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Histoire littéraire d'Italie (4/9)

Note (retour) — PAR P. L. GINGUENÉ,

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Ferrare, prise entre deux armées, fut remplie d'émissaires qui n'épargnèrent rien pour soulever un peuple tranquille contre son prince légitime. Enfin, la main pontificale lança son dernier foudre; la bulle d'excommunication frappa César et quiconque des rois ou princes chrétiens oserait lui prêter secours. Le nouveau duc n'avait ni assez de troupes pour résister seul, ni assez d'argent pour en lever d'autres, ni peut-être assez de fermeté pour tenir tête à la fois aux armes du pontife et à ses bulles. «Les princes ses alliés n'osèrent, dit encore Muratori 195, lever même un doigt pour le défendre, et se bornèrent à de vaines représentations auprès du pape. César, forcé de céder, remit entre les mains de ce puissant et violent ennemi le duché de Ferrare et toutes ses dépendances. Il ne lui fut permis de garder que Modène et Reggio. Clément, après avoir célébré à Rome, par des fêtes éclatantes, ce nouvel accroissement des états de l'Église, voulut en prendre possession en personne. Il y fit une entrée solennelle 196, et y reçut pendant plusieurs jours les hommages des ducs de Mantoue, de Parme, etc., qui venaient en tremblant baiser les pieds du terrible pontife. Ce qu'il y eut de plus honteux, c'est que parmi les princes qui lui rendirent cet hommage, dans plusieurs villes où il s'arrêta en allant de Rome à Ferrare, on vit à Rimini le nouveau duc de Modène, ce même César d'Este qu'il dépouillait du duché de Ferrare, et que l'orgueilleux pape récompensa de cet acte d'humilité plus que chrétienne, en donnant à son frère Alexandre d'Este le chapeau de cardinal.

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