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Histoire littéraire d'Italie (4/9)

Note (retour) — PAR P. L. GINGUENÉ,

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Le poëme du Bojardo, tel qu'il a été laissé par son auteur, a contre lui la grande supériorité du poëme de l'Arioste, la supériorité non moins marquée de la manière dont l'ingénieux Berni le refit, après que l'Arioste eut montré la véritable façon de traiter ces romans épiques, et enfin l'insipidité du continuateur Agostini, qui ajouta trente-trois chants aux soixante-dix-neuf du Bojardo, les remplit d'inventions si pauvres, et les écrivit d'un style si plat, qu'ils sont tout-à-fait illisibles, et qu'ils détournent de lire l'ouvrage imparfait, mais beaucoup meilleur du Bojardo, avec lequel ils paraissent toujours. Ce Niccolo degli Agostini était un Vénitien établi à Ferrare, auteur de quelques poésies médiocres 553, et d'une traduction des Métamorphoses d'Ovide, entièrement effacée par celle de l'Anguillara. Après la mort du Bojardo, et lorsqu'il existait déjà quatre ou cinq éditions de son poëme 554, il se crut en état de l'achever. On dit que ce fut un duc de Milan qui l'y engagea 555; dans ce cas, ce serait François-Marie Sforce, qui ne fut rétabli qu'en 1525, et qui n'est connu que par ce seul trait dans l'histoire des lettres; mais il est singulier que l'idée en soit venue à ce duc, et plus singulier encore qu'elle ait pu être adoptée et exécutée par ce poëte, lorsqu'il avait déjà paru deux éditions du Roland furieux 556. Il y a un degré de médiocrité que rien ne décourage.

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