← Table of contents
Histoire littéraire d'Italie (4/9)

Note 79 — PAR P. L. GINGUENÉ,

Reading edition

Note 79: (retour) Julien, trop faible de caractère pour pouvoir gouverner en maître un peuple qui n'en voulait pas encore, vécut à Rome comblé d'honneurs, auxquels il parut mettre moins de prix qu'au titre de protecteur des lettres et des arts, héréditaire dans sa famille. Il épousa Philiberte de Savoie, obtint dans Lombardie des possessions immenses, reçut de François Ier. le titre de duc de Nemours; le pape son frère pensa même à le faire roi de Naples. Il mourut à trente-sept ans (en 1516), et rien ne reste des honneurs qu'il obtint que le mausolée en marbre qu'exécuta pour lui Michel-Ange, l'une des merveilles que l'on admire à Florence, et regardé comme l'une des plus belles productions d'un ciseau qui n'a produit que des chefs-d'œuvre. Laurent, dont le caractère ne ressemblait en rien à celui de son cousin, avide d'un titre de souveraineté que le gouvernement dont il se vit chargé ne lui donnait pas, ne fut satisfait que quand Léon X eut dépouillé violemment du duché d'Urbin la famille de la Rovère, et l'en eut revêtu. Il épousa, comme Julien, une princesse alliée de France (Marie de la Tour d'Auvergne, proche parente de la famille royale par sa mère); mais il mourut peu de temps après, et ce fut encore Michel-Ange qui fut chargé de consacrer sa mémoire. Il le fit d'une manière sublime; mais ce tombeau magnifique d'un jeune ambitieux, mort des suites de ses débauches, n'inspire pas le même intérêt que celui de Julien, sensible et modeste ami des lettres. En général, ces deux mausolées ont le défaut d'être beaucoup trop grandement conçus pour leur objet: ce sont des monuments publics à qui il manque des héros.

Explore with AITake your curiosity a little further.

Reading settings