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Histoire littéraire d'Italie (4/9)

Note (retour) — PAR P. L. GINGUENÉ,

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Peu de temps après, Charlemagne alla se faire couronner à Rome empereur d'Occident. A son retour, il passa quelques jours à Sutri. Il y mangeait en public. Le petit Roland eut un jour la hardiesse de s'approcher de la table de l'empereur, et d'y prendre un plat chargé de viandes pour l'aller porter à sa mère. Il y revint un second jour, même un troisième. Charlemagne, pour l'effrayer, tousse en grossissant sa voix; l'enfant, sans s'étonner, quitte le plat qu'il tient, prend Charles par la barbe, en lui disant: Qu'as-tu? et son regard, fixé sur l'empereur, était plus fier, dit le romancier, que celui de l'empereur même 316; puis reprenant son plat, il se sauve comme les deux premières fois. Charles, averti d'ailleurs par un songe, trouve à cela quelque chose d'extraordinaire. Il ordonne de suivre cet enfant, mais de ne lui point faire de mal. Trois chevaliers qu'il charge de cette commission suivent Roland jusqu'à la grotte; ils y entrent: Roland veut se défendre avec un bâton; sa mère le retient; couverte, comme elle l'est, des livrées de la misère, les chevaliers ne la reconnaissent pas; ils lui demandent qui elle est: «Je suis, répond-elle en rougissant, je suis la malheureuse Berthe, fille du roi Pepin, sœur de Charlemagne, femme du duc Milon d'Anglante; et cet enfant est son fils et le mien.» Les trois chevaliers se jettent à ses genoux, jurent d'être ses défenseurs auprès de l'empereur son frère, vont demander sa grâce, et l'obtiennent. Charles révoque le décret de bannissement qu'il avait porté contre Milon, et fait aussi révoquer l'excommunication du pape; il adopte Roland pour son fils, et revient en France 317.

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