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Histoire littéraire d'Italie (4/9)

Note (retour) — PAR P. L. GINGUENÉ,

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Ce trait d'imitation ne semblerait pas seul prouver que l'auteur de la Jérusalem délivrée n'avait pas dédaigné de jeter les yeux sur ce poëme insipide de l'Espagne. En voici un qui paraîtrait l'indiquer encore. Pour réduire Pampelune, les chrétiens fabriquent une grande machine, une citadelle en bois, plus élevée que les murs de la place, et d'où un grand nombre de soldats font pleuvoir une grêle de pierres et de traits sur les Sarrazins qui défendent les remparts 351. Un de ceux-ci, pour en détruire l'effet, imagine un moyen de lancer sur cette machine de grands vases ou des tonneaux de poix enflammée. Dès le second qui est lancé, le feu prend à la machine; elle est réduite en cendres, et les chrétiens qui y étaient placés sont presque tous écrasés sous ses débris 352. Godefroy employe contre Jérusalem des machines presque semblables, que l'enchanteur Ismin incendie à peu près de même. Mais ces sortes de machines furent employées dans les siéges long-temps après le siècle de Charlemagne. Elles furent en usage dans les croisades, et notamment au siége de Jérusalem; on les retrouve aussi au douzième siècle dans les guerres de Frédéric Barberousse en Italie; on s'en servit même jusqu'au quatorzième siècle, et il y a probablement ici dans le poëme du Tasse, auprès duquel on est honteux de nommer la Spagna, ressemblance de moyens sans imitation.

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