Note (retour) — PAR P. L. GINGUENÉ,
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Ce sont là les derniers mots de son poëme; et il n'a pas attendu la fin pour parler sur ce ton de la prétendue chronique, d'où il feint de tirer les événements qu'il raconte, sans se soucier beaucoup qu'on le croie. C'est un genre de plaisanterie assez souvent employé par le Pulci, et dont, après eux, l'Arioste a su si bien faire usage. Par exemple, on reconnaît un des tours familiers au chantre de Roland, dans ce jeu d'esprit de l'Aveugle de Ferrare; seulement, l'Arioste, dont le goût était plus pur, ne s'y serait pas arrêté si long-temps. Bradamante tue un géant d'une taille si démesurée, qu'il écrase dans sa chute un roi sarrazin et son cheval, et les écrase si bien, qu'il les enfonce en terre, et les enfonce si avant, que jamais depuis on n'en a pu retrouver de traces, ni avoir de nouvelles. L'histoire en fut écrite à Montauban; on peut même encore l'y voir en passant dans ce pays-là; et ce fut Bradamante qui l'écrivit de sa main 438. Tous les auteurs sont d'accord pour dire que ce roi fut tué du coup et enterré, il y en a seulement qui ne croient pas qu'on ne l'ait jamais pu retrouver. Cela fit beaucoup de bruit à Paris parmi les savants. «Turpin, pour décider la question, a écrit que le roi fut réduit en poussière; mais, au reste, comme ce n'est pas un article de foi, prenez là-dessus le parti qu'il vous plaira; l'auteur vous en laisse la liberté 439.»