Note (retour) — PAR P. L. GINGUENÉ,
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Ce grand-prêtre guerrier de la religion d'un Dieu de paix, tout occupé qu'il était des projets de son ambition, qui n'aspirait à rien moins qu'à le faire régner sur l'Italie entière, et de ses expéditions militaires qui tendaient toutes vers ce but, avait trop de grandeur dans l'ame et d'étendue dans l'esprit, pour ne pas vouloir tirer des beaux-arts et des lettres une partie de l'éclat de son règne. Ce fut lui qui entreprit la grande basilique de St.-Pierre, et c'en serait assez pour l'immortaliser dans l'histoire des arts 3. De grands artistes et des gens de lettres recommandables trouvèrent en lui un protecteur 4. Il voulut aussi, dit-on, ajouter à la bibliothèque du Vatican une autre bibliothèque pour l'usage particulier des souverains pontifes; elle était moins précieuse par le nombre des livres que par le choix; le local en était commode, très-agréablement placé, décoré de marbres et de peintures du meilleur goût. Le Bembo en parle dans une de ces lettres 5; Tiraboschi, en le citant 6, avoue qu'on ne trouve nulle part ailleurs aucune mention de cette bibliothèque; mais cette lettre est adressée au pape lui-même, et malgré l'observation de Tiraboschi, les expressions en sont trop positives pour que l'on puisse douter du soin que Jules II mettait alors 7 à former cette bibliothèque.