de procès, si le duc même, qui ne cessa point de l'aimer, avait su faire autre chose pour lui que de l'employer à des commissions difficiles, ou à des travaux littéraires si l'on veut, mais de commande, auxquels son génie se pliait, mais qu'il ne lui demandait pas, s'il eût eu enfin la délicatesse de lui procurer ce loisir sans trouble qui est l'unique ambition des véritables amis des Muses, et dont ils jeuissent si rarement, le Roland furieux, tout excellent qu'il est, aurait été bien plus parfait encore.