Note (retour) — PAR P. L. GINGUENÉ,
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Telle est l'exposition du poëme, ou si l'on veut le premier fil d'une action extrêmement complexe. Voici comment est tissu le second. Pendant que Charlemagne ne songe qu'à donner des fêtes, un roi d'Afrique, Gradasse s'est mis en tête d'avoir le bon cheval Bayard et la terrible épée Durandal. La difficulté est que l'un appartient à Renaud et l'autre à Roland; mais cela n'arrête point Gradasse dans ses projets. Il lève une armée de 150,000 hommes. Il se rendra d'abord en Espagne, en fera la conquête, et passera ensuite en France: il vaincra Charlemagne, tuera Renaud et Roland, et prendra l'épée de l'un et le cheval de l'autre. Il réussit dans la première partie de son plan; il remporte de tels avantages sur les Sarrazins d'Espagne, qu'il force le roi Marsile, qui était en paix avec les chrétiens, de leur déclarer la guerre et de joindre une armée formidable à celle qu'il conduit lui-même en France. C'étaient là les tristes nouvelles que Ferragus avait reçues de sa patrie, tandis qu'il se battait avec Roland, et qui l'avaient fait partir sur-le-champ pour l'Espagne 496.