Note (retour) — PAR P. L. GINGUENÉ,
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Il faut remonter jusqu'au temps où Mithridate, roi de Pont, obligé de fuir devant les Romains commandés par Pompée 268, se réfugia parmi les Scythes ou Goths qui habitaient le pays qu'on appelle aujourd'hui la Géorgie, entre le Pont-Euxin et la mer Caspienne, sur les frontières de la Perse. Cet implacable ennemi des Romains réussit à soulever contr'eux ces peuplades guerrières; mais le génie de Rome et de Pompée l'emporta: elles furent vaincues, et, plutôt que de se soumettre, elles allèrent chercher un asyle vers le nord de l'Europe, sous la conduite de Woden ou Odin leur chef 269. Ce conquérant fugitif soumit, sur sa droite, la Russie d'Europe, à sa gauche, les parties septentrionales et occidentales de la Germanie, laissa ses fils pour y commander, et perça lui-même jusqu'aux glaces du Danemarck, de la Suède et de la Norwège. Il établit parmi les Scandinaves la religion de sa patrie, dont il était lui-même le grand-prêtre; et comme il y apportait aussi des arts utiles, particulièrement la science des lettres dont on le disait l'inventeur, comme il gouverna long-temps avec gloire et avec sagesse, ses peuples se fondirent insensiblement avec les peuples vaincus; le pays entier finit par adopter, non-seulement leur culte, mais leurs lois et leur langage. Tout enfin, chez les Scandinaves, fut modifié par les institutions d'un législateur asiatique 270, et les idées, les traditions et les dogmes franchirent l'intervalle immense qui sépare la Perse de ces régions polaires.