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Histoire littéraire d'Italie (4/9)

Note (retour) — PAR P. L. GINGUENÉ,

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Il y a dans ce poëme une autre scène qui, malgré le mauvais style de l'auteur, ne laisse pas de faire impression. Elle est encore prise de la Chronique attribuée à Turpin 346. C'est le combat entre Roland et Ferragus sur le pont d'une forteresse que ce Sarrazin défendait. Ce combat dure deux jours entiers. Le dernier jour, pour en finir, les deux redoutables champions se font la confidence mutuelle que leur corps est fée, c'est-à-dire enchanté et invulnérable, à l'exception d'un seul endroit. Ils se révèlent l'un à l'autre cet endroit faible 347, et recommencent à se battre avec une nouvelle fureur. Ferragus succombe enfin, et je trouve ici la preuve que si ce poëme est suranné, ennuyeux, et presque illisible, un grand poëte a eu pourtant le courage de le lire et a daigné s'en souvenir. Quand Ferragus se sent blessé à mort, il prie Roland de lui donner le baptême 348; Roland descend du pont au bord de la rivière, ôte son casque, le remplit d'eau, et vient baptiser le brave païen dont l'ame est reçue et emportée par les anges 349. N'est-ce pas ici la source où le Tasse a puisé l'idée de Clorinde tuée en combat singulier par Tancrède, qui va, comme Roland, chercher de l'eau dans son casque pour lui rendre ce pieux devoir 350?

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