Note (retour) — PAR P. L. GINGUENÉ,
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Ce fut dans une position bien différente de celle où était réduit l'Aveugle de Ferrare, que fut conçu dans le même pays le dernier poëme qui précéda celui de l'Arioste. Le comte Matteo Maria Bojardo, porté par sa naissance et par la faveur des ducs de Ferrare aux premiers emplois militaires 465, mêlant les travaux littéraires au métier des armes, les heureux dons du génie à ceux de la fortune, et doué d'une imagination qui ne fut jamais glacée par la pauvreté ni resserrée par le malheur, était autrement placé que l'infortuné Bello, pour donner à l'Italie un poëme où le merveilleux de la féerie fût enfin étalé dans toute sa richesse, et qui montrât complètement exécuté le système du roman épique, seulement ébauché jusqu'alors. Il ne lui manqua pour y réussir que plus de charme dans le style et une plus longue vie.