Note (retour) — PAR P. L. GINGUENÉ,
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Il s'en fit de semblables dans les Gaules. Les Scandinaves avaient conquis, dès le quatrième siècle, des pays voisins de celui des Francs. Vers le commencement du dixième, une partie de la France fut envahie par les Normands ou hommes du Nord, rassemblés sous leur chef Rollon; et quoique ces étrangers prissent en général les mœurs et les usages des peuples vaincus, ils durent cependant répandre dans ces parties de la France, et de là dans la France entière, leurs fictions 280. Alors l'art des Scaldes avait atteint son plus haut point de perfection dans le pays d'où ce Rollon était venu 281. On suppose qu'il avait amené avec lui plusieurs de ces poëtes, qui transmirent leur art à leurs enfants et à leurs successeurs. Ceux-ci, en adoptant le langage, la religion, les opinions de leur nouvelle patrie, substituèrent les héros du christianisme à ceux des païens leurs ancêtres, et commencèrent à célébrer Charlemagne, Roland et Olivier, dont ils embellirent l'histoire par leurs fictions accoutumées de géants, de nains, de dragons et d'enchantements 282. C'est sans doute par ce moyen que notre Bretagne fut imbue des opinions ou plutôt des fictions orientales qu'on retrouve dans l'histoire fabuleuse portée de Bretagne en Angleterre, et traduite par Geoffroy de Monmouth. Cette origine est plus naturelle que celle qui suppose que ces mêmes fables y furent apportées par les Arabes, dont les invasions se firent toujours dans le midi de la France.