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Histoire littéraire d'Italie (4/9)

Note (retour) — PAR P. L. GINGUENÉ,

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Un grand et incontestable avantage qu'il a sur les autres romanciers de ce temps, c'est en général son respect pour la décence et pour les mœurs. Elles ne sont peut-être blessées qu'une ou deux seules fois dans son poëme; et parmi tant d'aventures galantes, il n'en est pas davantage, du moins quant à l'expression, où l'on puisse lui reprocher d'avoir offensé la pudeur. L'une est l'aventure de la belle et tendre Fleur-de-Lys avec son cher Brandimart; elle ne l'avait pas vue depuis long-temps; elle le retrouve seul dans un vallon délicieux et solitaire, se jette dans ses bras, le délivre elle-même de toutes les pièces de son armure, et se dédommage avec lui, sans délai comme sans réserve, du temps qu'elle avait perdu, dédommagement dont le poëte ne nous épargne aucune circonstance 562. Le second exemple est dans le récit qu'une belle dame fait à Roland et à Brandimart de la jalousie de son vieux mari, de l'idée fausse et incomplète qu'il lui avait donnée des derniers plaisirs d'amour, et de la douce manière dont elle fut détrompée par un jeune amant 563. Mais ces deux traits ne suffisent-ils pas pour rendre difficile à comprendre comment la sévérité de Gravina s'accommodait de vivacités pareilles, et comment il trouvait tant de ressemblance entre une sorte d'épopée où l'on pouvait oser se les permettre, et la noble et chaste épopée des Grecs et des Romains?

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