Note (retour) — PAR P. L. GINGUENÉ,
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Il n'eut pas trop de tous ces grands moyens, employés avec une activité infatigable, pour laisser des traces si imposantes d'un règne qui ne dura guère que cinq ans 143. Quatre obélisques égyptiens, dont deux surtout étaient d'une grandeur démesurée 144, renversés et brisés par les barbares, et restés depuis lors dans la poussière, furent restaurés et relevés par les procédés hardis du célèbre ingénieur et architecte Dominique Fontana. La colonne de Trajan et celle d'Antonin, dégradées depuis cette même époque, reprirent tous leurs ornements; mais elles reçurent à leur sommet les statues en bronze de deux apôtres, au lieu de celles de ces deux empereurs. Le palais de Latran fut presque entièrement rétabli et embelli d'un grand nombre de fabriques nouvelles, de portiques, de salles et de chambres ornées de peintures exquises 145. D'immenses aqueducs construits et soutenus par de superbes arcades, l'un dans l'espace de plus de vingt milles, l'autre de six, pour les besoins de Rome et de Civita-Vecchia; de grands travaux entrepris pour le desséchement des marais pontins; une vaste foulerie et d'autres établissements pour le travail et le commerce des laines; un hôpital où deux mille pauvres purent être reçus, et furent dotés d'une rente de 15,000 écus d'or, prouvèrent que le pontife joignait des vues d'utilité publique à son goût pour les monuments des arts 146. Enfin, ce fut lui qui eut la gloire de terminer cette grande basilique de St.-Pierre qui, depuis le pontificat de Jules II, c'est-à-dire depuis le commencement de ce siècle, était l'objet des soins de tous les papes les plus éclairés et des travaux des artistes les plus célèbres.