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Histoire littéraire d'Italie (4/9)

Note (retour) — PAR P. L. GINGUENÉ,

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On pourrait dire aussi que la plupart de ces inventions n'a nullement besoin d'une origine septentrionale, et que nous nous donnons bien de la peine pour expliquer comment les merveilles de la féerie moderne provinrent des chants des Scaldes et des fables de l'Edda, tandis qu'elles ont une source toute naturelle dans les fictions mythologiques et poétiques des anciens. Le premier modèle des fées n'est-il pas dans Circé, dans Calypso, dans Médée? Celui des géants, dans Polyphème, dans Cacus, et dans les géants eux-mêmes, ou les Titans, cette race ennemie de Jupiter? Les serpents et les dragons des romans ne sont-ils pas des successeurs du dragon des Hespérides et de celui de la Toison d'or? Les magiciens! La Thessalie en était pleine. Les armes enchantées et impénétrables! Elles sont de la même trempe, et l'on peut les croire forgées au même fourneau que celles d'Achille et d'Énée. Les chevaliers invulnérables ne le sont pas plus que ce même Achille, au talon près; que ce même Énée, lorsque, à sa sortie de Troie, les traits ennemis se détournent et les flammes s'écartent de lui 290, et que le dompteur de chevaux Messape, que ni le fer ni le feu ne pouvaient blesser 291. Mais il faut se bien rappeler qu'au onzième siècle, où naquirent les romans de chevalerie, Homère et Virgile étaient oubliés depuis long-temps; il n'existait plus en Europe de manuscrits du poëte grec, et ceux du poëte latin qui devaient reparaître à la renaissance des lettres, étaient ensevelis dans la poussière des bibliothèques non fréquentées de quelques couvents. Les fictions apportées d'un côté par les Arabes, de l'autre par les Normands, durent donc s'emparer de tous les romans latins, français ou espagnols, avant qu'on y pût voir la moindre imitation des anciens poëtes grecs et latins.

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