Note (retour) — PAR P. L. GINGUENÉ,
Reading edition
Il n'en est pas ainsi de la prière de Roland et de sa mort. La prière est un peu longue 418; mais elle est simple et ne manque ni de vérité ni d'onction. L'ange Gabriel lui apparaît, et tient un long discours sur lequel il y aurait encore beaucoup à dire; mais ensuite on ne peut se défendre d'être ému en voyant comment expire ce fameux et intrépide champion de la foi, car dans tous ces premiers poëmes, Roland n'est pas autre chose, et il n'abandonne jamais ce caractère. Je ne sais quoi de surnaturel respire dans son air et dans tous ses mouvements. Turpin, Renaud et Richardet sont debout autour de lui, comme de tendres enfants qui regardent mourir un père. Enfin, Roland se lève, il enfonce en terre la pointe de sa redoutable épée; puis il embrasse la poignée, dont la garde forme une croix; il la serre contre sa poitrine: puisqu'il ne peut en mourant tenir ainsi l'objet de l'adoration des chrétiens, il veut que ce fer lui en tienne lieu. Il le presse, il lève les yeux au ciel, et il expire 419. Cela est beau, cela est pathétique et sublime; cela doit plaire aux plus incrédules comme aux plus zélés croyants.