Note (retour) — PAR P. L. GINGUENÉ,
Reading edition
Deux fois il est près de la vaincre, et lui propose de se faire chrétienne et de renoncer à Mahomet. La reine lui fait des objections et des questions. La première fois, elle ne comprend pas comment une femme a pu devenir mère et rester vierge. Jamais, sous la loi de Mahomet, on n'a rien entendu de pareil 364. Roland le lui explique par deux comparaisons: la première, du verre, au travers duquel les rayons du soleil passent sans le rompre, et la seconde, des fleurs, dont les abeilles tirent du miel sans que la substance et le fruit en soient altérés 365. L'Ancroja ne trouve pas cela bien clair, et elle recommence à se battre. La seconde fois, c'est la Trinité qui l'arrête. Elle ne comprend pas du tout comment trois peuvent ne faire qu'un; Roland explique sur nouveaux frais; il fait quatre comparaisons: dans l'œil, le blanc, le noir et la prunelle; dans une bougie, la cire, la mèche et la lumière ne font qu'un; pendant l'hiver, l'eau, la neige et la glace sont une seule et même chose, et quand le soleil les fond, le tout retourne en eau. «Vois, lui dit-il enfin, ce bouclier que je tiens à mon bras, et que tes coups ont mis en si mauvais état; une partie est en pièces sur la terre, et le reste percé à jour en trois endroits; quand je l'oppose au soleil, trois rayons le traversent, et quand je l'abaisse, ces trois rayons se réunissent en un seul corps de lumière 366.» Pour cette fois, l'Ancroja se met en colère, et lui déclare qu'il la hachera par morceaux avant de lui faire croire un mot de tout cela. Le combat recommence encore. Enfin Roland la tue, tranche ainsi les difficultés, et termine la guerre.