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Histoire littéraire d'Italie (4/9)

Note (retour) — PAR P. L. GINGUENÉ,

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Celui du brillant et jeune Astolphe est le premier; il se rend au lieu indiqué, et court la lance en arrêt de fort bonne grâce; mais à peine est-il touché par la lance d'Argail (c'est le nom du frère d'Angélique), qu'il est jeté hors des arçons, accident au reste qui lui arrivait assez souvent. Il est ici très-fidèle à son caractère; toujours avantageux dans ses disgrâces, il ne manque pas de raisons 483 pour prouver qu'il était le plus fort, quoiqu'il ait été abattu. Il n'en reste pas moins prisonnier. Le terrible Ferragus vient le second. Malgré sa taille gigantesque et sa force démesurée, il est abattu comme Astolphe; mais il ne se rend pas. Les quatre géants s'avancent et l'entourent; il les tue. L'Argail veut lui faire entendre raison; chose impossible. Il faut qu'il se batte l'épée à la main. Le combat est des plus terribles, et recommence plusieurs fois. Angélique, incertaine du succès, s'enfuit dans la forêt des Ardennes, à l'entrée de laquelle on se bat. L'Argail la suit; Ferragus court sur ses traces, le joint, le force encore à se battre, et n'est satisfait que quand il lui a donné la mort. Le jeune chevalier ne lui demande en mourant d'autre grâce que d'être jeté avec ses armes dans le fleuve voisin, pour qu'on ne reproche pas un jour à sa mémoire qu'il s'est laissé vaincre ayant de si fortes armes. Ferragus y consent, à l'exception du casque, qu'il portera pendant quatre jours seulement, parce qu'il a perdu le sien dans le combat. Il viendra ensuite le jeter au même endroit où il aura laissé le corps et le reste de l'armure. Cela dit et convenu, l'Argail expire, et Ferragus, après lui avoir ôté son casque, et s'en être couvert, va précipiter le corps dans la rivière. Ce n'est pas sans avoir versé des larmes sur la mort prématurée de ce brave guerrier. Il reste quelque temps les yeux fixés sur l'endroit où il l'a jeté, et reprend tout pensif le chemin qui l'avait conduit au bord du fleuve 484. On reconnaît à ce trait de nature le poëte sensible et l'homme nourri de l'étude des anciens.

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