Note (retour) — PAR P. L. GINGUENÉ,
Reading edition
Depuis la Théséide et le Philostrate de Boccace, on peut dire qu'il n'avait été fait d'autres essais de poëmes épiques dont les esprits cultivés pussent s'accommoder, que le Driadeo d'Amore et le Ciriffo Calvaneo de l'un des trois frères Pulci 368. Mais le genre purement imaginaire de ces deux poëmes dépourvus de tout fondement historique et de ces développements de caractères chevaleresques qui s'offrent si abondamment dans l'histoire fabuleuse de Charlemagne et de ses preux, ne pouvait satisfaire des lecteurs tels que Laurent-le-Magnifique, Politien, Marsile Ficin et les autres littérateurs philosophes réunis autour de Laurent. En un mot, vers le milieu du quinzième siècle, l'épopée manquait encore à la poésie italienne; car on ne pouvait donner ce nom aux trois informes productions dont je viens de parler. Elle n'existait du moins que pour le peuple; il fallait la faire passer des cercles populaires à ceux de la bonne compagnie, et de la rue dans les palais.