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Histoire littéraire d'Italie (4/9)

Note (retour) — PAR P. L. GINGUENÉ,

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Cette circulation presque générale des inventions poétiques des Scaldes, et la popularité qu'il est naturel de supposer qu'elles durent acquérir, les enracinèrent pour ainsi dire en Europe. Dans les régions européennes où elles s'établirent d'abord, elles préparèrent les voies aux fictions arabes; dans les autres régions, elles les accompagnèrent et se combinèrent avec elles. Dans cette espèce de fusion il y avait tout à gagner pour les fictions du Nord. Les autres étaient plus brillantes, plus analogues à l'accroissement de la civilisation chez une nation ingénieuse et polie. Moins horribles et moins grossières, elles avaient dans leur nouveauté, leur variété, leur éclat, des moyens de séduction qui manquaient aux fables septentrionales. Aussi, si l'on veut comparer les enchantements tels qu'ils sont dans la poésie runique 283 ou scandinave avec ceux qui font le merveilleux des romans de chevalerie, on y trouvera des différences, toutes à l'avantage de ces derniers enchantements. Les premiers sont principalement composés de sortiléges et de charmes qui préservent des empoisonnements, émoussent les armes d'un ennemi, procurent la victoire, conjurent la tempête, guérissent les maladies ou rappellent les morts du tombeau; ils consistent à prononcer des paroles mystérieuses ou à tracer des caractères runiques. Les magiciens de nos romans sont surtout employés à former et à conduire une suite brillante d'illusions. Il y a une certaine horreur sauvage dans les enchantements scandinaves; la magie des romans présente souvent des visions et des fantômes agréables, souvent même, au milieu des terreurs les plus fortes, elle nous conduit à travers de vertes forêts, et fait sortir de terre des palais éclatants d'or et de pierreries: enfin, la magicienne runique est une Canidie, et la magicienne de nos romans une Armide 284.

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