Note (retour) — PAR P. L. GINGUENÉ,
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Il ne manquait plus qu'un pape guerrier à ce trône, qui, par sa constitution singulière, prescrivait aux autres ce qu'ils devaient croire pour lui fournir les moyens de s'élever au-dessus d'eux; Jules II, successeur presque immédiat d'Alexandre 1, donna au monde ce spectacle. Selon la religion, c'en était un très-scandaleux, sans doute; on vit alors le vicaire du Christ armer la France et l'Europe entière contre Venise dans la fameuse ligue de Cambrai; on le vit, après avoir abaissé les Vénitiens par les armes de notre bon et trop crédule roi Louis XII, se liguer contre lui avec les Vénitiens eux-mêmes, et, pour le chasser de l'Italie, pour en chasser, disait-il, tous les barbares, mettre l'Italie en feu. Selon la politique, c'est autre chose; un grand homme, qu'on accuse souvent d'injustice envers les papes, Voltaire, plus juste envers Jules que tous nos historiens, a pris contre eux sa défense. «Nos historiens, dit-il, blâment son ambition et son opiniâtreté; il fallait aussi rendre justice à son courage et à ses grandes vues: c'était un mauvais prêtre, mais un prince aussi estimable qu'aucun de son temps 2.»