Note (retour) — PAR P. L. GINGUENÉ,
Reading edition
Il eut à peine le temps de l'achever. La mort le surprit avant qu'il pût corriger son poëme et y mettre la dernière main 463. Ce fut un de ses parents qui le publia quelque temps après; et ce qui est très-remarquable quand on a vu de quelle espèce d'ornements la fable du Mambriano est souvent embellie, il le dédia au cardinal Hippolyte d'Este, à ce même prélat pour qui l'Arioste composait alors son beau poëme, et qui, si l'on en croit un mot trop fameux 464, le jugea si sévèrement et si mal. L'éditeur affirme que l'intention de son malheureux parent était de changer tout le début de son premier chant, et de le consacrer à son Éminence dans des stances qu'il y comptait ajouter. Ce qu'il dit des bontés que le cardinal avait eues pour l'auteur, dans les derniers temps de sa vie, prouve que l'Aveugle de Ferrare, mécontent des Gonzague, s'était attaché à la maison d'Este, et plus particulièrement au cardinal Hippolyte; mais en cela, comme en tout le reste, il paraît que le changement ne put vaincre sa mauvaise fortune, et que Ferrare sa patrie ne lui fut pas plus favorable que Mantoue.