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Histoire littéraire d'Italie (4/9)

Note (retour) — PAR P. L. GINGUENÉ,

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Enfin les ducs de Savoie, malgré les désastres qu'ils éprouvèrent, furent loin de se tenir étrangers à cette action. Charles III, chassé de presque tous ses états, ne put réaliser les espérances qu'il avait données d'abord 213; mais son fils Emanuel-Philibert, qui recouvra le Piémont et ce que Charles avait perdu de la Savoie, politique aussi habile que brave guerrier, ne se vit pas plutôt raffermi sur son trône 214, qu'il voulut l'entourer de ce que la culture des sciences et des lettres ajoute à la prospérité des petits comme des grands états. Son mérite est d'autant plus grand, que ni son peuple, ni lui, ne paraissaient préparés à cette révolution. Maître d'un pays encore presque barbare, élevé lui-même dans les camps, il sut exciter dans ses sujets l'amour du savoir et l'émulation des études. La science des lois, la philosophie, telle qu'elle était alors, les belles-lettres mêmes, et jusqu'à l'éloquence italienne, furent cultivées avec succès 215. L'université, dont il ne trouva en quelque sorte qu'une ombre réfugiée à Mondovi 216, fut d'abord régénérée dans cette ville, et pourvue, à grands frais, d'habiles professeurs, tandis que les Français occupaient Turin; elle fut rétablie ensuite avec splendeur dans la capitale, lorsqu'Emanuel-Philibert en fut redevenu maître 217. Turin devint dès-lors une des villes d'Italie où les sciences fleurirent avec le plus de gloire; et après le règne de ce grand prince, qui ne fut que de vingt ans 218, le Piémont put le disputer, pour la culture des lettres et le bon goût, avec toutes les autres provinces de l'Italie et de l'Europe 219.

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