Note (retour) — PAR P. L. GINGUENÉ,
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Aucun trait ne distingue plus fortement les mœurs des Grecs et des Romains de celles des modernes, que le peu d'attention et d'égards que les premiers avaient pour les femmes, le peu de part qu'ils leur accordaient dans la conversation et dans le commerce de la vie, et le sort tout différent dont elles jouissent chez les nations policées de l'Europe. L'invasion des Goths est l'époque de ce changement. Ce sont des barbares qui ont fait faire à la civilisation ce pas immense, et l'origine de la galanterie européenne est due à des guerriers féroces 285. Ils croyaient qu'il existait dans les femmes quelque chose de divin et de prophétique. Ils les admettaient dans leurs conseils, et les consultaient dans les affaires les plus importantes de l'état. Ils leur confiaient même la conduite des grands événements qu'elles avaient prédits. On trouve dans Tacite 286 et dans d'autres historiens 287 des traces de cette confiance et de ce respect. Il résultait, de ces priviléges, qu'ils accordaient à un petit nombre de femmes une déférence et une tendre vénération pour le sexe entier. S'il ne jouissait pas partout de la préséance, au moins dans la constitution de ces peuples y avait-il entre les deux sexes une parfaite égalité.